Attentat à Paris: «déjà la nouvelle de l'année»

Une femme tient une affiche «Je suis Charlie» où... (AFP, Angelos Tzortizinis)

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Une femme tient une affiche «Je suis Charlie» où le nom des 12 victimes du journal Charlie Hebdo est inscrit.

AFP, Angelos Tzortizinis

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(Québec) Les salles de presse du Québec sont complètement Charlie Hebdo. Les attaques de Paris ont pris le contrôle des médias. La couverture surpasse tout autre événement survenu depuis 2001, à une exception : le déraillement du train meurtrier à Lac-Mégantic, selon la firme Influence Communication.

«On est juste au mois de janvier et on a déjà, probablement, la nouvelle de l'année», indique le président de l'entreprise spécialisée dans l'analyse des médias, Jean-François Dumas. Même si la tragédie s'est déroulée outre-Atlantique, l'assaut contre l'hebdomadaire satirique de l'Hexagone a obtenu plus d'attention que les récentes attaques survenues au Québec et à Ottawa. Et beaucoup plus d'attention que l'abattement des tours jumelles de New York, un certain 11 septembre 2001...

«C'est la deuxième nouvelle la plus importante depuis 2001», calcule M. Dumas. En moins d'une semaine, le récit des meurtres dans la salle de rédaction française, de la fuite et de la prise d'otages a accaparé presque 26 % de tout l'espace disponible, tant sur le papier que dans l'univers électronique. «C'est plus que le quart de toute l'information qui n'a traité que de ça.»

Mercredi, jour de l'attaque, entre 9h et 15h, vous n'avez probablement entendu parler que de Charlie Hebdo : 85 % des nouvelles y étaient consacrées.

Comment expliquer cet engouement pour une histoire de l'étranger? C'est un peu parce que les journalistes sont plus bouleversés par les drames affligeant leurs collègues : «En général, quand les médias sont concernés, on en parle toujours plus.»

Il y a toutefois plus, évalue M. Dumas. Le «climat social, politique» est propice : il y a eu plusieurs attaques terroristes au cours des derniers mois, dont deux au Québec, au Canada. Et un éveil corollaire des populations par rapport à un intégrisme poussant au meurtre. 

S'ajoute le symbole de la liberté d'expression blessée par les assaillants. Un idéal pour beaucoup, semble-t-il.

Et puis, les cousins français, on les aime bien! Disons que l'attaque d'un journal satirique à la Sierra Leone aurait fait long feu.

Le «cocktail parfait»

Donc, Charlie Hebdo, c'était le «cocktail parfait» pour que les rédactions québécoises s'enflamment, tassent les autres informations afin de laisser le quart de tout l'espace disponible au drame, chaque jour, durant toute une semaine, décortique Jean-François Dumas.

Le seul ingrédient qui aurait pu déchaîner encore plus les salles de presse du Québec, c'est les États-Unis. Si Charlie Hebdo avait été chez l'Oncle Sam... «N'importe quelle nouvelle qui touche les Américains va toujours être plus grosse.»

Toutes les nations n'agissent toutefois pas comme nous lorsqu'un événement d'envergure survient. «L'écosystème médiatique» québécois est particulier, avance M. Dumas. «Tous les médias parlent de la même nouvelle.» Cette «polarisation» favorise donc le déferlement Charlie Hebdo qui se poursuit... même dans le présent article!

Nos médias sont en outre particulièrement sensibles à ce qui se passe dans les médias sociaux. Si Twitter s'emporte pour Charlie Hebdo, les médias s'emportent. Et le petit oiseau bleu a gazouillé fort : «Dans l'heure qui a suivi la fusillade, il y avait 35 000 messages sur Twitter», dit M. Dumas. Dans les 24 heures, ont en comptait 9 millions...

Pour comparer, soulignons qu'au Canada, au cours de la dernière semaine, les médias ont donné 7,38 % de leur temps d'antenne, de leurs pages, à Charlie Hebdo. «C'est énorme.» 

Mais 26 %, comme au Québec, «c'est gigantesque». Sur les quelque 1,7 million de nouvelles diffusées chaque an dans la province, seulement 200, peut-être 250, obtiendront 1 % de la place disponible dans les médias. «Environ 85 % des nouvelles ont une espérance de vie de 24 heures ou moins.»

***

Les 10 événements qui ont occupé le plus d'espace dans les médias du Québec sur 7 jours de 2001 à 2015

  1. Déraillement d'un train pétrolier, Lac-Mégantic, juillet 2013
  2. Attentat contre l'hebdomadaire Charlie Hebdo, Paris, France, janvier 2015
  3. Élections au Québec, avril 2014
  4. Attentat d'Ottawa, octobre 2014
  5. Tremblement de terre, Haïti, janvier 2010
  6. Attentats contre les États-Unis, New York et Washington, 
  7. 11 septembre 2001
  8. La fin des élections québécoises, fusillade contre Pauline Marois, septembre 2012
  9. Investiture du président Barack Obama, États-Unis, janvier 2009
  10. Attentat de Saint-Jean-sur-Richelieu, octobre 2014
  11. Jeux olympiques, Vancouver, février 2010
Source : Influence Communication

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