Coupes pour l'aide à domicile: «une bombe» pour une Gaspésienne

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«Je veux retrouver le minimum de services que j'avais et qui me donnait un maximum de bien-être», plaide Marie-Claude Sauvageau.

Collaboration spéciale Geneviève Gélinas

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Geneviève Gélinas

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Rivière-au-Renard) Marie-Claude Sauvageau, une Gaspésienne atteinte de sclérose en plaques, a reçu «une bombe» avant les Fêtes. Elle a appris que son Centre de santé ne lui paierait plus d'aide à domicile. Sur le territoire de la Côte-de-Gaspé, 119 patients sont susceptibles de subir ce couperet.

Mme Sauvageau bénéficiait de cinq heures hebdomadaires pour l'aider à faire sa cuisine, son ménage et son lavage. «Ce que Nathalie [son aide ménagère] fait en cinq heures, moi, ça me prend toute la semaine pour le faire!» s'exclame Mme Sauvageau, 41 ans, une ex-agente en entrepreneuriat jeunesse, résidente de Rivière-au-Renard.

«J'ai une fatigue chronique qui m'oblige à dormir de 14 à 16 heures par jour. Pour moi, chaque tâche est un marathon, et je ne peux pas en courir trois ou quatre par jour, dit-elle. Si une journée, je passe le balai et je lave le plancher, je n'aurai plus l'énergie de prendre ma douche le soir.»

Mme Sauvageau éprouve aussi des problèmes de concentration. «Je suis au slow. Tout ce qui est double tâche, comme préparer un café et parler en même temps, je ne suis pas capable.»

Si la décision d'éliminer ses heures d'aide est maintenue, «ça voudra dire une augmentation en flèche de la fatigue et une diminution en flèche de ma qualité de vie».

Mme Sauvageau reçoit un chèque mensuel de 1001 $ de la Régie des rentes du Québec (RRQ). Elle n'a pas les moyens de payer l'aide domestique de sa poche, à 13,44 $ l'heure, soit 291 $ par mois. En théorie, Mme Sauvageau pourrait bénéficier d'un soutien plus substantiel de la Régie de l'assurance maladie, mais elle en est privée à cause d'une rétroaction de la RRQ encaissée l'an dernier.

Au Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Côte-de-Gaspé, on a revu la façon d'accorder l'aide à domicile, explique-t-on, en appliquant de manière plus stricte la politique de soutien à domicile du ministère de la Santé. 

Le CSSS donnera désormais priorité aux patients qui ont besoin d'aide quotidienne pour se laver, se déplacer ou se nourrir. Il ne paiera plus pour ceux qui ont besoin d'aide domestique seulement (ménage, cuisine, etc.). Ils sont 119clients du CSSS dans ce cas, soit 21 % de la clientèle en soins à domicile dont l'aide a été ou sera réévaluée. Depuis le mois d'août, 10 personnes ont perdu un total de 27,5 heures par semaine, selon le CSSS.

Question de priorités, selon le CSSS

La clientèle s'alourdit et le CSSS doit prioriser, argue Maryse Savage, directrice du soutien à l'autonomie-personnes âgées. «On a été- je n'ose pas dire trop généreux- mais ces dernières années, on a investi des montants largement supérieurs à ce qui était dédié à l'aide à domicile.» En 2013-2014, le CSSS de la Côte-de-Gaspé a déboursé 3,6 millions $ pour l'aide à domicile, comparativement à 2,2 millions $ dans des établissements comparables.

La politique de Québec prévoit une exception pour les patients atteints d'une «incapacité significative et persistante». MmeSauvageau a de l'espoir que le CSSS revienne sur sa décision dans son cas «mais si j'en parle, c'est aussi pour les autres qui ne se battent plus», dit-elle.

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