Haïti aura sa caserne de pompiers

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Lors de la visite du Soleil, près de trois ans après le séisme, les murs étaient toujours à moitié effondrés.

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(Québec) Cinq ans après le terrible séisme en Haïti, la caserne promise par la Ville de Québec aux pompiers de Port-au-Prince est sur le point de se concrétiser. Une annonce en ce sens devrait être faite sous peu, a appris Le Soleil.

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À la fin de novembre 2012, des lits en métal se trouvaient au beau milieu de la place, souvent sans matelas, à la caserne de pompiers de Port-au-Prince.

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Le projet de reconstruction de la caserne de Port-au-Prince pourrait être annoncé dès cette semaine.

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Quelques détails resteraient à régler pour concrétiser cette promesse de Régis Labeaume datant de novembre 2012. 

À ce moment, le maire de Québec avait participé à une mission de l'UNESCO à Port-au-Prince en compagnie de Michaëlle Jean. La délégation, dont faisait aussi partie Le Soleil, avait permis de constater le piètre état de la caserne de pompiers lourdement touchée par le séisme du 12 janvier 2010.

Même près de trois ans plus tard, les murs fissurés témoignaient de l'impact du tremblement de terre sur l'immeuble devenu désuet, voire dangereux. En décembre 2013, la Ville de Québec avait formulé une demande de financement au gouvernement fédéral pour la caserne haïtienne évaluée à 2 millions $.

Selon nos informations, le projet pourrait être annoncé dès cette semaine.

Mais lorsque questionné par Le Soleil vendredi, l'attaché de presse de Régis Labeaume, Paul-Christian Nolin, s'est fait prudent.

«On a raison d'être optimiste, a-t-il toutefois commenté. Ça augure bien.»

Sans vouloir s'avancer sur la date de conclusion de ce projet, M. Nolin a confirmé que les professionnels en architecture de la Ville de Québec ont travaillé sur les plans. «Le dossier est complet. La Ville a fait l'analyse des besoins, tout est fait en collaboration avec notre service d'incendie», a-t-il indiqué.

L'administration Labeaume, dit-il, «croit plus que jamais» à cette nouvelle caserne, une façon de «contribuer concrètement» pour aider Haïti à se relever cinq ans après le séisme qui a fait plus de 240 000 morts.

Moins simple pour le tourisme

Lors de sa mission en Haïti en 2012, Régis Labeaume avait aussi visité la région de Jacmel où un projet de développement touristique était dans l'air avec la construction prévue d'un nouvel aéroport et d'hôtels. Le maire de Québec était sorti emballé de son séjour et avait promis de rencontrer des hôteliers de la capitale qui pourraient souhaiter investir en sol haïtien.

Une rencontre a eu lieu à Québec en présence de la ministre haïtienne du Tourisme, Stéphanie Villedrouin. Le maire avait alors rassemblé de gros noms de l'immobilier et de l'hôtelier dont les représentants du Groupe Le Massif, de la SSQ, du Groupe Dallaire et de l'Industrielle Alliance.

Régis Labeaume devait alors se rendre de nouveau en Haïti en février, mais n'avait finalement pas donné suite. Le fait que le développement du projet soit plus lent que prévu du côté haïtien, notamment en raison du climat politique, aurait freiné un peu l'enthousiasme initial, a-t-on appris.

Questionné sur ce point, le porte-parole du maire, Paul-Christian Nolin, est encore là resté prudent, mais estime toujours que le tourisme sera une belle façon de reconstruire ce pays.

«On continue de croire que le tourisme est un facteur important du développement d'Haïti, d'où l'importance des infrastructures touristiques.»

L'expertise québécoise pour apprendre à taxer

Récolter des taxes foncières, fournir des services comme l'eau potable et la collecte des ordures est la base de toute administration municipale? Pas en Haïti, où même ce qui paraît aussi élémentaire ici fait défaut. Et depuis 2011, des municipalités québécoises tentent d'y remédier.

Les villes canadiennes et québécoises ont tôt fait de réagir après le tremblement de terre qui a dévasté la perle des Antilles en janvier 2010. Après le drame, les administrations municipales haïtiennes se sont trouvées affaiblies.

«Les ONG sont arrivées en force, mais les municipalités concernées n'étaient pas en mesure de gérer l'offre d'aide», relate la directrice des relations internationales à l'Union des municipalités du Québec, Martine Painchaud.

L'UMQ fait partie avec la Fédération canadienne des municipalités (FCM) et la Ville de Montréal du Programme de coopération municipale (PCM) chapeauté par le ministère des Affaires étrangères du Canada. Ce programme, qui a été renouvelé en mars dernier jusqu'en 2019, vise à renforcer les administrations municipales haïtiennes. Des experts d'ici collaborent avec les fonctionnaires et les élus haïtiens pour qu'ils puissent reprendre leur rôle et donner des services aux citoyens.

Des services de base, comme l'électricité ou la collecte des ordures.

«On fait le pari qu'en misant sur les élus locaux, on va en venir à les aider à donner des services à leurs citoyens», explique Mme Painchaud qui passe six mois par année dans les secteurs partenaires du PCM, soit Port-au-Prince et les communes de Gressier, Léogâne, Grand-Goâve et Petit-Goâve dans la région des Palmes.

Or, pour offrir des services, les villes haïtiennes doivent avoir de l'argent. Et taxer n'est pas chose facile dans ce pays où depuis 1939, un système d'impôt foncier existe. Mais demeure volontaire. «Les villes n'ont pas de revenus, poursuit Mme Painchaud. Elles sont complètement dépendantes du gouvernement central qui lui non plus n'a pas d'argent.»

Recensement

Des équipes canadiennes travaillent donc à recenser les résidences pour déterminer les taxes à payer, explique Martin Blackburn, directeur du PCM qui vit en Haïti depuis sept ans. «Il y a une volonté des gens de payer des taxes, en autant que les maires donnent des services», explique M. Delmas, qui cite les villes de Delmas ou de Carrefour comme des endroits où les taxes municipales sont perçues avec succès.

Mais il ne cache pas que la route est longue. Et l'actuel climat politique, alors que des élections municipales doivent avoir lieu depuis trois ans, ne facilite pas les choses.

«Quand on donne des choses, comme de l'aide alimentaire, c'est facile. Mais quand on veut travailler sur des projets durables, c'est pas facile», dit M. Blackburn confiant malgré tout. «On a espoir que dans certaines communes, 30% à 40% des gens payeront. Si on part de zéro, en Haïti, c'est quelque chose», dit-il.

Le directeur du programme a aussi un autre souhait : celui de voir des professionnels et des fonctionnaires de la Ville de Québec participer au programme alors que des gens de Rivière-du-Loup, de Saguenay ou encore de Granby ont partagé leur expertise.

«On aimerait bien avoir la Ville de Québec», dit-il, en soulignant que l'organisation a besoin de directeurs généraux, d'ingénieurs, de spécialistes en fiscalité municipale.

Le triste sort des tentes de Charlesbourg

Dès le lendemain du tremblement de terre en Haïti, en janvier 2010, la Ville de Québec n'avait pas hésité à sortir son chéquier. Le 13 janvier, le maire Régis Labeaume annonçait un don de 100 000 $ à la Croix-Rouge pour couvrir les besoins immédiats comme de l'eau et de la nourriture.

«On avait été dans les premiers à envoyer de l'argent. On avait dit : il faut faire un geste dès le début. On savait que les besoins étaient immenses et il ne fallait pas tarder», a relaté vendredi l'attaché de presse de M. Labeaume, Paul-Christian Nolin.

Quelques mois plus tard, une initiative originale était lancée par des citoyens et la conseillère municipale de Charlesbourg à l'époque, Odette Simoneau : jumeler un arrondissement de Québec avec un quartier de Port-au-Prince. Une collecte de fonds chapeautée par le Club Rotary a alors permis d'amasser 8000 $ pour l'achat de 225 tentes envoyées à Delmas. 

Mais l'initiative s'était soldée par un échec alors que des mois après l'envoi du matériel, en février 2011, les tentes ont été retrouvées pêle-mêle dans un conteneur du port de Port-au-Prince et jugées inutilisables.

«Le dédouanement était extrêmement compliqué», explique Paul-Christian Nolin qui rappelle que l'initiative n'en était pas une de la Ville comme telle.

«Le problème n'était pas l'initiative des gens. C'est que là-bas, ils ne sont pas allés les chercher», déplore-t-il.

Cette mésaventure avait eu raison de l'idée de jumeler d'autres arrondissements de la capitale à des villes haïtiennes.

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