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Révolution à venir à l'aide sociale

Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, veut notamment «donner plus d'importance au crédit d'impôt pour solidarité» que peuvent toucher les prestataires - et éventuellement moins à la prestation d'aide sociale comme telle.

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(Québec) Le ministre François Blais prépare une révolution à l'aide sociale et dans le monde de la formation professionnelle au Québec.

D'ici moins d'un an, les entreprises pourront utiliser les 1,1 milliard $ qu'elles doivent consacrer à la formation de leurs employés - la fameuse et tant décriée «politique du 1 %» - à une autre fin. Elles pourront s'en servir pour offrir des stages rémunérés à des étudiants ou à des personnes en apprentissage.

Un accord de principe est intervenu entre François Blais et les partenaires de la Commission du marché du travail à ce sujet.

Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale travaille sur un autre projet visant tous les prestataires d'aide sociale. Il veut «donner plus d'importance au crédit d'impôt pour solidarité» que peuvent toucher les prestataires - et éventuellement moins à la prestation d'aide sociale comme telle. Et ce, afin d'inciter le plus grand nombre d'entre eux à intégrer le marché du travail, justifie-t-il.

«L'incitation économique à travailler serait plus grande qu'elle l'est aujourd'hui», a fait valoir, hier, François Blais lors d'une entrevue avec Le Soleil.

Actuellement, une personne seule devant vivre d'aide sociale touche 610 $ par mois en allocation comme telle et a droit à 70 $ au titre de crédit d'impôt pour solidarité. Si la somme totale de 680 $ était gardée, mais que la part provenant du crédit d'impôt était plus importante, le prestataire qui se trouverait un emploi faiblement rémunéré pourrait conserver cette dernière - et donc gagner plus d'argent en bout de course, explique le ministre.

Actuellement, le gouvernement du Québec verse 1,7 milliard $ par année en crédits d'impôt pour solidarité.

L'ex-doyen de la Faculté des sciences sociales de l'Université Laval et député de Charlesbourg est un spécialiste de l'idée du «revenu minimum garanti». Il parle de ses projets comme d'une «politique sociale du XXIe siècle».

«Bourses d'attraction»

Dans l'esprit du ministre, la loi favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la main-d'oeuvre a vécu. Du moins dans sa forme actuelle.

François Blais présentera dans quelque temps un projet de loi visant à mettre fin à des formations que plusieurs qualifient de «bidon». Une gabegie, selon les détracteurs de cette politique, qui prévoit que les entreprises dépensent en formation l'équivalent de 1 % de leur masse salariale.

Critères resserrés

Le projet de loi resserrera les critères de formation. Les dépenses pour les «congrès» et les «colloques» ne seront plus entièrement admissibles. Surtout, il prévoira que les stages, eux, le deviennent. Pour faire une différence, «il faut favoriser les stages en entreprise très tôt dans une formation scolaire», assure M. Blais.

Les secteurs d'activité ayant des difficultés de recrutement pourront pour leur part offrir des «bourses d'attraction». Celles-ci pourront aussi être considérées comme une dépense admissible.

Sur un autre plan, François Blais veut que son ministère et ses représentants encadrent mieux les nouveaux demandeurs d'aide sociale, notamment les jeunes et les immigrants. «C'est là que l'on peut faire les gains les plus importants», dit-il.

Il entend leur allouer davantage de ressources pour faire en sorte qu'ils puissent accéder ou réintégrer le marché du travail le plus rapidement possible.

D'abord, des ajustements

Pour le très court terme, François Blais propose six modifications réglementaires; six ajustements dont certains auront un impact sur les prestataires de l'aide de dernier recours.

Si ses propositions sont adoptées, les revenus qu'un prestataire tire du partage de son logement devront être déclarés dès la deuxième chambre qu'il loue et non plus à partir de la troisième.

La valeur nette d'une résidence sera aussi prise en compte dans le calcul des prestations. Quelque 400 ménages seront touchés par ce changement. L'exemption courra jusqu'à une valeur de 200 000 $. Au-delà de cette somme, la valeur de la propriété aura un impact sur les versements.

Les revenus de travail d'un prestataire devront être entièrement déclarés chaque mois, faute de quoi il se verra privé des 200 $ qu'il peut actuellement aller chercher de ce côté.

Un prestataire ne pourra plus s'absenter deux mois d'affilée du Québec, mais seulement 15 jours consécutifs - quitte à repartir par la suite pour une autre période de deux semaines.

Les sommes versées pour un séjour en cure de désintoxication seront revues.

Enfin, un prestataire victime d'un sinistre - d'un incendie, par exemple - ne verra plus son chèque être amputé d'une partie de l'aide qu'il recevra du ministère de la Sécurité publique.

Les économies attendues de ces mesures ne sont pas énormes. Elles s'élèveraient à 15 millions $par année.

Au total, toutes les mesures d'aide financière du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale coûtent près de 2,9 milliards $ par année.

318 000 ménages touchés

Environ 318 000 ménages québécois vivent de l'aide de dernier recours. Ils sont composés de quelque345 000 adultes et de 97 300 enfants, soit 442 300 personnes en tout.

Quelque 299 000 Québécois vivent d'aide sociale à proprement parler - ou survivent tant bien que mal grâce à elle. L'aide moyenne versée à ces ménages est de 670 $ par mois.

Dans la catégorie des personnes présentant des «contraintes sévères à l'emploi», on compte près de 144 000 citoyens. Officiellement, ils sont inscrits au Programme de solidarité sociale. Celui-ci fournit des subsides mensuels moyens de865 $ par ménage.

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