Des centaines de personnes réunies à Québec pour Charlie Hebdo

Plus de 300 personnes - Français et Québécois... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Plus de 300 personnes - Français et Québécois - se sont rassemblées en silence afin d'exprimer leur indignation devant une telle «atteinte à la liberté d'expression».

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) L'heure était au recueillement hier soir à Québec, près de 12 heures après l'attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo qui a coûté la vie à 12 personnes.

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Le consul général français, Nicolas Chibaeff

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Plus de 300 personnes - Français et Québécois - se sont rassemblées en silence devant le Consulat général de France à Québec afin d'exprimer leur indignation devant une telle «atteinte à la liberté d'expression».

«C'est une atteinte à tout ce en quoi on croit. [...] C'est vraiment terrifiant», a exprimé Corine Bolla-Paquet, une Française installée au Québec depuis 30 ans.

La journaliste française et étudiante à la maîtrise à Québec Myriam Adam était également sous le choc qu'un tel acte de violence ait pu survenir en 2015. «C'est pas possible d'abattre froidement des gens comme ça pour des idéaux!»

Alors que les uns agitaient en l'air les mots «Je suis Charlie» - le slogan repris partout dans le monde en signe de solidarité -, les autres brandissaient un crayon, symbole du travail qu'effectuaient pour Charlie Hebdo les cinq dessinateurs tués mercredi matin.

«Même dans un pays de paix, la liberté n'est jamais acquise», a rappelé la Française Romane Frachon, qui étudie en journalisme à l'Université Laval depuis l'automne. «C'est une grande leçon qu'il faut tirer, et ça concerne le monde entier.»

Héloïse Kermarrec, installée à Québec depuis trois ans, était elle aussi très ébranlée par les événements d'hier. «C'est une attaque tellement injuste. On se sent tellement mal de ne pas pouvoir dire ce qu'on veut, à qui on veut, quand on veut. Je trouve ça terrible», a-t-elle exprimé, des sanglots dans la voix.

Après que le consul général français, Nicolas Chibaeff, eut remercié les gens de s'être déplacés en si grand nombre, la foule a entonné d'une seule et même voix La Marseillaise, l'hymne national français. Et malgré le froid mordant de mercredi soir, l'émotion était forte au sein du groupe de citoyens venus se recueillir.

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Steven Blaney, s'était arrêté au Consulat général de France à Québec plus tôt dans la journée pour y déposer une gerbe de fleurs.

Craintes

Au-delà des événements tragiques de mercredi, Corine Bolla-Paquet craint l'opportunisme politique en France. «C'est une catastrophe épouvantable [...], et on a surtout peur que ce soit récupéré par l'extrême droite, ce qui ne va pas tarder d'ailleurs. Les réseaux sociaux sont pleins de posts de gens qui en font leurs choux gras, et pas pour la bonne cause. C'est ça qui est terrible et terrifiant en même temps.»

Même son de cloche de la part de Romane Frachon, qui redoute des comparaisons boiteuses ou des généralisations abusives en réaction à l'attentat commis au Charlie Hebdo. «Il ne faut pas s'en servir pour alimenter la haine, rejeter l'arabe et faire des amalgames. [...] À mon avis, il va y avoir des raccourcis qui vont être faits entre musulmans et extrémistes. Il faut faire attention.»

***

Doublement chamboulée

L'étudiante française Romane Frachon était doublement chamboulée mercredi soir par les événements survenus le matin à Paris. C'est qu'elle connaissait Michel Renaud, une des 12 victimes de l'attentat perpétré contre le journal Charlie Hebdo. Le dessinateur Cabu avait invité M. Renaud à assister à la réunion de rédaction hebdomadaire, qui se tient toujours le mercredi. «Michel est le créateur de la biennale du carnet de voyage [à Clermont-Ferrand], et en novembre dernier, l'invité d'honneur était Cabu. Michel venait aujourd'hui [mercredi] à la conférence hebdomadaire pour rapporter les oeuvres de Cabu et pour lui donner un fromage d'Auvergne. Il est passé chez mon père chercher un fromage, mais ils n'ont pas pu le manger, Michel est mort avant.» Romane Frachon ajoute que Michel avait tenu à offrir quelque chose à Cabu «parce qu'il était tellement génial».

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