Seconde Guerre mondiale: célébration des 70 ans d'une amitié improbable

La scène surréaliste s'est déroulée au milieu de... (Photo fournie par le Musée naval de Québec)

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La scène surréaliste s'est déroulée au milieu de l'Atlantique entre Noël et le jour de l'An, où les deux militaires se sont liés d'amitié malgré le conflit qui les forçait à se détester.

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(Québec) Il y a 70 ans, le commandant allemand du U-Boat 877, Peter Heisig, mangeait le meilleur gâteau de Noël de sa vie. C'est pourtant son ennemi juré, son homologue canadien Stanislas Déry, qui le lui avait offert alors que leurs pays s'affrontaient pendant la Seconde Guerre mondiale.

La scène surréaliste s'est déroulée au milieu de l'Atlantique entre Noël et le jour de l'An, où les deux militaires se sont liés d'amitié malgré le conflit qui les forçait à se détester.

C'est le 27 décembre 1944 que leurs chemins se sont croisés, alors que le commandant Déry est à la barre de la corvette St-Thomas. Ses hommes et lui aperçoivent alors un sous-marin ennemi, un U-Boat 877, qu'ils couleront peu de temps après. Contre toute attente, lorsque les soldats allemands remontent à la surface, le Canadien donne l'ordre de ne pas tirer. Au contraire, il récupérera les 55 sous-mariniers gelés et leur sauvera ainsi la vie.

Stanislas Déry partagera même sa cabine avec Peter Heisig, qui était officiellement son prisonnier. Tradition oblige, la mère du Québécois s'était assurée que son garçon ne manque pas de gâteau de Noël et lui avait fait parvenir sa portion en mer. Un cadeau sucré que le jeune homme a généreusement partagé avec son nouveau compagnon de fortune. «Il m'a toujours raconté que c'était le meilleur gâteau de Noël qu'il a mangé de sa vie», raconte le fils du commandant allemand, Ferdinand Heisig.

Commémoration

Ce dernier participait vendredi à une commémoration toute particulière du 70e anniversaire du sauvetage des soldats à Québec, et surtout de la naissance d'une amitié qui s'est transmise à la génération suivante, organisée par Gaston Déry, fils de Stanislas.

Trois vétérans ontariens, qui étaient eux aussi à bord du bateau, les enfants d'autres soldats canadiens et allemands, les auteurs du livre Ne tirez pas! (Éditions de l'Archipel), Jean-Louis Morgan et Linda Sinclair, ainsi que le directeur du Musée naval de Québec, André Kirouac, ont échangé vendredi matin pendant une bonne heure sur cet incroyable épisode. «Nous devons nous souvenir», a lancé Hartmut Maier au bout du fil, alors qu'il conversait depuis l'Allemagne.

C'est à cette occasion que Ferdinand Heisig a appris aux Déry présents qu'il avait donné le nom de Stanislas à son bébé, âgé de trois mois. Un moment qui a ému la famille québécoise, renversée par cette attention. «C'était vraiment un beau moment», a lancé Gaston Déry, qui était encore très émotif après la célébration téléphonique. S'il ne croit pas être capable de réunir à nouveau tout ce monde, il souhaite cependant que la date du 27 décembre en devienne une pour commémorer les amitiés nées en temps de guerre.

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