Noël à Bethléem assombrie par les violences

Au pied de la Basilique de la Nativité,... (AP, Majdi Mohammed)

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Au pied de la Basilique de la Nativité, sur la place de la Mangeoire, une fillette défile parmis la fanfare des scouts palestiniens.

AP, Majdi Mohammed

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Sarah Benhaida
Agence France-Presse
Bethléem

Les chrétiens célèbrent mercredi Noël à travers le monde, mais à Bethléem, lieu de naissance du Christ selon la tradition, la fête est assombrie par les violences qui déchirent le Moyen-Orient.

Au pied de la Basilique de la Nativité, sur la place de la Mangeoire, les fanfares des scouts palestiniens défilent au son des cornemuses et des tambours devant un gigantesque sapin décoré, tandis qu'un Père Noël distribue des chocolats.

Mais à quelques mètres d'eux, des photos de Ziad Abou Ein, le haut responsable palestinien récemment tué lors de heurts avec l'armée israélienne, s'étalent en grand. Elles rappellent la récente escalade de violence dans les Territoires palestiniens occupés.

Ce climat de tensions, lié aussi à la guerre qui a ravagé la bande de Gaza durant l'été, a fait fuir les pèlerins étrangers, selon les professionnels du tourisme à Bethléem.

Seuls quelques autobus de pèlerins étrangers circulaient dans les rues de la ville palestinienne, traditionnellement bondée pour Noël, et de petits groupes épars de pèlerins ralliaient la place de la Mangeoire.

A Rome, l'affluence devrait être bien plus importante pour la messe dite de «minuit» célébrée par le pape François en la basilique Saint Pierre à partir de 15h30 (heure du Québec).

Le chef de l'Église catholique a exprimé mardi sa forte inquiétude face au sort des chrétiens dans cette région ravagée par des conflits de plus en plus sanglants, notamment en Irak et en Syrie où des groupes jihadistes multiplient les exactions, s'en prenant notamment aux minorités religieuses.

Le pape appelle au dialogue

Dans une longue lettre adressée aux chrétiens d'Orient, François les exhorte à la «persévérance» et au dialogue inter-religieux en dépit des difficultés, affirmant qu'il n'y avait pas d'alternative. Le dialogue, assure le pape argentin, est «le meilleur antidote à la tentation du fondamentalisme religieux».

Dans une allusion claire à l'organisation jihadiste Etat islamique (EI), il exprime son inquiétude devant une «organisation terroriste, d'une dimension autrefois inimaginable, qui commet toutes sortes d'abus». Elle «frappe de manière particulière certains d'entre vous chassés de façon brutale de leurs propres terres, où les chrétiens sont présents depuis les temps apostoliques», dénonce François, en évoquant aussi le drame d'autres communautés pourchassées comme les yazidis.

Le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, la plus haute autorité catholique romaine en Terre sainte, a également dénoncé ces exactions, ainsi que la récente guerre à Gaza et les attentats menés notamment à Jérusalem ces derniers mois.

«Au-delà de la tragédie inhumaine qui ensanglante et déchire le Moyen-Orient, nous sommes tous surpris de voir de jeunes gens en Europe embrasser des idéologies radicales et aller combattre en Syrie et en Irak», a ajouté le chef religieux qui devait arriver à la mi-journée à Bethléem à la tête d'une procession.

Dans la soirée, Mgr Twal présidera la grand-messe de Noël en l'église catholique Sainte-Catherine, contiguë à la Basilique de la Nativité, en présence notamment du président palestinien Mahmoud Abbas.

Noël sans fête à cause d'Ebola

Ce Noël est particulièrement difficile pour les 150 000 chrétiens déplacés d'Irak, qui «vivent une situation tragique et aucune solution rapide ne leur est proposée», a déclaré à l'AFP le patriarche chaldéen Louis Sako.

«Tout particulièrement en cette période de Noël, ils ont besoin de signes les rassurant. Il faut leur dire qu'ils ne sont pas abandonnés et oubliés», a-t-il ajouté.

Ailleurs dans le monde, Noël est célébré dans un climat de sécurité renforcé en France après trois attaques, dont une liée à l'islamisme radical, ayant fait un mort et 25 blessés.

A Cuba, les célébrations de Noël, longtemps interdites par le régime, se dérouleront dans un climat égayé cette année par un cadeau anticipé: le rapprochement avec les États-Unis.

En revanche, il n'y aura pas de rassemblements publics festifs en Sierra Leone à cause de l'épidémie d'Ebola. «Les chrétiens qui se rendront à l'église pour la messe de Noël [...] devront rentrer chez eux dès la fin de l'office et poursuivre les célébrations en famille», a ordonné le président Ernest Bai Koroma.

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