Cri du coeur de la Maison de Lauberivière

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En plus de son refuge situé en basse ville, la Maison de Lauberivière gère une fiducie visant à aider les personnes inaptes à respecter un budget.

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(Québec) La récente réorientation du gouvernement fédéral dans sa lutte contre l'itinérance menace deux services de la Maison de Lauberivière, dont sa fiducie, considérée comme un dernier rempart entre une vie dite normale et la rue.

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Éric Boulay, directeur général de la Maison de Lauberivière, craint de devoir mettre fin à certains services dont la vocation n'est pas strictement d'offrir un toit aux plus démunis.

Photothèque Le Soleil

La direction de Lauberivière, tout comme de nombreux organismes communautaires du Québec, ont appris jeudi la nouvelle vision des gouvernements fédéral et provincial, parvenus à une entente dans leur Stratégie des partenariats dans la lutte contre l'itinérance (SPLI), couvrant 2015 à 2019.

Dorénavant, les sommes seront distribuées selon une vision Housing First - logement d'abord. Le SPLI verse 20 millions $ par année au Québec depuis 15 ans.

Devant ce changement de cap, Lauberivière craint de devoir mettre fin à certains services dont la vocation n'est pas strictement d'offrir un toit aux plus démunis.

«L'approche Logement d'abord, ce n'est pas une mauvaise approche en soi. C'est de donner un toit à la base. [...] Mais au Québec, les services se sont plus développés dans l'approche généraliste», a expliqué Éric Boulay, directeur général de la Maison de Lauberivière. En d'autres termes, la diversité des services fait présentement la force du Québec, croit-il, une force maintenant compromise. Une approche globale variant selon les besoins de chacun.

En plus de son refuge situé en basse ville, la Maison de Lauberivière gère une fiducie visant à aider les personnes inaptes à respecter un budget. Les usagers sont évalués et suivis afin de déterminer leurs besoins «en tenant compte des aspects psychologiques et sociaux». «C'est le dernier recours avant la rue», croit M. Boulay. «Si on n'a pas le financement en date du 1er avril, on met la clé dans la porte.»

Avec les fêtes, la pression

Même inquiétude pour Rendez-vous Centre-ville, un centre de jour situé dans l'église Saint-Roch. Le lieu offre des services de base, comme la possibilité de prendre une douche, aux gens de la rue. «On l'a appris [le changement de vocation du SPLI] jeudi, une semaine avant Noël», s'est désolé Éric Boulay. «Dès qu'on revient des Fêtes, on met de la pression», a-t-il promis.

Le directeur général de l'organisme décoche au passage une flèche au gouvernement libéral. «Au niveau provincial, j'ai l'impression qu'ils entérinent tout ce qui est fait au fédéral. Depuis que les libéraux sont entrés, je me questionne sur cette dynamique-là.»

L'inquiétude a gagné toute la province. «Ce sont des dizaines de projets de logements sociaux, des soupes populaires, des postes de travail de rue qui sont sur la sellette», a lancé Jimena Michea, coordonnatrice du Regroupement pour l'aide aux itinérants et itinérantes de Québec, dont la Maison de Lauberivière fait partie.

Le RAIIQ interpelle directement Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique, afin qu'elle explique comme le SPLI sera appliqué dans sa nouvelle forme.

***

Pénurie de dindes

La Maison de Lauberivière, fidèle à la tradition, prépare un imposant banquet de Noël pour ses usagers. Mais à quelques jours de l'évènement, l'organisme est dans «un record de pas de dindes», s'inquiète Éric Boulay, directeur général de la Maison. Il invite la population à donner généreusement, «comme à son habitude», pour aider l'organisme à remplir ses congélateurs de volaille. «On dépend des dons des gens», a-t-il rappelé hier. «Non seulement on sert un repas de Noël, mais on profite de la manne des dindes pour refaire le plein. On peut [subvenir à nos besoins] jusqu'en février avec ça», a-t-il expliqué. Ceux qui souhaitent faire un don peuvent contacter l'équipe d'intervenants au 418 694-9316.

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