Rapprochement États-Unis/Cuba: le Vatican au coeur du jeu diplomatique

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«Ces gens-là ne parlent pas seulement de religion, de la pluie et du beau temps! Le pape est assez au courant de la réalité des pays», estime Mgr Gérald Cyprien Lacroix, au sujet du grand ballet diplomatique qui a conduit au rapprochement entre les États-Unis et Cuba.

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(Québec) Les États-Unis et Cuba se sont serré la main après plus d'un demi-siècle de tensions et de représailles économiques cette semaine. Une réconciliation historique mettant en lumière la puissante - et fort discrète - diplomatie de l'Église catholique au Vatican.

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Désigné par le pape pour diriger la messe pontificale du 350e anniversaire de fondation de la paroisse Notre-Dame de Québec, l'archevêque cubain Jaime Ortega a profité de sa visite pour participer aux négociations secrètes en sol canadien.

Photo fournie par les fêtes du 350e

Le rapprochement entre le président américain Barack Obama et le président de Cuba Raul Castro a bénéficié de l'implication directe de l'Église catholique, a-t-on appris dans les derniers jours.

«On est toujours surpris quand les choses aboutissent. Mais en même temps, ce n'est pas un secret que depuis longtemps, il y a des pourparlers, il y a des relations diplomatiques», raconte l'archevêque de Québec, Mgr Gérald Cyprien Lacroix, en entrevue au Soleil. «Il se fait toujours un travail. Ces gens-là ne parlent pas seulement de religion, de la pluie et du beau temps! Le pape est assez au courant de la réalité des pays.»

L'influence de la diplomatie de l'État catholique est méconnue par la population, soutient le cardinal Lacroix. «Les gens ne sont pas au courant nécessairement. Comme nous ne sommes pas au courant de toutes les relations que le Canada ou un autre pays peut avoir», dit-il. «Il faut se réjouir que ce travail-là se fasse par des diplomates. C'est un travail de longue haleine.»

«L'excuse» de Québec

Plusieurs rencontres secrètes ont eu lieu au Canada afin de rapprocher les deux pays. Or, un archevêque tissant des liens avec la ville de Québec aurait été impliqué dans les pourparlers.

Selon le prestigieux quotidien britannique The Guardian, le cardinal cubain Jaime Ortega aurait même profité d'une invitation à Québec pour participer aux négociations secrètes en sol canadien. Jaime Ortega a été envoyé dans la capitale québécoise comme représentant du Vatican pour les célébrations du 350e anniversaire de la paroisse Notre-Dame de Québec.

D'après The Guardian, le cardinal Ortega avait ainsi «l'excuse parfaite pour voyager au - et à partir du - Canada durant une phase cruciale des négociations».

Le cardinal Gérald Cyprien Lacroix connaît bien le cardinal Jaime Ortega. Il n'a cependant jamais été informé du grand ballet diplomatique. Il n'est pas surpris de constater pour autant le rôle de l'archevêque de La Havane dans le rapprochement des deux nations. «Il ne faut pas se surprendre que le cardinal Ortega ait été impliqué là-dedans», soutient-il. «C'est un homme d'une grande transparence. C'est un homme qui doit être un rassembleur. Il a certainement dû être très aidant! On peut présumer ça.»

Longue tradition

Le rôle clé de la branche diplomatique de la religion catholique découle d'une longue tradition, fait valoir le doyen de la Faculté de théologie et de sciences religieuses à l'Université Laval, Gilles Routhier. «Il faut savoir que les relations diplomatiques entre le Vatican et Cuba n'ont jamais été interrompues. Alors qu'avec plusieurs autres pays communistes, les relations diplomatiques avec ces pays avaient été interrompues.»

Dès les années 60, au coeur de la guerre froide, le Vatican s'est positionné comme interlocuteur de choix dans ce dossier. «Au plan historique, le Vatican était déjà intervenu en octobre 1962, au moment de la crise de Cuba. C'était une intervention avec le pape Jean XXIII, du côté de Nikita Khrouchtchev et de John F. Kennedy, au moment des missiles de Cuba. Ce n'est pas la première fois historiquement que le Vatican s'implique dans la question cubaine», rappelle le chercheur de l'Université Laval.

L'Église dispose d'un corps diplomatique impressionnant, soutient Gilles Routhier. «Il y a une importante diplomatie. Ce sont des relations diplomatiques avec de très nombreux pays. Peut-être plus que le Canada! Et ce n'est pas simplement avec des pays catholiques. C'est aussi bien avec des pays communistes, islamiques, du Golfe, etc. Plusieurs pays veulent avoir des relations diplomatiques avec le Vatican.»

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