Au Québec depuis 2001, un Congolais pourra revoir son frère et sa soeur

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Andrée Juneau, du Service d'accueil des réfugiés de Québec, a prévu un ourson pour Tanisha, la soeur de Kalala, même si elle a 16 ans, car «elle n'a jamais eu d'enfance».

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Pour Kalala, Noël est arrivé avant le temps cette année. Séparé de ses deux frères et de sa petite soeur depuis son arrivée au Québec en 2001, le Congolais a appris lundi que le gouvernement provincial allait faciliter les démarches pour que les membres de sa famille qui n'ont pas été emportés par la guerre soient enfin réunis.

«Oh... c'est une bonne nouvelle», finit par prononcer Eunnick Josué Kakudji, que tous surnomment «Kalala». Même s'il est visiblement sous le choc après cette annonce qu'il attend depuis toujours, le jeune homme de 31 ans reste pudique. Ses yeux s'embuent puis il remercie Andrée Juneau, du Service d'accueil des réfugiés de Québec (SARQ), qui l'accompagne dans les démarches de parrainage depuis bientôt 10 ans. «C'est un grand cadeau de Noël», laisse-t-il tomber.

Le Limoulois a immédiatement une pensée pour sa petite soeur de 16 ans, Tanisha. Elle et Ezekiel, 17 ans, ont récemment reçu leur visa pour le Canada après de longues démarches. Ils arriveront mercredi ou jeudi à l'aéroport de Québec, un moment qui s'annonce fort en émotions. «Ça va être une grande journée», prédit leur grand frère.

Des réserves

Mais Jean-Patrice, 24 ans, doit rester derrière parce que le gouvernement du Québec refuse de lui délivrer un Certificat de sélection du Québec (CSQ), nécessaire avant d'obtenir celui fourni par le Canada, puisqu'il a passé l'âge pour être admissible au programme de réunification familiale.

«Elle [Tanisha] est en train de vivre une nostalgie très, très grande. Mon frère, ce n'est pas un problème, c'est ma soeur. Ça l'a beaucoup touchée que Jean-Patrice doive rester derrière», explique Kalala d'un ton paternel. Or, le cabinet de la ministre de l'Immigration a contacté Mme Juneau lundi pour l'informer qu'ils aideraient le jeune Congolais à retrouver les siens en terre québécoise.

Malgré sa joie, le néo-québécois qui a une formation de plâtrier demeure prudent avant de crier victoire. Cela fait des années qu'il vit au gré des espoirs et des déceptions qu'ont entraînés les démarches d'immigration. Lorsqu'il a quitté le Congo pour le Canada avec son oncle, il croyait d'abord que toute sa famille avait été décimée.

En 2005, il a appris que le plus vieux de ses trois frères, David, ainsi que Jean-Patrice, Tanisha et Ezekiel étaient encore en vie. L'aîné veillait sur les plus jeunes alors qu'ils survivaient dans la brousse dans des conditions épouvantables. Un jour, David est allé chercher de l'eau pour sa famille. Il n'a jamais été revu. Kalala avait déjà entamé des démarches pour le quatuor.

Il les a reprises en 2010, après avoir réussi à reprendre contact avec ceux qu'il croyait une fois de plus perdus. Cela a pris un temps fou avant d'obtenir une réponse du gouvernement fédéral. Et alors que tout semblait réglé en fin de semaine, une autre tuile s'est abattue sur la famille. Le Congo ne voulait pas délivrer de visa de sortie pour Tanisha et Ezekiel puisqu'ils n'avaient pas d'autorisation parentale. «Les parents sont morts brûlés, c'était absurde!» tonne l'employée du SARQ. Heureusement, le tout s'est réglé et elle a reçu la confirmation que les deux adolescents étaient bel et bien dans l'avion en direction de la Capitale-Nationale.

Tout est prêt pour recevoir les nouveaux immigrants : les lits, le pyjama et, surtout, les vêtements chauds pour affronter la saison froide avec laquelle ils devront se familiariser. Même si Tanisha a 16 ans, Andrée Juneau a prévu un ourson pour celle «qui n'a jamais eu d'enfance». Kalala a hâte de cesser de s'inquiéter pour ses cadets et d'envoyer de l'argent de ses maigres économies sans savoir s'il comble leurs besoins. Mais, rappelle-t-il tristement, «ce n'est pas encore la fin. Ce n'est pas la fin parce que nous ne serons pas complets, Jean-Patrice ne sera pas avec nous à Noël...»

1998
À 16 ans, Kalala quitte sa famille pour s'installer en sécurité avec son oncle.
2001
Kalala quitte l'Afrique pour le Canada.
2005
Des démarches infructueuses de parrainage sont entamées pour faire venir ses frères et sa soeur du Congo.
2010
Nouvel essai pour réunir au Québec Kalala, ses deux frères et sa soeur toujours en vie.
2014
Le Canada permet aux deux plus jeunes, Tanisha, 16 ans, et Ezekiel, 17 ans, d'immigrer. Jean-Patrice, 24 ans, reste derrière.

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