Grande marche pour les droits civiques à Washington

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Les organisateurs avaient prédit la présence de 5000 personnes, mais la foule semblait encore plus dense.

Photo AP, Jose Luis Magana

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Nicolas Revise
Agence France-Presse
Washington

Des milliers de personnes ont manifesté samedi à Washington, ville emblématique pour avoir déjà accueilli plusieurs grandes marches pour les droits civiques par le passé, afin de réclamer justice après la mort de plusieurs Noirs tués par des policiers blancs.

Organisée à l'initiative du pasteur Al Sharpton, figure des droits civiques aux États-Unis, cette manifestation qui appelait à la «justice pour tous» («justice for all») rassemblait notamment les membres des familles de Michael Brown, d'Eric Garner et de Tamir Rice, des Afro-Américains tués par des policiers blancs ces derniers mois.

Ces morts ont réveillé le spectre du racisme aux États-Unis et de nombreuses manifestations de protestation ont déjà eu lieu ces dernières semaines à travers le pays pour demander que les choses changent. Des manifestations similaires ont également eu lieu à New York et à Boston.

Dans la capitale américaine, les manifestants, souvent jeunes, déterminés, combatifs et parfois venus de très loin, scandaient : «No justice, no peace» («Pas de justice, pas de paix»).

Des intervenants se sont succédé sur un podium pour s'adresser à la foule : «Nous demandons au Congrès d'adopter une loi contre le profilage racial. Nous devons faire cesser cela dès maintenant. Nous sommes là aujourd'hui, nous serons là demain, nous resterons jusqu'à ce que le travail soit fait», a notamment lancé Laura Murphy, de l'Association de défense des libertés individuelles ACLU.

«Ce n'est pas une marche des Noirs contre les Blancs [...] C'est une marche américaine pour les droits des citoyens américains», a affirmé de son côté Al Sharpton, appelant le Congrès à agir avant de donner la parole aux membres des familles des récentes victimes.

«Mon mari était un homme très discret, mais maintenant il fait beaucoup de bruit», a déclaré la femme d'Eric Garner, mort étouffé en juillet lors d'une interpellation musclée à New York. «On reviendra ici autant de fois que nécessaire. Mais la prochaine fois qu'on revient, on aimerait que ce soit pour une célébration, pas en raison d'un assassinat.»

Les manifestants, assez remontés, ont défilé pacifiquement. Leurs banderoles proclamaient : «Nous marchons pour mettre fin au profilage racial», «Le racisme est la maladie. La révolution est la solution», «Arrêtez les policiers tueurs», «Ne tirez pas, je suis blanc», «Les vies des Noirs comptent», ou encore «Je ne peux pas respirer» («I can't breathe»), reprenant les derniers mots d'Eric Garner.

«Dans ce pays vous êtes jugés selon votre apparence, mais nous ne sommes pas des pillards, des djihadistes ou des extrémistes, nous sommes des gens normaux», a témoigné un manifestant originaire de Somalie, Amer Abubakar, 32 ans, qui brandissait un panneau sur lequel on pouvait lire : «Suis-je le prochain?» à être victime de violences policières.

Obama prudent

Une pancarte tenue par une femme noire s'adressait directement à Barack Obama : «Président Obama, profitez de ce moment pour agir, les ancêtres regardent.»

Le premier président noir des États-Unis avance prudemment sur ce sujet : il appelle au respect des décisions de justice tout en assurant comprendre la colère de ceux qui ont le sentiment, à juste titre souligne-t-il, que la couleur de leur peau a une influence sur la façon dont la loi est appliquée.

Claire Rose, une femme blanche âgée de 69 ans, originaire du Montana, estimait quant à elle «important de venir ajouter ma voix à toutes celles qui demandent justice pour les gens noirs». «Il y a vraiment du racisme à travers le pays», a-t-elle estimé.

Michael Brown, 18 ans, a été tué au cours d'une altercation avec un policier début août à Ferguson, au Missouri. Tamir Rice, 12 ans, a pour sa part été abattu par un policier à Cleveland, en Ohio, alors qu'il jouait avec un pistolet factice fin novembre. Akai Gurley, 28 ans, a été tué par un policier blanc, également fin novembre, à Brooklyn, après un coup de feu accidentel.

Deux grands jurys ont décidé de ne pas poursuivre les policiers impliqués dans la mort de Michael Brown et d'Eric Garner, ce qui a donné lieu à de nombreuses manifestations pour réclamer justice dans plusieurs grandes villes américaines ces derniers jours (voyez notre galerie photo).

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