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Ados immigrants: pub choc contre les préjugés

Bien des clichés et des préjugés se trouvent... (Image tirée de la vidéo de Motivaction Jeunesse)

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Bien des clichés et des préjugés se trouvent dans la publicité de Motivaction Jeunesse bientôt télédiffusée, qui met en scène un adolescent noir.

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(Québec) Souvent laissés pour compte dans les enjeux d'immigration, les adolescents des cours d'école de Québec sont victimes d'incompréhension et de préjugés. Au point où une campagne de pub choc sera lancée dans les prochains jours pour sensibiliser les adultes à la réalité de ces ados venus d'ailleurs.

Bien des clichés et des préjugés se trouvent dans la publicité bientôt télédiffusée. Un jeune adolescent noir, au regard masqué par un capuchon. Il court à vive allure dans des ruelles sombres, saute des clôtures... Un criminel en devenir?

Non. Juste un adolescent s'entraînant... avant d'aller jouer au hockey. Un futur P.K. Subban.

La campagne de pub a été développée en partenariat avec Motivaction Jeunesse, un organisme venant en aide aux jeunes défavorisés grâce au sport et au plein air. De plus en plus, les jeunes recevant les tapes dans le dos de Motivaction Jeunesse sont issus de l'immigration. Des jeunes trop souvent oubliés. «Il y a très, très peu d'organismes - pour ne pas dire aucun - qui s'intéressent à cette cause-là des jeunes immigrants», avance Luc Richer, directeur général de Motivaction Jeunesse.

Luc Richer accompagne ces adolescents depuis des années. Et il se rend bien compte qu'un groupe de jeunes immigrants - même s'ils s'entraînent, courent ou pédalent pour leur santé - attire parfois des regards désobligeants. «On se promène avec des groupes d'ados noirs dans le centre-ville, et souvent les gens nous regardent comme si on était une petite gang de rue.... Ils ont l'air louche, cette gang-là», raconte le cofondateur de Motivaction Jeunesse. «Nous, le but de notre campagne, c'est de dire, ces jeunes-là, ils sont extraordinaires.»

Le motivateur de longue date croit que les jeunes immigrants demeurent une «richesse inestimable» pour la capitale. «Allez au-delà des apparences», plaide-t-il. «Et découvrez leurs vrais visages. Apprenez à les connaître; faites-leur un sourire. Ne les jugez pas sur l'apparence ou quoi que ce soit. Donnez-leur une chance. Ces jeunes-là méritent d'être bien accueillis, méritent qu'on leur apporte considération. Tantôt, ça va être des leaders de Québec.»

Peur de l'inconnu

Luc Richer ne croit pas vraiment au racisme à Québec. «Il y a beaucoup de peur de l'inconnu», avance-t-il plutôt. «On ne sait pas trop ce sont qui, ces jeunes. Et il y en a de plus en plus à Québec.»

Beaucoup des adolescents immigrants sont des réfugiés, explique-t-il. Certains arrivent par vague, et leur venue ne passe jamais inaperçue dans les cours d'école. «Le petit Québécois de souche, qui voit ça débarquer dans son école, veut, veut pas, c'est aussi spécial pour lui», reconnaît-il. «Il n'y a pas de racisme à proprement dit. Mais il peut y avoir la peur de l'inconnu. Il peut y avoir les préjugés.»

La campagne de publicité visera avant tout les adultes, le problème des cours d'école faisant davantage l'objet du forum interculturel. «Avec la campagne, on veut toucher tout le monde. Mais le but premier, c'est de toucher les adultes qui ont des préjugés», explique Luc Richer. «On voulait marquer le coup. On ne voulait pas faire la morale aux gens. Pas du tout. Mais on veut leur dire : "Hey gang, on a vraiment des beaux jeunes qui nous sont arrivés. Prenons-en soin. Ils ne sont pas ici de passage. Ce ne sont pas des étudiants étrangers. Ce sont des Québécois. Il faut qu'ils s'intègrent comme il faut, pour leur donner une chance d'être des citoyens extraordinaires demain."»

Un forum interculturel pour mieux se connaître

Question de mieux se connaître, des centaines de jeunes adolescents originaires d'ici et d'ailleurs prendront part à un forum social le 28 novembre au patro Roc-Amadour.

Le rassemblement interculturel sera parrainé par la comédienne Ayisha Issa (Bouba dans Unité 9). Le maire de Québec Régis Labeaume sera également du rendez-vous pour répondre aux questions des participants sur l'immigration des jeunes dans la capitale.

Mais le forum sera avant tout consacré à la découverte des autres cultures. «Le matin, il va y avoir un laboratoire des cultures, où 500 jeunes Québécois de souche sont invités», explique Luc Richer de Motivaction Jeunesse. «On veut les sensibiliser à la cause et à la réalité de la vie de ces jeunes-là.»

Les adolescents nés ici seront donc invités à plonger dans l'univers de tous ces nouveaux venus dans la cour d'école. Arts, expositions, photos, musique, speed dating interculturel : des jeunes fréquentant les écoles de la basse ville préparent le coup depuis des mois. «Il va y avoir un minifestival de cinéma, où des courts métrages ont été tournés par les jeunes immigrants eux-mêmes sur leurs familles», ajoute Luc Richer.

Le forum vise à démanteler les préjugés autant qu'à prévenir la ghettoïsation. «Je l'ai remarqué aussi vraiment, au fil des ans, ils ont tendance à beaucoup se regrouper entre eux. Ça ghettoïse un peu leur affaire. Et plus tu le fais, plus c'est long à t'intégrer», explique Luc Richer. «On essaie de casser ça un peu, de travailler à les réunir.»

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