Anniversaire du supertyphon Haiyan: tristesse et douleur pour les survivants

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Les résidents de Tacloban et les survivants du super typhon Haiyan ont lâché des ballons en soirée pour rendre hommage aux victimes, un an après que Haiyan ait frappé les côtes phillipines.

AFP, Ted Aljibe

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Karl Malakunas
Le Soleil

(Tacloban) Un an après le déferlement sur les Philippines du supertyphon Haiyan, le plus violent à jamais frapper les terres, des dizaines de milliers de survivants affluaient samedi autour des fosses communes où ont été inhumés leurs proches à la va-vite.

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Des prêtres catholiques ont aspergé d'eau bénite les fosses communes où sont enterrés les victimes de Haiyan, identifiées ou non.

AP, Bullit Marquez

«Mes enfants me manquent terriblement [...] Tu me manques, mon fils, je t'aime tant», lance Josephine Crisostomo, 41 ans, qui a perdu ses trois enfants dans la tourmente et est venue comme tant d'autres se recueillir à Tacloban devant les fosses communes qui abritent plus de 2000 corps.

«Je suis si seule, je dîne et me couche tôt parce que je ne supporte pas la solitude, la nuit», confie Lillia Olajay, 77 ans, qui a perdu sa fille adoptive et son petit-fils dans la tempête.

«Je cherche mon frère, mais son nom n'est pas sur la liste de ceux qui sont enterrés ici», dit à l'AFP, les larmes aux yeux, Elena Olendan, 50 ans, en explorant les fosses qui occupent la surface d'un petit terrain de football. Trouvant finalement tout au bout une croix sans nom, elle y inscrit celui de son frère.

Une messe, suivie d'un lâcher de ballons et de colombes, s'est tenue dans la matinée sur le site. Et dans ce pays majoritairement catholique, une grande partie de la population, non seulement dans les zones sinistrées, mais dans tout le pays, a assisté samedi matin à des messes de commémoration.

Des cérémonies sont nécessaires aux survivants, a estimé le maire de Tacloban, Alfred Romualdez. «C'est difficile pour eux, car, d'un côté, ils ont la chance d'avoir survécu, mais de l'autre ils ont perdu des proches, et souvent leur maison et leurs moyens de subsistance», a-t-il expliqué à l'AFP.

Bilan catastrophique

La catastrophe du 8 novembre 2013 a fait plus de 7350 morts. Formé dans l'océan Pacifique, Haiyan a ravagé des îles du centre de l'archipel philippin avec des vagues géantes qui ont lessivé le littoral et les vents les plus violents jamais enregistrés à terre, qui ont rasé des villes entières.

Quelque 14 millions de personnes, soit environ 15 % de la population nationale, vivent dans la zone meurtrie, une région de culture et de pêche qui comptait déjà parmi les plus pauvres du pays.

Des millions de survivants n'ont toujours ni toit ni moyens de subsistance, et risquent d'être particulièrement exposés dans le cas d'une prochaine grosse tempête.

Mais l'effort de reconstruction commence à payer, et est bien visible par endroits.

Défigurée après le passage de Haiyan, Tacloban, la grande ville portuaire de la région, ressemble aujourd'hui à n'importe quelle agglomération philippine avec ses embouteillages, ses marchés effervescents, ses centres commerciaux bondés et ses files d'attente à l'entrée des commerces de restauration rapide.

Dans les campagnes, les rizières verdoyantes témoignent des semailles intensives qui ont permis à des millions de personnes de survivre tandis que les ONG nationales et internationales ont financé des milliers de logements neufs.

«Si cela s'était passé dans d'autres pays de la région, le redressement n'aurait certainement pas été aussi rapide», a expliqué Peter Agnew, un haut responsable de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Mais il faudra des années pour relancer l'économie locale alors que les plantations de cocotiers et les ports de pêche - principaux secteurs d'activité pourvoyeurs d'emploi - ont été dévastés.

Le revenu moyen d'un foyer dans la région était de 25 % inférieur à la moyenne nationale avant le typhon, selon des chiffres gouvernementaux. Et l'écart s'est dangereusement creusé.

Et les experts estiment qu'un million de personnes devraient être déplacées pour évacuer de façon permanente les zones trop exposées aux tempêtes, une donnée prise en compte par le plan gouvernemental de reconstruction, mais qui complique encore le problème et ralentit son avancée.

Des contrecoups jusqu'à Québec

Bien qu'ils soient eux-mêmes à l'abri, les membres de la communauté philippine de Québec ressentent encore les contrecoups du supertyphon Haiyan, qui a balayé le littoral philippin il y a maintenant un an. Pendant que les uns font le deuil de leurs proches disparus, les autres s'inquiètent des leurs qui ont tout perdu. «L'aide reçue des autres pays aide beaucoup, mais ce n'est plus pareil, là-bas. Beaucoup de monde n'a plus rien, aujourd'hui», relate Lorraine Bernadas, une Philippine résidant à Québec depuis 14 ans. C'est le cas de son cousin, qui vit sans maison ni voiture depuis la catastrophe. Elle mentionne également des écoles qui attendent toujours d'être reconstruites, compromettant en attendant l'éducation des jeunes Philippins. «Les gens là-bas étaient furieux au début», raconte Mme Bernadas. «Mais là, il faut accepter. Il faut vivre.» Camille B. Vincent

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