25e de la chute du mur de Berlin: le jour qui ébranla le communisme

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Jona Kallgren, Pablo Gorondi
Associated Press
Berlin

Cela fait près de 25 ans que le mur de Berlin est tombé, mais Harald Jaeger n'éprouve aucun problème à se rappeler exactement l'endroit où il se trouvait lorsque le premier point de passage frontalier a été ouvert.

Il était, après tout, le commandant des troupes frontalières est-allemandes qui a pris la décision d'ouvrir le point de passage de Bornholmer Strasse à Berlin, demandant à ses hommes de ne pas s'interposer et de laisser passer la foule de gens. «Lorsque les citoyens est-allemands ont commencé à se précipiter, euphoriques, vers Berlin-Ouest, brandissant des bouteilles de champagne et d'autres objets, nous étions aussi contents», se rappelle l'homme de 71 ans lors d'une entrevue accordée à l'Associated Press, en prévision de l'anniversaire de dimanche.

«Nous étions contents parce que tout cela s'était produit sans armes ni violence, (et) qu'aucune goutte de sang n'a été versée ce soir-là, seulement des pleurs de joie et un peu de sueur froide dans mon dos.»

La décision d'ouvrir le mur a été soudaine, mais cela faisait plusieurs mois que le mouvement était en marche. Déjà, le rideau de fer séparant l'Europe de l'Est communiste de l'Occident capitaliste avait commencé à plier sous la pression, notamment en Hongrie. Environ sept mois plus tôt, le premier ministre hongrois d'alors, Miklos Nemeth, avait reçu une promesse de la part du dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, promesse que M. Nemeth avait décidé de tester: «L'engagement de M. Gorbatchev, qu'il a pris en mars 1989, était qu'»aussi longtemps que je serai assis dans cette chaise, Miklos, la honte - c'est le mot employé - la honte de 1956 ne sera pas répétée«», a-t-il dit en entrevue avec l'Associated Press.

Première frontière

L'année 1956 fut celle de la révolte hongroise, qui fut brutalement réprimée par les troupes et les chars soviétiques.

M. Nemeth a dit avoir décidé d'ouvrir une section de sa frontière avec l'Autriche à Rajka, voulant voir ce que feraient la Tchécoslovaquie voisine et les troupes soviétiques stationnées dans la région.

«J'ai dit au ministre de l'Intérieur et au chef de la police, qui supervisait les gardes frontaliers: »D'accord, commençons à démanteler une section de 3,5 kilomètres à Rajka pour voir si quelqu'un se plaint, dit-il. Il n'y a pas d'objections soviétiques, il n'y a pas de réaction. Nous continuons.»

Avec une frontière ouverte, la Hongrie, en date de la fin août, effectuait des «tests» supplémentaires et laissait passer de petits groupes d'Allemands de l'Est vers l'Autriche. En date du 11 septembre, la Hongrie a officiellement ouvert la frontière, et des dizaines de milliers d'Allemands de l'Est, dont plusieurs campaient depuis des mois à Budapest, sont passés à l'Ouest. Cela a accru la pression sur les autorités est-allemandes, qui se sentaient déjà assiégées par les manifestations fréquentes sur leur propre territoire, les protestataires réclamant des réformes et plus de liberté de mouvement.

Lorsque la décision d'ouvrir le Mur a finalement été prise, elle a été annoncée abruptement lors d'une conférence de presse le 9 novembre 1989, par le porte-parole du bureau politique est-allemand Guenter Schabowski, qui a fait savoir aux journalistes qu'une nouvelle norme avait été adoptée, norme «permettant à tout citoyen d'Allemagne de l'Est de franchir n'importe quel poste-frontière d'Allemagne de l'Est».

Interrogé à propos de la date d'entrée en vigueur de cette réglementation, M. Schabowski s'est gratté le front, a mis ses lunettes et a consulté ses papiers, perplexe. Il a finalement déclaré: «À ma connaissance, immédiatement.»

Cela a provoqué une marée humaine qui a pris d'assaut le point de contrôle de M. Jaeger à Bornholmer Strasse, entraînant un moment d'incompréhension chez celui qui était alors lieutenant-colonel pour la police secrète est-allemande. «Il était inimaginable de penser qu'il y avait environ 20 000 Allemands de l'Est au poste-frontière, dit-il. J'ai tenté d'obtenir une directive d'un supérieur pour que je puisse commencer à les laisser passer, mais il n'y avait simplement pas d'officiers en fonction ce soir-là. Alors j'ai dû agir par moi-même et donner l'ordre d'ouvrir le Mur.»

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