L'immersion française, sauce Louisiane

Charles Larroque, directeur exécutif du Conseil pour le... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Charles Larroque, directeur exécutif du Conseil pour le développement du français en Louisiane, et Stephen Ortego, élu de la chambre des représentants de la Louisiane

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Le français a la cote en Louisiane. Au point où un député de la chambre des représentants a déposé avec succès des projets de lois pour forcer les commissions scolaires à donner des cours d'immersion en français aux Anglo-américains.

Au tournant des années 1920, une loi a interdit aux Louisianais de parler français. Les plus vieux habitants se souviennent encore d'avoir été frappés sur les doigts en classe pour avoir osé parler dans la langue de Molière.

Le contexte actuel détonne. Le français a la faveur des jeunes. Les anglophones sont de plus en nombreux à vouloir enseigner cette langue tendance à leurs enfants.

Et ils ont un allié de taille avec Stephen Ortego, plus jeune élu de la chambre des représentants de la Louisiane.

Le député multiplie les initiatives politiques pour assurer les droits des francophones au sud de la frontière. «Si tu restes dans une paroisse civile, et qu'il n'y a pas d'immersion, les gens peuvent signer. Si les parents de 25 étudiants signent une pétition, la commission scolaire est obligée de créer un programme d'immersion», illustre le politicien de 30 ans, de passage samedi au Cercle à Québec pour une conférence du Centre de la francophonie des Amériques.

Non seulement les parents peuvent forcer les autorités à créer des programmes d'immersion, ils n'auront plus à attendre, ajoute Stephen Ortego. «Cette année, on en a rajouté sur la même loi, et on a dit : "Si tu restes dans une paroisse qui a déjà l'immersion, il ne peut plus y avoir de liste d'attente!"»

Car ça se bouscule aux portes louisianaises pour devenir bilingue. Pas moins de 600 enfants sont sur la liste d'attente des cours d'immersion... seulement pour la maternelle. «On a déjà 5000 élèves en immersion. Et ça augmente plus ou moins de 20 % à chaque année. On imagine qu'il y aura encore plus d'augmentation dans les prochaines années», prévoit l'élu américain.

Bénéfice inattendu

La Louisiane a toujours eu des racines francophones. N'empêche. Le français gagne en popularité. Au-delà de l'attachement culturel, les parents optent pour l'immersion française de leur progéniture afin de les rendre bilingues dans une économie mondialisée, soutient Stephen Ortego.

Un bénéfice inattendu? Le français améliore... la réussite scolaire. Les jeunes Louisianais maniant le vocabulaire francophone ont des résultats 15 % supérieurs aux élèves unilingues dans le troisième grade. «En huitième grade, c'est 30 % supérieur comme résultat», assure le député.

Les droits des francophones sont représentés par une poignée seulement de députés à la chambre des représentants de l'État. À peine une douzaine des 105 députés parlent français. Une scène politique qui pourrait bien changer dans quelques décennies... «On voit de plus en plus de députés qui envoient leurs enfants en immersion!»

***

Le Québec, grand absent

Charles Larroque connaît la francophonie louisianaise comme le fond de sa poche. Et cette parcelle francophone en pays anglophone manque cruellement de soutien québécois, plaide le directeur exécutif du Conseil pour le développement du français en Louisiane. «On a vraiment besoin que le Québec ait une présence officielle en Louisiane. Il fut un temps où il y avait un bureau de Québec à Lafayette...» se rappelle-t-il.

Sans bureau, délégation ou autre présence officielle du Québec, les liens se font plus rares. Les Québécois se rendent aussi en moins grand nombre dans cet état pourtant en manque d'enseignants et de professionnels francophones. «Les Québécois, c'est très important. Il fut un temps où l'on avait beaucoup d'enseignants québécois. Alors, nous sommes des Nord-Américains. Et on adore l'apport des Français, des Belges, et tout... mais on a beaucoup plus en commun avec le Québec!» «Le Québec a un grand rôle à jouer en Louisiane, poursuit Charles Larroque. Et on aimerait beaucoup augmenter nos relations, nos affinités avec les Québécois.»

Ce Louisianais connaît bien la province, ayant déjà habité ici. Il trace plusieurs parallèles entre les deux nations francophones. Sauf que Charles Larroque croit que la Louisiane diffère grandement du Québec sur un point : la tension linguistique. «Il n'y a pas vraiment de division entre les francophones et les anglophones, chez nous. Il n'y a jamais eu de dynamique de résistance ou d'agressivité, les Anglais contre les Français... jamais. C'était surtout une question économique, plus que d'autre chose.»

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