L'ambition est dans le pré... et elle a 22 ans!

Mélanie Roy photographiée avec une partie de son... (Photo Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Mélanie Roy photographiée avec une partie de son troupeau de vaches Holstein, sur la ferme B.R. Dynamique, dans Lotbinière, qu'elle exploite avec Alain Bilodeau. D'ici quelques années, la jeune femme deviendra seule propriétaire de l'entreprise.

Photo Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) D'aussi loin qu'elle se souvienne, Mélanie Roy a toujours voulu posséder sa propre ferme. Le destin et ses ambitions ont doublement joué en sa faveur puisque la jeune femme de Saint-Patrice-de-Beaurivage est maintenant copropriétaire, à 22 ans seulement, de deux entreprises agricoles.

«Quand j'étais jeune, mes parents me donnaient une cenne noire à chaque fois que je faisais boire un veau. Je ne connaissais pas encore la valeur de l'argent, mais j'étais contente. Je voulais le plus possible de cennes...», lance en guise d'anecdote la lauréate du prix Jeune agricultrice de l'année, décerné il y a deux semaines par la Fédération des agricultrices du Québec.

Le rendez-vous avec Le Soleil avait été fixé à la ferme de ses beaux-parents, aux abords du village de Saint-Patrice. Un long chemin pentu, bordé de champs, avec, une fois en haut, la maison de Mélanie et de son conjoint, Samuel Rémillard. Deux bons gros toutous, Loulou et Beauty, aboient pour la forme. Le coup d'oeil est magnifique sur ce coin de Lotbinière.

La ferme laitière de Mélanie se trouve à proximité, dans un rang menant à Saint-Sylvestre. Le temps de rouler quelques minutes et on y est. Quarante vaches que la jeune agricultrice exploite avec Alain Bilodeau. D'ici quelques années, le fermier âgé dans la mi-cinquantaine, qui ne compte personne dans son entourage pour reprendre les rênes, compte lui céder les pleins pouvoirs. Ce qu'on appelle dans le milieu agricole un transfert «entre personnes non apparentées».

L'autre entreprise de Mélanie, dite de «grandes cultures», Les Cultures d'Ard, lancée avec son conjoint en septembre 2013, se trouve plus loin, à Saint-Patrice. Le couple y cultive essentiellement du blé et du soya.

Savoir bien s'entourer

Mélanie Roy constitue un exemple que l'Union des producteurs agricoles souhaite voir se répandre afin d'assurer le transfert des exploitations agricoles à un membre de la famille ou à une personne «non liée», comme l'organisme l'a fait valoir cette semaine devant la Commission d'examen sur la fiscalité québécoise. Depuis plusieurs années, la pérennité des fermes familiales à dimension humaine est une grande préoccupation pour l'UPA.

Aînée d'une famille de quatre enfants de Saint-Joseph-de-Beauce, où ses parents exploitent un troupeau d'une centaine de vaches laitières, Mélanie s'est vite rendu compte que la relève était assurée, avec trois jeunes frères piaffant d'impatience. Après des études à l'Institut de technologie agroalimentaire de La Pocatière, où elle a rencontré son conjoint, la jeune agricultrice s'est alors mise à la recherche de la ferme de ses rêves. Son seul critère: posséder des vaches laitières.

Un travail de prospection qui ne s'est pas fait pas en vase clos, loin de là. «Le secret, c'est de savoir s'entourer de gens compétents, d'être ouvert d'esprit dans la façon de procéder aux transferts», explique-t-elle, la fierté dans le regard.

Le travail sur une ferme, de surcroît deux, n'est pas pour les fainéants. La traite des vaches, deux fois par jour, ne prend jamais congé. L'été, le temps des moissons impose son lot de sacrifices. Mélanie et son conjoint en savent quelque chose, mais rien ne saurait remplacer pour eux cette vie en pleine nature, parmi les animaux, à vivre leur passion.

Des projets plein la tête

«Tous les deux, on aime avoir des projets. Ça bouillonne toujours dans nos têtes, mentionne-t-elle. On a chacun nos forces. Samuel, c'est les chiffres et le budget; moi, c'est davantage la technique de gestion d'un troupeau. Il a de l'expérience, moi j'apporte de nouvelles idées. Mes parents et mes frères sont là aussi pour répondre à mes questions. On se motive entre nous.»

Pour l'instant, le projet le plus immédiat du couple est... son voyage de noces. Mariés depuis le 20 septembre, Mélanie et Samuel n'ont pas encore trouvé le temps de partir en amoureux. Une envolée pour le Sud est prévue cet hiver. Ensuite, dans le grand livre des projets, figure une petite famille. «Disons qu'on ne s'ennuiera pas dans les prochaines années...»

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