Comment parler aux enfants de la fusillade d'Ottawa?

Des messages rédigés sur un drapeau canadien et... (La Presse Canadienne, Peter Power)

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Des messages rédigés sur un drapeau canadien et plusieurs bouquets de fleurs apportés par des citoyens ont témoigné, le 23 octobre, de la sympathie exprimée à l'égard de la famille du soldat tué lors de l'attentat survenu à la veille sur la colline parlementaire à Ottawa.

La Presse Canadienne, Peter Power

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Helen Branswell
La Presse Canadienne
Toronto

Les événements tragiques survenus mercredi sur la colline du Parlement avaient des allures de film hollywoodien ou de jeu vidéo.

Mais l'assassinat d'un réserviste au Monument commémoratif de guerre, suivi de la mort du tireur dans l'édifice du Centre du parlement, sont des événements bien réels qui pourraient troubler des enfants, avertissent les psychologues.

Ces professionnels ont des conseils pour les parents qui auront la tâche difficile d'expliquer aux enfants des gestes haineux et des événements tragiques.

Voici quelques conseils:

Parlez et, surtout, écoutez

Il n'existe aucune façon d'empêcher les enfants d'entendre parler de l'événement et ils finiront par être mis au courant, croit Sandra Mendlowitz, psychologue clinicienne et aide-professeure de pédopsychiatrie à l'Université de Toronto.

«Ce peut être des moments effrayants et vous devez parler à votre enfant de ses inquiétudes. Et vous devez dire la vérité, mais d'une façon qui est appropriée selon l'âge de votre enfant», explique-t-elle.

«Découvrez ce qui les inquiète. Découvrez ce qu'ils savent. Parce que parfois, les parents tiennent pour acquis que leurs enfants savent des choses qu'ils ignorent.»

Les événements de mercredi auront peut-être davantage de signification pour les enfants parce qu'ils se sont produits ici même au Canada. Il ne s'agit pas de violence abstraite.

Les enfants qui se sentent touchés - parce qu'ils habitent à Ottawa, qu'ils ont de la famille dans les Forces armées ou qu'ils ont déjà visité le parlement - pourraient avoir l'impression que la menace est plus réelle que lorsque des incidents semblables se produisent à l'étranger.

«Plus vous êtes rapproché, plus vous voulez être au courant», estime David Wolfe, un psychologue spécialisé dans les enjeux touchant les enfants et les jeunes et travaillant au Centre de toxicomanie et de santé mentale de Toronto.

Il y aura sans doute plus d'une conversation à ce sujet. M. Wolfe affirme qu'un parent ne doit pas forcer son enfant à continuer d'en parler si celui-ci ne prend pas l'initiative de le faire, mais ne doit pas non plus ignorer l'enfant s'il veut continuer d'en discuter.

Adaptez vos explications

M. Wolfe dit que les jeunes enfants ont des réflexions pouvant être très terre-à-terre et risquent de poser des questions comme: «Peut-il venir dans ma maison et me tirer dessus?»

Les enfants de 10, 11 ou 12 ans sont à un âge où ils commencent à réaliser que le monde est plus complexe et moins sûr qu'ils ne le croyaient jusque-là. Ce groupe d'âge pourrait être très troublé par les événements.

«Ce sont eux qui posent les questions les plus profondes. Et je crois que c'est une excellente occasion pour les parents de les écouter, de leur parler, de les rassurer sans rien cacher. Et de ne pas dire de faussetés comme: »Oh, ne t'inquiète pas, cela ne nous arrivera jamais«», avance M. Wolfe.

Les parents doivent rassurer leurs enfants et leur dire qu'ils sont en sécurité, mais ils doivent expliquer, du moins aux plus vieux, que des choses terribles se produisent parfois.

Choisissez le bon moment

N'attendez pas à l'heure du coucher pour tenir ces conversations, avertit Mme Mendlowitz, ou vous aurez un enfant qui n'arrive pas à dormir.

Le sujet doit cependant être soulevé rapidement. Les communications modernes se déroulent à une telle vitesse que les enfants seront presque immédiatement inondés d'information sur l'événement.

«Votre réponse doit arriver rapidement, parce que vous vous mesurez à toutes les autres sources d'information (...) Vous devez être un pas avant les autres.»

Limitez l'exposition aux écrans

Les images et les vidéos de cet événement sont partout sur Internet et seront diffusées de façon constante pendant des jours à la télévision. Les enfants n'ont cependant pas besoin de voir ces images, et n'ont surtout pas besoin de les voir encore et encore, juge Mme Mendlowitz.

«L'une des choses les plus importantes est de ne pas surexposer les enfants à ces images. Surtout les plus jeunes, croit-elle. Les plus jeunes n'ont pas besoin de voir ces choses, vraiment pas.»

«Il sera très difficile de contrôler les adolescents. Ils ont accès à Internet de plusieurs manières. Mais vous devez malgré tout les détourner (de ces images). Vous n'avez pas à chercher les images choquantes.»

Soyez observateur

Les enfants peuvent commencer à agir différemment - à mal se conduire, par exemple - pendant qu'ils absorbent ce qui vient de se produire, prévient Mme Mendlowitz.

«Vous devez surveiller ce qui se passe et vous attendre à ce que leur comportement change en réponse à ce qu'ils entendent», explique-t-elle.

Mme Mendlowitz et M. Wolfe suggèrent aux parents de surveiller les signes que leurs enfants ont de la difficulté à vivre avec le stress causé par la situation. Un changement dans leur appétit, leur humeur ou leur sommeil sont des indicateurs.

M. Wolfe affirme que les garçons et les filles réagissent souvent différemment, les premiers ayant de la difficulté à discuter de leurs émotions ou à admettre qu'ils ont peur.

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