Conférence de Québec: un débat vieux comme le pays

Le commissaire aux langues officielles du Canada, Graham... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le commissaire aux langues officielles du Canada, Graham Fraser, a prononcé jeudi soir le discours d'ouverture du colloque portant sur la Conférence de Québec au Musée de la civilisation. Passionné d'histoire, l'ancien journaliste est titulaire d'un baccalauréat ainsi que d'une maîtrise dans cette discipline.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Les débats entourant la création de la Confédération canadienne ont commencé avec une discussion sur la langue et se sont terminés... avec une discussion sur la langue.

Féru d'histoire, le commissaire aux langues officielles du Canada, Graham Fraser, a prononcé jeudi soir le discours d'ouverture du colloque portant sur la Conférence de Québec de 1864 qui se tient jusqu'à samedi au Musée de la civilisation.

L'ancien journaliste et titulaire d'un baccalauréat et d'une maîtrise en histoire a d'entrée de jeu rappelé que la langue a soulevé un débat dès la minute où en 1865 l'un des Pères de la Confédération, Étienne-Paschal Taché, a eut terminé de lire les résolutions adoptées à Québec un an plus tôt. «Il y a eu des objections de députés qui disaient : "On ne comprend pas ce qu'il dit."»

Puisqu'il sait que les francophones dans la salle comprennent l'anglais, mais pas l'inverse, M. Taché s'incline et accepte de s'exprimer dans la langue de Shakespeare. «D'une certaine façon, c'est une dynamique qui s'est établie pour les 100 ansqui ont suivi, il y avait un droit établi d'utiliser le français au Parlement, mais il n'y avait pas celui d'être compris. C'était un début qui augurait mal pour le bilinguisme», avance le commissaire, qui a étayé ses connaissances sur le sujet en entrevue au Soleil. Ce principe n'a été corrigé qu'en 1959, année où l'interprétation simultanée a fait son entrée à la Chambre des communes.

Le fait français essentiel?

Inquiet que la majorité anglophone au Parlement retire la garantie que le français y soit utilisé, le député Antoine-Aimé Dorion a soulevé à nouveau la question de la langue à la toute fin des débats. L'ancien premier ministre John A. Macdonald a immédiatement assuré que le fait français serait un élément essentiel du pays en devenir. «Tout de suite après, George-Étienne Cartier s'est levé pour dire que de la même façon, il y aurait de la protection pour la langue anglaise pour le Québec», raconte M. Fraser.

La 46e résolution des 72 adoptées à Québec il y a 150 ans a ainsi donné lieu à l'article 133 de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique devenu la Loi constitutionnelle de 1867. Était-ce assez pour protéger les droits linguistiques des minorités? Des historiens comme l'abbé Lionel Groulx et Donald Creighton ont abondamment réfléchi à la question sur laquelle ils étaient en profond désaccord, rappelle le chien de garde aux langues officielles.

Mais pour ce dernier, il est clair que le texte comportait des failles que le Canada s'est affairé à corriger au cours des 50 dernières années. «Les Pères de la Confédération ne pouvaient pas prévoir que les questions de l'éducation et de la santé deviendraient prioritaires pour la vitalité des communautés linguistiques. À l'époque, c'était la religion qui était l'élément fondamental qui distinguait la majorité anglophone et la minorité francophone», fait-il valoir.

Et aujourd'hui? «Le fait français existe, et il y a plus de francophones au Canada maintenant que jamais», souligne Graham Fraser, qui croit en la nécessité de mettre l'accent sur les avancées positives dans l'histoire malgré notre tendance à la dépeindre en noir.

Le «sauveur» du Centre de recherche et de sauvetage

Si Ottawa a pris la décision de maintenir le Centre de recherche et de sauvetage à Québec, c'est grâce au travail exécuté par le commissaire aux langues officielles du Canada, Graham Fraser. Même s'il ne souhaite pas se donner le crédit sur cette volte-face du gouvernement conservateur, M. Fraser a rapporté au Soleil une conversation avec un ministre qui l'a remercié pour son boulot dans le dossier. Ce dernier lui aurait dit en privé que le processus «a aidé le gouvernement à prendre sa décision». Le commissaire a rédigé un rapport dans lequel il disait s'inquiéter des conséquences de la fermeture du Centre pour les navigateurs en détresse qui ne pourraient obtenir une réponse en français si les services étaient transférés à Halifax et à Trenton comme prévu.

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