Un moulin de 1695 laissé à l'abandon

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Une galerie affaissée, un dégât d'eau à l'intérieur d'un mur et des souris dans les trappes. Le Moulin du Petit-Pré, à Château-Richer, a déjà eu meilleure mine. Fermé depuis l'été 2013, il est depuis laissé à l'abandon.

La grande roue à godets et les énormes... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 1.0

Agrandir

La grande roue à godets et les énormes meules sont toujours sur place, intactes. 

Le Soleil, Patrice Laroche

À l'étage, une grande salle de réception a... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 1.1

Agrandir

À l'étage, une grande salle de réception a déjà été l'hôte de nombreux mariages.

Le Soleil, Patrice Laroche

«C'est triste de voir un si bel endroit dans cet état-là», laisse tomber Lynda Tanguay, la seule membre restante de la Corporation de mise en valeur du Moulin du Petit-Pré. Elle a accepté que Le Soleil visite les lieux, question de lancer «un dernier cri d'alarme». 

La grande roue à godets et les énormes meules sont toujours sur place, intactes. «On peut encore faire de la farine ici. On faisait des démonstrations lors des visites guidées», indique Mme Tanguay. À l'étage, une grande salle de réception a déjà été l'hôte de nombreux mariages. Au rez-de-chaussée, on trouve un café-crêperie et une boulangerie, qui semblent avoir encore servi hier. 

C'est faute d'argent que la Corporation a dû mettre la clé sous la porte du 7007, avenue Royale, il y a un an et demi. «Les gens ont ensuite déserté un à un. Je me suis retrouvée toute seule», dit Mme Tanguay. Pour l'heure, le bâtiment n'est pas assuré contre les dommages. L'eau a été coupée, l'électricité le sera sous peu. 

Fatiguée de s'occuper de tout, Mme Tanguay songe à vendre le Moulin. Si elle le fait, ce ne sera toutefois pas pour son profit personnel. Les fonds iraient au développement touristique de la Côte-de-

Beaupré. Avec l'avocat Samuel Proulx-Lemire, qui a accepté de l'aider bénévolement, elle s'est donnée jusqu'à la fin de l'année 2014 pour trouver une solution, afin que le Moulin demeure un lieu public. 

Le Moulin du Petit-Pré a déjà connu ses heures de gloire. Reconnu comme le plus ancien moulin à farine commercial en Amérique du Nord, il a été acheté par le ministère des Affaires culturelles du Québec en 1965. On l'a ensuite rénové et modernisé à grands frais, afin qu'il abrite des bureaux gouvernementaux. 

Le plus ancien en Amérique du Nord

En 1995, le gouvernement décide de s'en départir. Le Moulin est vendu à un groupe de passionnés d'histoire, dont faisait partie Rosaire Saint-Pierre, qui lui rend sa fonction initiale et souhaite développer son potentiel agrotouristique. En 2005, le Moulin est cédé à la Corporation représentée aujourd'hui par Mme Tanguay, qui a tenté, tant bien que mal, de le positionner dans l'industrie touristique de la Côte-de-Beaupré. 

L'architecte Luc Fontaine, trésorier de l'Association des Moulins du Québec, se désole du sort réservé au Moulin du Petit-Pré. «C'est une richesse qui est située à deux pas de Québec. Je ne comprends pas pourquoi ça n'a pas fonctionné, parce qu'il est très bien situé, sur la route du mont Sainte-Anne et de Charlevoix.»

Malgré son âge vénérable (près de 320 ans), le Moulin du Petit-Pré n'est pas inscrit au Registre du patrimoine culturel du Québec. Dans l'hypothèse d'une vente à un particulier, il est toutefois protégé par le Plan d'implantation et d'intégration architecturale de la ville de Château-Richer. Toute modification extérieure devrait être approuvée par le conseil municipal. 

«Comme il est situé en zone agricole, les usages sont assez restreints. Ce n'est pas n'importe qui qui va pouvoir l'acheter et l'opérer», assure Guillaume Poulin, urbaniste à la Ville. Malgré sa petite taille, Château-Richer compte pas moins de 300 bâtiments jugés patrimoniaux sur son territoire.

Un brin d'histoire

Monseigneur François de Laval, premier évêque de Québec, fait construire le Moulin du Petit-Pré en 1695. C'est le premier moulin à farine commercial en Amérique du Nord, c'est-à-dire qu'au lieu de nourrir la population locale, son produit est vendu en milieu urbain, à Québec. C'est la force du courant de la rivière Petit-Pré qui le fait tourner. En 1742, on agrandit le moulin en ajoutant une deuxième meule. Il est incendié par les troupes anglaises lors de la guerre des plaines d'Abraham, en 1759, mais ses murs de pierre subsistent. En 1871, le Séminaire de Québec se départit du Moulin. Une succession de familles de meuniers l'opérera jusqu'en 1965, année où il cessera ses activités et sera vendu au ministère des Affaires culturelles du Québec.

Source : Étude du ministère des Affaires culturelles, signée Jean Bélisle, 1978

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer