Mort de «Bébé Doc»: le combat continue

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«C'est vraiment dommage que le dictateur meure tranquillement, sans devoir répondre de ses actes», expliquait Danièle Danièle Magloire, Haïtienne d'origine.

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Samuel Auger
Le Soleil

(Québec) Peu importe l'annonce de son décès, l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier, ainsi que tous les collaborateurs de son régime, doit répondre de ses crimes contre l'humanité, estime la coordonnatrice du recours collectif contre l'ex-chef d'État haïtien.

Danièle Magloire était ébranlée samedi. Haïtienne d'origine, elle préparait des conférences à donner à Montréal et Québec sur les sévices de Jean-Claude Duvalier et sur son combat juridique contre l'impunité en Haïti.

Et voilà qu'elle apprend la mort de l'ancien dictateur, le même qu'elle tentait par tous les moyens de traîner devant les tribunaux. Un combat qu'elle ne compte pas abandonner de sitôt. «Duvalier n'a pas pu faire tout ça tout seul. Il avait une machine. Il y avait toute une chaîne de commandement», lance-t-elle au Soleil.

«Il y a des gens qui ont collaboré pour la perpétration de ces crimes-là», insiste-t-elle. «On parle de Jean-Claude Duvalier et consorts. C'est vraiment dommage que le dictateur meure tranquillement, sans devoir répondre de ses actes. Mais on va y aller. Ce n'est pas gagné d'avance. Mais c'est une autre manche.»

Danièle Magloire a fui Haïti devant la répression et la violence de la dictature de Jean-Claude Duvalier. «J'ai fui comme beaucoup de gens», soutient-elle. «Il y a eu des persécutés, des morts. Des disparus. Somme toute, à l'époque, c'était une histoire malheureusement banale pour les Haïtiens et les Haïtiennes.»

Recours collectif

Cette militante pour les droits humains pilote aujourd'hui le collectif de plaignants contre Jean-Claude Duvalier. Les victimes de sa dictature devront continuer de prendre la parole, selon elle. Encore plus en considérant des discours cléments et louangeurs entendus en Haïti à propos de «Bébé Doc». «Le révisionnisme, c'est un courant qui a cours en Haïti : les dictateurs, ce n'est pas si mal, finalement. Jean-Claude Duvalier, c'était moins grave que son père. Comme s'il y avait des degrés dans l'horreur! Que vous ayez assassiné 25 ou 5 personnes, c'est la même chose.»

La bataille juridique contre le régime Duvalier est soutenue par Avocats sans frontières Canada, un organisme loin d'être dépité par la mort de l'ancien dictateur. «L'individu ne pourra pas aller à procès. Mais le combat continue», fait valoir le directeur général à Québec de l'organisme, Pascal Paradis.

«La mort de Jean-Claude Duvalier, ça ne met pas fin à cette obligation-là de l'État haïtien de continuer l'action», plaide l'avocat. «Le gouvernement haïtien a l'obligation de continuer à enquêter sur le régime Duvalier, et éventuellement de poursuivre et faire juger les responsables des graves violations des droits humains.»

«Un souvenir pénible»

Le résident de Québec et ancien président de l'Association des Haïtiens de Québec n'a que de mauvais souvenirs de la dictature des Duvalier.

«Nous avons subi les affres de la dictature des deux Duvalier, du père et du fils», rappelle Claude Pierre-Antoine.

Ce Québécois d'origine haïtienne a dû quitter le pays en raison du climat violent. «Moi, j'ai dû m'exiler à un moment donné, en étant étudiant, pour l'étranger. Parce qu'il y avait des tueries, des assassinats, et tout ça», raconte Claude Pierre-Antoine. «On garde un souvenir pénible.»

Claude Pierre-Antoine est passé tout près de perdre un proche lors de la dictature. «J'ai un frère qui était étudiant en médecine à ce moment-là. Il était battu presque à mort, et jeté dans la rue. On l'a ressuscité en fin de compte avec l'aide des médecins.»

Période sombre

Même avec le recul et les années qui passent, il ne voit que de la noirceur entourant la dictature de François Duvalier et de son fils Jean-Claude.

«Les souvenirs que l'on a de ce régime-là, ce sont que des souvenirs pénibles. Le souvenir que j'ai des deux Duvalier, c'est pénible!»

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