Hypersexualisation: gare à la banalisation

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Selon Francine Duquet, professeure au Département de sexologie de l'UQAM, la tâche est immense pour renverser le courant vers une hypersexualisation sociale à cause, notamment, des vidéos provocantes d'artistes tels que Robin Thicke et Miley Cyrus (sur la photo aux MTV Video Music Awards en août 2013)

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(Québec) Une experte en sexologie invite les parents et le milieu de l'éducation à ne pas banaliser l'hypersexualisation des jeunes filles particulièrement, et la sexualisation précoce.

«On n'est pas en train de voir le mal partout. La séduction, c'est correct. Les relations sexuelles entre ados, ça peut être possible. Ce qui est questionnant, c'est la séduction strictement sexuelle, c'est qu'il faut performer sexuellement parce que notre chum va nous laisser tomber ou que notre blonde va rire de nous», a affirmé, au cours d'une entrevue au Soleil, Francine Duquet, professeure au Département de sexologie de l'Université du Québec à Montréal.

Il ne faut pas voir cette mise en garde comme un excès de pruderie. «Non, pas du tout. La pruderie, c'est de dire que tout ce qui est la sexualité, c'est épouvantable et qu'on ne devrait pas en parler aux enfants. Au contraire, je dis qu'il faut en parler avec intelligence, sensibilité et discernement en respectant leur âge», a-t-elle soutenu.

Le sujet de l'hypersexualisation est le sujet d'échanges aujourd'hui lors d'un forum qui a lieu au Patro Roc-Amadour de Québec. La rencontre est aussi une occasion de débattre des concours de mini-miss et de mobiliser la population contre de tels événements qui correspondent, selon la ministre Agnès Maltais, à une image réductrice de la femme. Environ 150 personnes y sont attendues.

Geneviève Quinty, du Projet Intervention Prostitution Québec, et Pierre Pouliot, de la commission scolaire des Premières-Seigneuries, y traiteront notamment de la prostitution juvénile. Les professeures Sarah Bouchard, de l'école secondaire La Seigneurie, et Guylaine Demers, du Département d'éducation physique de l'Université Laval, feront également un exposé.

Sécurité des jeunes

Selon Mme Duquet, l'hypersexualisation des jeunes peut avoir des conséquences néfastes. «La première chose à s'occuper, c'est la sécurité des jeunes. Ce qui est le plus préoccupant, ce sont les risques liés à la violence sexuelle, la sollicitation sexuelle par Internet, les agressions, le recrutement pour la prostitution», a-t-elle souligné.

«Tu peux avoir l'air hot de montrer tes seins sur le Web, mais tu peux aussi te faire traiter de salope. Je ne suis pas sûre que c'est facile de gérer ça à 14 ans. Ça laisse des traces. Les jeunes ne réalisent pas qu'en exposant comme ça leur intimité avec des photos dénudées, en position suggestive, ça peut les rendre vulnérables à des railleries, à des humiliations publiques, à des insultes», a poursuivi la sexologue.

Elle souhaite que tout le personnel dans une école se sente concerné par l'éducation à la sexualité et au bon comportement. «Quand un surveillant dans une cour d'école voit un jeune se faire traiter de fif, ou que les filles se traitent de salopes, il peut se permettre d'intervenir. C'est une insulte sexuelle. En intervenant, il fait de l'éducation», a-t-elle dit.

Mme Duquet n'en reconnaît pas moins l'immensité de la tâche pour renverser le courant vers une hypersexualisation sociale avec, notamment, les vidéos de plus en plus provocantes des Britney Spears, Rihanna, Miley Cyrus, Robin Thicke de ce monde.

«Je peux comprendre qu'on se sente dépassé par ça. Il y a une culture populaire d'être hot, de dégager quelque chose de sexuel, de miser sur la séduction sexuelle. On le voit à travers la culture pop. C'est très présent», a-t-elle reconnu.

Pour contrer l'hypersexualisation, la professeure a créé, avec des collègues, un site Web (www.hypersexualisationdesjeunes.uqam.ca). Les thèmes portent sur les médias, les rumeurs, la réputation, le consentement, les relations amoureuses, le désir, le sexe sur Internet, l'écart d'âge dans le sens des rapports égalitaires et de l'autonomie personnelle.

On y trouve également un programme de formation destiné aux enseignants, aux infirmières, aux animateurs dans des maisons de jeunes, aux policiers jeunesse. Jusqu'à maintenant, plus de 3000 personnes ont pris part à ces sessions de formation.

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