Maltraitance de chevaux: la troublante histoire de l'île d'Orléans

Louise Branchaud, une citoyenne de Saint-Tite-des-Caps impliquée depuis... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Louise Branchaud, une citoyenne de Saint-Tite-des-Caps impliquée depuis 2011 dans le secours aux chevaux de l'île d'Orléans.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) L'histoire s'est étirée sur deux ans, de 2010 à 2012. Deux années où de nombreuses personnes ont été témoins de négligence grave envers plusieurs chevaux et quelques autres animaux. Deux années de plaintes au ministère de l'Agriculture et à la Sûreté du Québec qui n'ont rien donné.

Cette histoire est celle des «chevaux de l'île d'Orléans», ainsi que la nomme Louise Branchaud, une femme de Saint-Tite-des-Caps qui s'est faite la porte-voix de ces bêtes. C'est pour qu'elles ne soient pas oubliées et mortes en vain qu'elle a créé la veille citoyenne Tenir promesse. Aujourd'hui, Mme Branchaud est souvent interpellée par des citoyens d'un peu partout dans la province lorsque surviennent des cas de négligence ou maltraitance envers l'espèce équine.

En début d'année, elle s'est rendue à Manseau avec le vétérinaire équin Denys Frappier pour tenter de sauver deux chevaux qui se mouraient de faim et de soif. C'était trop tard. L'un d'eux était mort la veille et l'autre était dans un tel état qu'il a dû être euthanasié.

Il serait impossible de raconter en quelques lignes l'histoire des chevaux de l'île. Le Soleil a toutefois parlé à plusieurs personnes qui ont toutes confirmé les déclarations de Mme Branchaud. Plusieurs plaintes ont été portées au MAPAQ et à la SQ.

Les chevaux gardés à cet endroit étaient gravement négligés. Aux alentours, les gens savaient qu'ils ne recevaient que du foin pourri. Qu'il n'y avait pas d'eau courante dans l'écurie. Et que durant l'hiver, il n'y avait aucun pas dans la neige pendant plusieurs jours, une absence qui révélait leur abandon, tout comme leur maigreur.

Mme Branchaud en sait quelque chose. Elle a pris une pouliche en pension à ses frais alors qu'elle était en état de chair de 2 sur 5 avec une plaie sévèrement infectée. Lorsqu'elle l'a ramenée à sa propriétaire, elle était guérie et l'état de chair était de 4 sur 5. Elle est morte quelques mois plus tard.

Des personnes ont vu un poney attaché à une clôture pendant de chaudes journées de soleil sans eau ni nourriture.

Une ancienne voisine raconte une histoire choquante. La propriétaire a ouvert le ventre d'une jument qui avait de la difficulté à mettre son petit au monde. Elle a ensuite lavé le poulain, alors qu'on était en hiver. Il est mort d'hypothermie. La jument est morte également.

La femme a porté plainte. En vain.

Une autre ex-voisine a constaté cette négligence. Vu un cheval mort devant l'écurie. «La police est venue. Je n'ai jamais compris pourquoi il ne s'est rien fait.»

Selon Louise Branchaud, une vingtaine de chevaux seraient morts à cet endroit durant ces deux ans. Il en arrivait régulièrement de nouveaux.

Conditions épouvantables

La vétérinaire Guylaine Rouleau qui passait par là tous les jours a vu des animaux gardés dans des «conditions épouvantables». Des chiens, des chevaux d'une maigreur extrême, de la nourriture dans un très mauvais état. Des chevaux attachés à un pied de corde au bord de la route, sans eau à son passage le matin, sans eau à son retour le soir. Entre les deux? Elle ne sait pas. Elle-même n'est pas spécialiste des chevaux, mais elle s'est informée. On lui a dit que le MAPAQ avait été prévenu. De toute évidence, «les choses n'ont pas évolué comme elles auraient dû, mais pourquoi, je ne le sais pas».

À quelques reprises, les bêtes se sont aussi échappées sur la route.

Louise Branchaud reproche ni plus ni moins aux inspecteurs du MAPAQ d'avoir bâclé le travail. À une inspectrice de s'être contentée de regarder par la fenêtre de l'écurie, apparemment parce qu'elle n'était pas habillée pour y entrer. La fonctionnaire a déclaré avoir vu de l'eau et du foin dans le bâtiment sombre.

Elle blâme le Ministère de ne jamais avoir fait venir un vétérinaire équin pour examiner les bêtes.

Malgré plusieurs inspections, la situation n'a jamais été évaluée correctement, déplore Mme Branchaud, qui a même déterré des carcasses de chevaux dans un tas de fumier lorsque la propriétaire est déménagée.

Aujourd'hui, elle reprend toutefois espoir. Après l'histoire de Manseau au début du mois de janvier, la sous-ministre adjointe à la santé animale Madeleine Fortin a demandé à la rencontrer. Une rencontre très encourageante, dit Mme Branchaud, qui dit avoir reçu l'assurance qu'un vétérinaire équin serait maintenant appelé lorsque nécessaire, ce qu'a confirmé la sous-ministre au Soleil.

Elle dit croire en la détermination de la haute fonctionnaire à faire changer des choses. Elle se dit prête à faire de nouveau confiance au système.

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