Aide médicale à mourir: Mgr Lacroix craint les dérapages

«Si vraiment ça nous préoccupe de voir des... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

«Si vraiment ça nous préoccupe de voir des gens souffrir et à l'agonie, les soins palliatifs sont le chemin à prendre», fait valoir Mgr Gérald Cyprien Lacroix, ajoutant au passage que la souffrance existe depuis «la création du monde».

Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) «On ne me fera jamais accroire que l'euthanasie, c'est un acte médical, qu'une injection létale est un médicament, jamais.» L'archevêque de Québec, Mgr Gérald Cyprien Lacroix, est tranchant lorsqu'il est question du projet de loi sur l'aide médicale à mourir et juge qu'en ouvrant cette porte, la province s'expose à des dérapages.

Premièrement, les mots utilisés ne lui plaisent pas. «Je suis préoccupé quand j'entends ce vocabulaire autour de l'euthanasie. L'acte de mettre fin à une vie n'est pas une aide médicale, je regrette», tient-il à mettre au point. S'il se dit heureux que les Québécois aient pu débattre du sujet sereinement, le religieux croit cependant que la question n'est pas vidée, au contraire.

D'ailleurs, il a sursauté lorsque le ministre de la Santé a présenté le projet de loi et qu'il a dit qu'il y avait «consensus dans la société québécoise». Or, rien n'est plus faux selon l'archevêque, qui cite en exemple le vote de mardi à l'Assemblée nationale où la moitié des libéraux se sont opposés à l'adoption de principe sur le texte.

«Le monde médical a toujours été là pour soigner, accompagner et aider à guérir. Jamais provoquer la mort. Si vraiment ça nous préoccupe de voir des gens souffrir et à l'agonie, les soins palliatifs sont le chemin à prendre», fait-il valoir, ajoutant au passage que la souffrance existe depuis «la création du monde».

Accompagnement

Le prélat, qui visite souvent les maisons de soins palliatifs comme Michel-Sarrazin à Québec, croit que le travail d'accompagnement qui s'y fait permet, «dans la grande majorité des cas», une mort digne où la souffrance est très bien contrôlée. Il estime également que pour la personne qui part, l'occasion de vivre «jusqu'au bout» a une valeur qu'il ne faut pas négliger.

Mgr Gérald Cyprien Lacroix n'a, par ailleurs, pas du tout été convaincu des études présentées en provenance d'Europe et devant prouver qu'il n'y aurait pas de dérapage. «Entrouvrir la porte pour moi, c'est très dangereux», affirme-t-il, ajoutant sarcastiquement qu'il serait peut-être intéressant, dans un contexte de population vieillissante où les soins coûtent cher, de se débarrasser des personnes lourdement handicapées pour lesquels nous estimons qu'ils n'ont plus de qualité de vie.

«Je n'ai pas confiance, je trouve que ce n'est pas un bon choix de société pour un Québec qui a toujours aimé la vie et qui s'est toujours battu pour vivre et survivre. [...] Continuons le débat», exhorte-t-il.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer