Aide médicale à mourir : 25 libéraux votent contre l'adoption de principe

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Malgré une opposition beaucoup plus forte que prévue au projet sur l'aide médicale à mourir porté par Véronique Hivon (photo), celui-ci devrait devenir une loi officielle du Québec d'ici quelques semaines - ou d'ici le printemps prochain tout au plus.

La Presse Canadienne

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(Québec) Plus de la moitié de l'aile parlementaire libérale s'est opposée au tout premier vote sur l'«aide médicale à mourir», tenu mardi à l'Assemblée nationale. Malgré cette opposition beaucoup plus forte que celle anticipée, le projet porté par Véronique Hivon devrait devenir une loi officielle du Québec d'ici quelques semaines - ou d'ici le printemps tout au plus.

Vingt-cinq des 48 députés libéraux ont voté contre «l'adoption de principe» du projet de loi 52 sur l'aide médicale à mourir.

Les députés du Parti québécois (PQ) présents au Salon bleu ont voté en bloc en faveur du projet de leur collègue Véronique Hivon, tout comme les deux représentants de Québec solidaire. C'est également le cas de 17 des 18 élus de la Coalition avenir Québec, la députée Michelyne C. St-Laurent étant la seule caquiste à inscrire son opposition.

Au total, 84 députés ont voté en faveur «du principe» du projet de loi, alors que 26 se sont prononcés contre.

Il est très rare que des votes «contre» soient enregistrés à cette étape, dite de «l'adoption de principe». Elle n'est en général qu'une formalité, puisqu'il s'agit pour les élus de donner leur aval à ce qu'un projet de loi soit étudié «article par article» - dans le détail, donc - en commission parlementaire.

D'habitude, c'est lors du vote final, intervenant à l'issue de cette autre étape, que les opposants s'affichent - selon les amendements apportés ou non.

Couillard plutôt opposé

Si le chef libéral, Philippe Couillard, avait eu un siège au Salon bleu, mardi, il aurait voté en faveur «du principe» du projet sur l'aide médicale à mourir, mais seulement pour qu'il puisse poursuivre encore quelque temps son chemin à l'Assemblée nationale. Rien de plus.

Sur le fond, ses réserves personnelles sont si fortes qu'il votera sans doute «contre» au terme du processus - s'il siège au Parlement à ce moment-là.

En fait, le coeur du projet de loi, qui correspond à «un geste actif causant la mort», le rend «mal à l'aise». La poursuite du processus législatif pourrait permettre «de préciser des choses, de les rendre plus compréhensibles», explique-t-il.

À l'écouter parler, on voit mal cependant ce qui pourrait convaincre cet ancien chirurgien d'appuyer la version finale du projet sur l'aide médicale à mourir, une expression qui n'est pour lui qu'un «euphémisme». «Il faudrait plutôt parler d'euthanasie», estime-t-il.

M. Couillard affirme que le vote partagé de sa députation reflète les divers points de vue ayant cours dans la société.

Il avait autorisé un «vote libre» pour que chacun puisse s'exprimer selon sa conscience, dit-il. Il savait aussi que plusieurs de ses députés ne pouvaient se résoudre à soutenir cette nouvelle avenue.

Des élus libéraux craignent des «dérapages». C'est le cas de Pierre Paradis, qui en redoute «pour des raisons de nature familiale, sociale, économique ou médicale».

Pierre Arcand note que le «seul consensus» au Québec porte actuellement «sur la nécessité d'améliorer les soins palliatifs».

Quelques heures avant le vote, le vice-premier ministre François Gendron avait dit ignorer si le vote serait libre chez les péquistes. La première ministre Pauline Marois a corrigé le tir quelques instants plus tard en déclarant que tous les votes sont toujours libres au sein de sa formation.

Philippe Couillard ne croit pas au caractère libre du vote exercé dans la députation gouvernementale.

Un député du PQ a confié au Soleil qu'il aurait hésité à se prononcer en faveur du projet de loi de Véronique Hivon si ses parents avaient été encore en vie. Il pense qu'il aurait craint qu'ils interprètent mal son vote.

Si ce député est en faveur aujourd'hui, c'est, dit-il, qu'il a vu un ami se laisser mourir de faim en raison de souffrances devenues insupportables.

Des «clarifications» en commission parlementaire

Lors de l'étude article par article, en commission parlementaire, plusieurs termes ou expressions contenus dans le projet de loi seront «clarifiés», affirme la ministre déléguée aux Services sociaux, Véronique Hivon. Mais les amendements toucheront plus à la forme qu'au fond.

L'objectif de la ministre est d'apaiser les craintes de «dérives». Ainsi que celles concernant un éventuel délaissement des soins palliatifs. Elle veut rendre ces soins plus accessibles.

La «sédation» sera mieux définie dans la version définitive du projet de loi. On pourrait aussi revoir la composition de la Commission sur les soins de fin de vie, a illustré Mme Hivon. Elle parle d'«éléments de clarification».

Pour elle, la journée de mardi représente une étape «très importante dans l'avancement du projet de loi».

Elle a minimisé les inquiétudes de certains, ainsi que l'opposition de médecins liés à l'Opus Dei. Elle a souligné que la «Protectrice du citoyen elle-même est venue dire que toutes les dispositions du projet reflètent ce souci de protéger les plus vulnérables».

«Il existe un très fort consensus dans la population. Je pense que les Québécois et les Québécoises mettent beaucoup d'espoir en nous.»

Présenté en juin, le projet de loi prévoit que les Québécois atteints d'une maladie incurable, condamnés à plus ou moins brève échéance et dont on ne peut apaiser les souffrances pourront réclamer et obtenir, sous de strictes conditions, une aide médicale afin de mettre fin à leur vie. Une possibilité qui concernerait moins de 1 % de tous les décès survenant chaque année au Québec, selon les évaluations gouvernementales du printemps dernier.

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