La cage de la Corriveau, un artéfact «unique» dont l'authenticité fait peu de doutes

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Le Tout-Québec muséologique se berce d'optimisme depuis le rapatriement de la cage métallique qui aurait servi à exposer la dépouille de «La Corriveau», devenue personnage mythologique de femme-sorcière-tueuse-de-maris depuis sa pendaison par les conquérants britanniques en 1763. À écouter les experts, l'authenticité de la pièce sera confirmée par les analyses scientifiques qui s'amorcent.

Il y a tout juste 250 ans, ce... (Le Soleil, Jocelyn Bernier) - image 1.0

Agrandir

Il y a tout juste 250 ans, ce serait dans cette cage aux formes humaines que le corps de Marie-Josephte Corriveau a été exhibé durant 40 jours

Le Soleil, Jocelyn Bernier

«Ému» par la découverte, le directeur général du Centre de conservation et d'études des collections du Québec, René Bouchard, se réjouit d'avoir en main «un artéfact assez unique». En évitant de «se laisser aller aux émotions», il souligne «qu'un faisceau de preuves indirectes nous amènent à penser qu'on se trouve face à un artéfact important. Les preuves sont assez fortes.»

L'auteure de la découverte de l'objet dans la collection d'un musée de Salem, au nord de Boston, est convaincue. Il y a tout juste 250 ans, c'est bien dans cette cage aux formes humaines que le corps de Marie-Josephte Corriveau a été exhibé durant 40 jours, évalue Claudia Méndez, bénévole de la Société d'histoire régionale de Lévis (SHRL). Et si ce n'était pas la bonne cage? «On ne veut même pas envisager cette possibilité-là!» Vous ne doutez pas? «Pas du tout.» Des sources documentaires seraient concluantes.

Le président de la SHRL, Vincent Couture, est tout aussi positif. Cultivez-vous des doutes quant à la provenance de la cage ? «Non! À 95 %, on est certain.» 

«Des indices nous laissent vraiment croire qu'il s'agit de LA cage», renchérit le directeur par intérim au service des collections, des archives historiques et de la bibliothèque des Musées de la civilisation de Québec, Dany Brown. «Ce qui est fantastique, c'est que c'est un contact direct avec l'histoire.»

«On ne s'attendait jamais à la revoir, on avait tourné la page. C'est quelque chose d'inespéré», festoyait également l'historien-auteur-professeur Jean-Marie Lebel, qui participait aussi à la présentation de cet exosquelette à la presse, mardi.

Peu importe l'enthousiasme déballé devant les représentants des médias mardi, il appartiendra aux spécialistes du Centre de conservation de trancher après une longue investigation. L'Atelier d'archéo-ethnologie hébergera donc la pièce durant un maximum de deux ans afin de l'analyser.

Si l'origine est confirmée, la cage témoignera d'un procès qui a donné naissance à une légende populaire. Dans une ville de Québec en partie détruite durant la Conquête des Britanniques, Marie-Josephte Corriveau, de la région de Bellechasse, a été jugée par les militaires au couvent des Ursulines puis pendue sur les Buttes-à-Nepveu (aujourd'hui sur les plaines d'Abraham). La dépouille a ensuite été exposée «dans les fers» sur la Rive-Sud.

Quoique les plus folles rumeurs sur la voracité de la veuve aient circulé, elle n'a été condamnée que pour le meurtre d'un seul de ses maris. La légende lui impute néanmoins jusqu'à sept décès.

Les Musées de la civilisation de Québec ont coordonné le transport et l'importation de la pièce depuis la côte est étatsunienne. Une opération de quelque 8000 $ pour l'embauche de spécialistes qui devaient construire un boîtier sur mesure, explique le coordonnateur aux emprunts, Philippe Antoine Hamel. Il a aussi fallu l'assurer, cette cage présumée de «La Corriveau», car elle vaut plusieurs dizaines de milliers de dollars. Il faut dire qu'elles ne sont pas nombreuses ces cages d'époque dans lesquelles étaient suspendus les cadavres de criminels. Mardi, à la conférence de presse, les historiens ne pouvaient en identifier que deux en Amérique du Nord; le «gibet de Philadelphie» et le «gibet canadien».

Pour se rincer l'oeil et en apprendre un peu plus sur l'histoire de Marie-Josephte Corriveau, il faudra visiter le Centre de congrès et d'expositions de Lévis entre demain et dimanche, de 10h à 22h. Coût d'entrée de 10 $. Claudia Méndez sera sur place pour offrir des conférences. Elle pourra alors vous expliquer pourquoi la cage est si petite; un adulte d'au plus 1,50 mètre a pu y être enfermé.

Vendredi, un spectacle hors série du Tribunal de l'histoire sera en outre présenté à l'auditorium du Cégep de Lévis-Lauzon à 19h30. Les billets sont en vente à 22 $ (tous frais inclus) sur le réseau Billetech.

Partager

À lire aussi

  • <strong></strong><strong></strong>La cage de «La Corriveau» de retour au Québec

    Société

    La cage de «La Corriveau» de retour au Québec

    La Société d'histoire régionale de Lévis (SHRL) a réussi un tour de force en parvenant à faire rapatrier la cage que l'on croit être celle de «La... »

  • La cage de la Corriveau authentifiée

    Société

    La cage de la Corriveau authentifiée

    La cage de fer confiée il y a deux ans à l'expertise des Musées de la civilisation et de la Société d'histoire régionale de Lévis est bel et bien... »

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer