Sinistrés de Limoilou: des lendemains plus heureux

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(Québec) «Je ne saurai jamais comment remercier tous ces gens.» Dalila Elhak, la sinistrée de l'incendie de la rue Bouchette dans Limoilou qui s'est fait voler au lendemain du drame, a retrouvé le sourire. Sa famille dort dans un nouvel appartement rempli grâce aux généreux dons.

«On a tout perdu et, en plus, comme notre appartement était moins endommagé que les autres, on s'est fait voler la nuit suivant le feu, rappelle-t-elle. Mais le pire a été l'angoisse de ne pas se trouver un nouveau logement.»

Propriétaire d'une garderie en milieu familial accueillant quotidiennement six enfants, Mme Elhak a cherché intensément depuis deux semaines un appartement suffisamment grand pour la garderie qui pourrait les loger, ses trois filles et elle.

«J'ai dû courir partout et passer des heures au téléphone pour essayer de tout régler. C'est triste à dire, mais il y a des moments où j'aurais préféré être sur l'aide sociale», n'hésite pas à lancer la femme d'origine tunisienne.

Travailleuse autonome, elle a vu les sept familles de son ancien immeuble, selon ses dires toutes à l'aide sociale, recevoir une précieuse aide de différents organismes gouvernementaux à la suite de l'incendie de la nuit du 20 mars. «Je suis vraiment contente qu'ils se soient retrouvés un logement, mais j'avoue que je me suis sentie un peu seule en comparaison aux autres», précise-t-elle.

Trop de dons

La détentrice d'une maîtrise en science politique de l'UQAM tient cependant à rappeler à quel point la population a répondu à l'appel à la mobilisation de Raymond Côté, député de Beauport-Limoilou. Au lendemain de sa sortie dans les médias, les dons ont afflué à un rythme tel que la quantité de travail pour les différents organismes responsables de tout recevoir était devenue insoutenable.

«C'est magique à quel point les gens ont été généreux. Toutes les familles ont reçu des vêtements, des jouets, des meubles, de la vaisselle et un peu de nourriture, précise Mme Elhak. [...] Deux familles dont je garde les enfants sont même venues à l'hôtel pour me donner l'équivalent de 7 $ par jour, même si je ne pouvais pas travailler.»

Sans oublier les différents groupes d'aide, elle a tenu à souligner le travail extraordinaire de la Maison Agapè, de la Bouchée généreuse, du Patro Roc-Amadour, de l'Armée du Salut et de la Croix-Rouge.

Elle a également précisé qu'elle ferait tout en son possible pour redonner du mieux qu'elle peut. «Je veux commencer à m'impliquer davantage. Quand je pense à mes filles et à tout ce monde qui n'a pas été blessé, je me dis que des drames comme ça doivent arriver le moins souvent», a-t-elle évoqué avec émotion.

«C'était comme dans un film. On ne pense à rien d'autre que de sortir avec les enfants et se sauver», a-t-elle illustré sans vouloir en raconter davantage, laissant ce bien mauvais souvenir derrière elle et sa famille. De nombreux enfants se trouvaient également dans les autres logements. Notamment les cinq de la famille André d'origine congolaise et ceux des familles bhoutanaises et colombiennes.

Mme Elhak prétend que tout ira bien, les prochains jours seront consacrés à préparer son logement pour regagner le droit d'exploiter sa garderie. Une demande d'admission au doctorat en science politique est également en attente avec l'Université Laval.

****

Beaucoup de mains

À l'Armée du Salut du chemin de la Canardière, au bureau du député Raymond Côté et à La Maison Agapè, un appel avait été fait en début de semaine pour recevoir l'aide de bénévoles. Les dons avaient alors été si généreux que le besoin de bras se voulait criant. Une fois de plus, la population a répondu à l'appel lancé dans les médias.

«On a eu de l'aide toute la semaine. Certains bénévoles venaient nous voir pour la première fois», assure Sarah Lefebvre-Cloutier, agente coordonnatrice au développement à l'Armée du Salut.

«Certains ont pris congé pour venir donner un coup de main. On a même dû en refuser quelques-uns, du jamais-vu.»

Selon elle aussi, toutes les familles sinistrées ont trouvé un logement et ont reçu les paquets préparés pour elles. «Certains propriétaires d'immeubles ont vu la nouvelle dans les médias et nous ont appelés pour signaler qu'ils avaient des logements disponibles, souligne-t-elle. Encore une fois dans cette histoire, la générosité des citoyens a dépassé les besoins.»

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