Augustines de Québec: une transition bien préparée

Soeur Nicole Perron montre la châsse contenant des... (Photo le soleil, Steve Deschênes)

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Soeur Nicole Perron montre la châsse contenant des ossements de la bienheureuse Marie-Catherine de Saint-Augustin. Cofondatrice de l'Église canadienne, cette jeune missionnaire est arrivée en Nouvelle-France à l'âge de 16 ans en 1648, où elle est décédée 20 ans plus tard. Elle a été béatifiée par le pape Jean-Paul II en 1989.

Photo le soleil, Steve Deschênes

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(Québec) Confier leur patrimoine à une fiducie est une décision longuement mûrie pour les Augustines.

Soeur Lise Tanguay, supérieure au Monastère de L'Hôtel-Dieu de Québec, situe à la fin des années 80 le début de la réflexion. «À l'époque, on allait travailler à l'hôpital, on était une quinzaine à l'ascenseur. Puis tout a baissé d'une façon dramatique», relate-t-elle.

Il fallait penser à l'avenir.

La solution facile aurait été de tout larguer. Permettre de transformer le monastère en condos ou en hôtels de luxe comme on en voit ailleurs dans le monde.

Même chose pour les 40 000 objets conservés au fil des décennies. «On aurait pu dire : "Regarde, ces artefacts-là, envoie ça au musée!"» lance soeur Lise.

Ou encore les vendre au plus offrant. «Les gens achètent, mais souvent, c'est pour le revendre ailleurs, à des Américains. Ça perd son sens.»

Et ce n'est pas les offres qui ont manqué. «Des antiquaires, y'en est venu!» relate dans un soupir soeur Nicole Perron, qui s'est occupée du musée des Augustines pendant 20 ans. Chaque fois, l'acheteur potentiel se butait à un non catégorique. «Il n'y avait rien à vendre», tranche-t-elle.

La solution

Des années de réflexion résulteront finalement, au tournant du millénaire, à la décision de miser sur un concept d'accueil offrant aux gens de Québec et aux touristes une expérience culturelle et spirituelle. Un lien avec le «mieux-être», le ressourcement, dans la continuité de cette communauté fondatrice des soins de santé en Nouvelle-France.

Une suite logique, selon les religieuses interrogées. Pendant plusieurs années, quelques chambres du monastère ont servi à loger les proches de gens hospitalisés à L'Hôtel-Dieu.

«Ces gens-là veillaient leurs malades et quand ils arrivaient du côté du monastère, ils disaient: "Ouf, on entend le silence." Ce n'était pas un silence vide. C'est un silence qui permet de refaire l'unité en soi», dit soeur Lise.

En somme, ces gens ont involontairement servi de sorte de groupe de discussion pour le concept d'hôtellerie retenu des décennies plus tard.

Trois gouvernements

Le concept est trouvé. En 2008, les gouvernements embarquent. Depuis, les religieuses ont vu défiler les élus. Stephen Harper, Jean Charest. «On les a pas mal tous rencontrés!» souligne soeur Lise. «On a passé à travers trois gouvernements au municipal, au provincial et au fédéral», relate-t-elle à propos de ceux qui ont successivement donné leur feu vert au projet avant l'annonce du 14 février, faite cette fois-ci par la première ministre du Québec, Pauline Marois.

Parallèlement, les Augustines fondent leur Fiducie du patrimoine culturel des Augustines. Et les règles sont claires.

Le lieu doit être public, axé sur la mission centenaire des Augustines. Les religieuses demandent aussi que des places soient conservées pour les familles des malades de L'Hôtel-Dieu.

Aussi, l'énoncé de mission stipule que la poignée de soeurs qui y restent pourront continuer à y habiter.

«C'est une grosse différence des monastères qui ont été retapés», explique soeur Lise. «Les personnes ne sont plus là. Nous, on va être encore ici. Tant que le Seigneur voudra. Mais on est encore capables!»

*****

Un projet religieux?

L'ensemble Le Monastère des Augustines sera ouvert aux visiteurs dès le printemps 2015. Une soixantaine de chambres dans les anciennes cellules des religieuses permettront aux touristes de prendre un temps d'arrêt, un ressourcement en plein coeur du Vieux-Québec.

L'aventure s'adresse-t-elle seulement aux catholiques? «Non», répond soeur Lise Tanguay. Au-delà du caractère religieux, indissociable de la présence des Augustines en Amérique, le projet se veut surtout spirituel, historique et culturel. «Les gens vont faire des pèlerinages au Népal pour vivre une aventure», illustre-t-elle.

«L'aventure en soi», est d'ailleurs le slogan fort efficace du futur complexe. «Ce que les gens recherchent est de s'accrocher à quelque chose d'intérieur, de spirituel. Je fais la différence entre la spiritualité et la religion», poursuit soeur Lise. Les visiteurs auront aussi accès à des ateliers, des conférences et diverses activités sur le thème de la santé et de l'histoire des Augustines. Le Monastère offrira aussi une aire de restauration, une boutique et des espaces locatifs. Diverses publicités expliquant plus en détail le concept et les services offerts seront à prévoir au cours des prochains mois.

Pas que des fonds publics

Les gouvernements fédéral et provincial injectent chacun 15 millions $ dans la transformation du Monastère des Augustines, la Ville de Québec ajoute 6 millions $. Mais si ces investissements ont été confirmés en grande pompe le 14 février, le projet ne mise pas que sur des fonds publics. Les religieuses elles-mêmes ont versé 5 millions $ en fonds de dotation de la Fiducie du patrimoine culturel des Augustines.

Fondée en 2009 et propriétaire du monastère de L'Hôtel-Dieu de Québec depuis janvier 2013, cette fiducie dotée d'un conseil d'administration aura aussi comme rôle d'aller chercher une bonne part de financement extérieur. Une importante campagne auprès du secteur privé sera d'ailleurs lancée bientôt.

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