Sillery: une taxe pour acheter les terres des communautés religieuses

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Le ministère de la Culture a amorcé sa consultation publique sur l'avenir du site patrimonial de Sillery, mercredi soir, au Montmartre Canadien.

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(Québec) Héritage Québec propose la création d'une taxe qui serait perçue à la suite d'un changement de zonage pour acheter les terres des communautés religieuses de Sillery. Et à un prix aussi compétitif que celui de promoteurs privés, promet-on.

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La présidente de la Coalition Héritage Québec, Johanne Elsener

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Une façon, soutient l'organisme de sauvegarde du patrimoine, de dissiper les inquiétudes de quatre communautés religieuses qui, dans Le Soleil de mercredi, disaient craindre de ne pas pouvoir vendre leurs propriétés à leur juste valeur si le gouvernement décidait d'en faire un parc public.

Ce front commun a beaucoup fait réagir mercredi au premier jour de la consultation publique du ministère de la Culture sur l'avenir du site patrimonial de Sillery.

Comme solution, Héritage Québec propose une taxe sur certaines transactions immobilières qui permettrait «d'accoter le prix des promoteurs».

Un tel fonds de patrimoine culturel existe ailleurs dans le monde. «La Suisse le fait. L'Italie aussi le fait pour le logement social», a expliqué la porte-parole d'Héritage Québec, Johanne Elsener.

L'idée est que l'État ou la Ville touche une partie de la hausse de la valeur d'un terrain à la suite d'un changement de zonage.

Par exemple, un terrain évalué à 1 million $ zoné pour cinq logements qui passerait à 65 logements verrait sa valeur exploser, a illustré Mme Elsener. «La valeur du terrain peut passer de 1 million $ à 9 millions $. On pourrait prélever un pourcentage de cette différence de 8 millions $.»

La taxe serait appliquée sur des transactions partout sur le territoire de Québec.

Héritage Québec croit aussi que le gouvernement pourrait prendre une partie de l'enveloppe prévue pour les phases futures de la promenade Samuel-De Champlain. De grands mécènes privés pourraient aussi contribuer.

Mercredi, divers groupes de citoyens de Sillery ont évalué de 20 à 30 millions $ la somme nécessaire pour acheter les propriétés religieuses le long du fleuve qu'ils estiment le plus urgent d'éloigner de la pression immobilière.

Le prix versé aux religieuses serait aussi compétitif que celui des promoteurs, assure Mme Elsener.

Parc des Grands domaines

Une fois les terres acquises par le gouvernement, Héritage Québec y imagine un parc public baptisé parc des Grands Domaines ancré dans un axe de tourisme culturel qui relierait le Vieux-Québec à Sillery.

Dans Le Soleil de mercredi, quatre communautés ont fait front commun pour passer un même message : elles sont chez elles sur ces terres qu'elles ont achetées et entretenues à grands frais souvent depuis plus d'un siècle. Vendre pour du développement immobilier est une question de survie, ont dit des représentants des Religieuses de Jésus-Marie, des Soeurs de Sainte-Jeanne d'Arc, des Pères Augustins de L'Assomption et de la Fédération des monastères des Augustines de la Miséricorde de Jésus.

Ces quatre communautés ont d'ailleurs présenté leur mémoire mercredi soir.

Leur présentation a été chaudement applaudie par les quelque 300 personnes présentes.

Et ce, même si tous ne partagent pas leur point de vue.

«En lisant le journal, j'ai été un peu secoué par les propos des religieuses», a réagi Hugues Michaud, président de la Société d'histoire de Sillery qui croit aussi que le gouvernement devrait acheter les terrains pour en faire un parc public.

M. Michaud soutient avoir souvent tenté de rencontrer les communautés. «Mais elles n'acceptaient pas d'ouvrir la porte, pensant qu'on voulait les exproprier, les exploiter. Ce n'est pas ça. Elles ont le droit de vendre, mais il faut négocier, dit-il. Pour ça, il faut se parler.»

******

Une consultation populaire

L'intérêt pour le sort des terrains patrimoniaux de Sillery ne se dément pas. Plus de 270 mémoires ont été déposés par les organismes et les citoyens pour cette consultation publique annoncée en janvier par le ministre de la Culture, Maka Kotto.

Initialement prévue pour durer une soirée, la consultation menée par le Conseil du patrimoine culturel du Québec a duré toute la journée mercredi et se poursuivra mardi et mercredi. Au total, plus de 80 personnes viendront présenter leur mémoire.

Une trentaine ont été entendues mercredi devant une salle du Montmartre canadien clairsemée en après-midi, mais qui a accueilli près de 300 personnes en soirée.

«Des paroles en l'air»

L'ex-maire de Sillery Paul Shoiry est plus que sceptique devant l'ouverture dont a fait preuve Régis Labeaume en laissant entendre, dans Le Soleil de samedi, qu'il penchait peut-être plus du côté des citoyens qu'on pourrait le croire quant au développement des propriétés religieuses de Sillery.

«Sa volte-face m'a surpris, et je me suis dit qu'on est en année d'élections, il veut avoir les citoyens de son bord. Pour moi, ce ne sont que des paroles en l'air», a-t-il commenté mercredi. «Si c'est vrai, il faut que les bottines suivent les babines et qu'il pose rapidement des gestes concrets pour démontrer à la population qu'il ne veut pas qu'il y ait de constructions sur ces propriétés et qu'il s'entente avec le gouvernement du Québec pour conserver ces terrains et les mettre en valeur.»

Un rameau aux soeurs

Le vice-président de la Coalition pour l'arrondissement historique de Sillery, Charles-Robert Dionne, réfute «l'impression» que les citoyens «sont contre les soeurs» en s'opposant au développement immobilier sur leurs terrains.

Avant la présentation de son mémoire, mercredi, il a remis, avec une touche d'humour, un rameau aux religieuses présentes dans la salle. «Un rameau en signe de paix de la Coalition à l'égard des soeurs», a-t-il lancé.

Les communautés religieuses, qui craignent que leurs terres perdent de leur valeur sans développement possible, ne semblent pas avoir tellement apprécié, a reconnu M. Dionne. «Elles n'ont pas aimé ça», a-t-il lancé.

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