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Une promesse d'emploi à Québec, un travail... à Montréal

Julian Maiuri et Alice Toulotte ont emprunté la... (La Presse, Ivanoh Demers)

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Julian Maiuri et Alice Toulotte ont emprunté la même voie que la plupart de leurs compatriotes. Entre 2007 et 2011, près de 70 % des Français qui ont immigré au Québec envisageaient de s'établir à Montréal.

La Presse, Ivanoh Demers

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(Québec) Le maire Régis Labeaume avait promis à Alice un emploi en trois jours dans la capitale. Avec son copain chef cuisinier, la jeune Bordelaise rêvait de venir travailler au Québec. Un an plus tard, le couple a bel et bien réalisé son projet. Et le chef s'est effectivement trouvé un emploi en trois jours. Mais à Montréal... Ils y ont emménagé le mois dernier.

La grande séduction de Régis Labeaume à Bordeaux n'aura pas suffi.

En mars 2012, le maire de Québec avait rencontré Alice Toulotte, 22 ans, une pâtissière et chocolatière bordelaise, devant le restaurant Jean Ramet, où elle travaillait. La jeune femme pleine d'ambition l'attendait de pied ferme, car elle savait que le maire de Québec était de passage et qu'il cherchait à attirer de jeunes travailleurs dans sa ville. Son conjoint, Julian Maiuri, un chef cuisinier originaire de Toronto, voulait aussi être de l'aventure.

«J'annonce que dans trois jours, vous avez un emploi! Et j'irai même à ce restaurant-là», lui avait juré un Régis Labeaume ravi de l'intérêt que le couple portait à sa ville.

Alice n'avait pas trouvé d'emploi en trois jours à Québec. Elle s'est heurtée à toutes sortes d'exigences administratives qui ont retardé son projet. Le maire, qui avait reconnu avoir été un peu optimiste, avait néanmoins promis, une fois de retour en ville, de s'occuper de son cas.

«J'ai demandé les deux CV et je m'en occupe moi-même. Je vais demander à l'association des restaurateurs s'ils ont besoin d'une pâtissière et d'un chef. Je m'en occupe.»

Au bout du compte, un jumelage avait été organisé avec un restaurateur de la capitale intéressé à embaucher le jeune couple. Un jumelage qui ne s'est jamais matérialisé.

C'est finalement plusieurs mois plus tard que la jeune femme a quitté son emploi à Bordeaux et est arrivée au Québec avec son conjoint, son visa de voyage et toute sa détermination. Ils sont débarqués en plein coeur de l'hiver, histoire de tout de suite faire connaissance avec la rudesse du climat.

«Comme nous avions des amis l'un et l'autre à Montréal, nous avons décidé de commencer notre voyage par là», raconte-t-elle.

Un emploi pour Julian

Pour Julian, les choses se sont plutôt bien passées. Alice n'en est pas peu fière. «Il a bel et bien trouvé un emploi en trois jours! À l'Europea, Relais & Châteaux, rien de moins!»

Quant à Alice, elle fait son petit bonhomme de chemin dans la grande ville, distribuant des CV et des poignées de main. «Je compte rencontrer des employeurs qui me fourniraient une offre d'emploi pour demander un visa jeune professionnel.»

Quand Le Soleil lui a parlé, le couple venait d'emménager dans son nouvel appartement, au centre-ville de la métropole.

Et Québec dans tout ça? Les tourtereaux viendront sûrement y faire du tourisme, promet Alice, mais pour l'instant «on va rester à Montréal». Avec des amis qui peuvent donner un coup de main, et l'emploi de Julian, c'est «plus simple pour nous».

En fait, Alice a emprunté la même voie que la plupart de ses compatriotes. Entre 2007 et 2011, près de 70 % des quelque 28 000 Français qui ont immigré au Québec envisageaient de prendre racine à Montréal. Contre un maigre 9,3 % qui voulaient installer leurs pénates dans la capitale, soit environ 500 par an. Une proportion qui reste plutôt stable, année après année, selon les plus récents chiffres du ministère de l'Immigration, publiés en octobre 2012, sur les immigrants permanents dont le dernier pays de résidence est la France.

Devant ces statistiques, le maire Régis Labeaume reste perplexe. «Je suis déçu, laisse-t-il tomber. Il va falloir travailler plus fort.»

Déjà en 2010, le premier magistrat de Québec avait identifié des secteurs d'activité où la main-d'oeuvre se faisait rare. «La restauration et l'hôtellerie ont besoin de gens qui n'ont pas de diplômes. Et ça, il va falloir y penser», avait-il déclaré au Soleil en marge d'une cérémonie d'accueil des immigrants, dans Sainte-Foy.

Pour lui, la solution passait nécessairement par l'accroissement des missions de recrutement à l'étranger, particulièrement en France et en Belgique.

Avec Québec International, la Ville travaille activement à attirer les professionnels de l'extérieur. L'organisme cible les besoins des entreprises de la région et va chercher à l'étranger les travailleurs qualifiés qui peuvent occuper des emplois spécifiques, souligne Carl Viel, président-directeur général de Québec International. Et, insiste-t-il, les immigrants qui choisissent Québec y restent. «Depuis 2008, on est autour de 90 % de rétention.»

Mais il reste un large fossé à combler. Régis Labeaume aimerait bien en comprendre la raison. «Je pense que Montréal est plus connue que Québec, tente-t-il. On a encore du travail à faire.»

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