Des citoyens se lancent au secours des pizzas Gemini

Olivier Ouellet, propriétaire de Pizzeria Gemini, a dû... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Olivier Ouellet, propriétaire de Pizzeria Gemini, a dû fermer ses deux établissements, dans Saint-Roch et Limoilou, la hotte de sa cuisine de la rue Saint-Joseph n'étant pas conforme aux yeux des assureurs.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Inquiets de voir les pizzérias Gemini de Saint-Roch et de Limoilou disparaître pour de bon, des citoyens ont lancé une campagne spontanée de soutien au restaurateur et inaugureront une plate-forme de dons en ligne. Petite histoire de ce mélange inusité de pizza, de réseaux sociaux et de commerce électronique.

Olivier Ouellet adore la pizza. Et ses clients raffolent de ses créations culinaires. À la tête de Pizzeria Gemini, il coordonne les deux établissements de Limoilou et Saint-Roch. Depuis quatre ans, la pâte lève bien. Les affaires roulent. Mais un jour, son assureur lui indique que la hotte de son commerce de la rue Saint-Joseph n'est pas conforme.

Les coûts sont considérables. Au point où il doit fermer sa jeune succursale du centre-ville, en dépit de ventes satisfaisantes. «On avait plus de monde que ce que je croyais avoir dans le plan d'affaires, explique le propriétaire. La demande était là. Le midi, le soir. C'était incroyable. Et la hotte, ça nous a tombé dessus.»

La perte de revenus dans Saint-Roch l'oblige à mettre la clé dans la porte de la pizzéria de Limoilou, même si la hotte là-bas était irréprochable.

Depuis trois mois, la levure des pizzas Gemini reste dans les pots et les fours sont bien froids. Fermeture indéterminée. Les factures s'accumulent. Le restaurateur songe à vendre. Jusqu'ici, une histoire classique de restauration.

Soutien surprise

Sauf que des gourmands s'ennuient de leurs pizzas. Et décident - sans consulter le restaurateur - de mettre la main à la pâte. Le jour de la Saint-Valentin, un comité composé d'Élise Rousseau, de Julie Tremblay-Potvin et de Mathieu Ouellet lance un groupe de soutien sur Facebook.

Les trois comparses n'ont aucun intérêt dans la pizzéria, sinon celui de leur estomac. La page Facebook fait fureur. L'idée d'un soutien collectif prend naissance. «On s'est dit: mon dieu, ça n'a pas de bon sens que ça reste comme ça. Lui, il pensait à vendre. Il ne voyait pas d'autre solution», raconte Élise Rousseau.

Un sondage est lancé. Qui serait prêt à donner 50 $ au restaurateur en échange de deux pizzas advenant une réouverture? En quelques heures, 300 citoyens de Québec lèvent leur main virtuelle.

Tous les ingrédients sont alors réunis pour lancer un sauvetage culinaire. Le chef Olivier Ouellet est mis au courant de l'initiative citoyenne. Il est un peu sous le choc.

«Sincèrement, c'est capoté! Il n'y a pas d'autres mots. Je n'en reviens pas. C'est comme une preuve d'amour extraordinaire, raconte le restaurateur. Ça fait 12 ans que je suis dans la restauration... c'est la première fois que je vois ça de ma vie. Je comprends que le monde aime la pizz, mais à ce point-là?»

Il aura bientôt sa réponse. La page Facebook Québec aime Pizzeria Gemini gagne des appuis d'heure en heure. Une vidéo de sauvetage a été tournée samedi, et la campagne officielle sera lancée dans les prochains jours. Des citoyens ont déjà entrepris les démarches pour lancer une plateforme de paiement en ligne sécuritaire et transparente.

****

Collecte de fonds 2.0

Loin des tirelires et du porte-à-porte, les citoyens derrière l'opération de sauvetage des deux pizzérias misent plutôt sur les réseaux sociaux et les nouvelles plateformes de paiement en ligne.

Comment amasser des sous contre des poivrons et des champignons? Avec la plateforme de collectes de fonds Indiegogo. Le site Web se spécialise dans les levées de fonds pour les organismes, les individus et les groupes moins habitués aux collectes.

Tous les dons sont recueillis électroniquement par  PayPal, un service sécuritaire et réputé de paiement en ligne. Dans le cas de Pizzeria Gemini, une dizaine de forfaits de dons seront offerts. Un don de 50 $ donne droit à deux pizzas (et deux becs du proprio), alors que 200$ vous donne quatre pizzas servies dans une boîte créative illustrée par Pierre Girard. À 1000 $, une pizza portera votre nom sur le menu, promet-on.

La formule est flexible. Risquée? Tout dépend des campagnes. Dans celle-ci, le capital n'est pas garanti. Vous pourriez ne jamais avoir de fromage contre vos dollars. Tout dépendra de la relance. Mais les donateurs seront «traités en rois et reines et il [le chef] se fera un honneur d'honorer sa dette envers vous... même si cela signifie qu'il doive les faire cuire dans son appartement!» indiquent les organisateurs. À vous de voir si le jeu en vaut la pizza.

Les citoyens espèrent vendre 500 forfaits d'ici deux semaines et récolter 20 000 $, soit assez pour acheter la hotte, payer quelques factures et remettre les commerces sur pied.

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