Les victimes des pensionnats indiens se racontent

William Fontaine a témoigné des conséquences des pensionnats... (Collaboration spéciale Alix-Anne Turcotti)

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William Fontaine a témoigné des conséquences des pensionnats indiens au sein de sa communauté.

Collaboration spéciale Alix-Anne Turcotti

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Alix-Anne Turcotti, collaboration spéciale
Le Soleil

(Sept-Îles) Les larmes ont coulé mardi à Maliotenam, près de Sept-Îles, lors du premier passage au Québec de la Commission de vérité et de réconciliation du Canada (CVR). Au cours de la première journée de rencontre, les victimes des pensionnats indiens ont voulu partager leur mal-être et lever le voile sur une partie douloureuse de leur histoire, dans l'espoir d'en faire un jour leur deuil.

William Fontaine, membre du conseil de bande de la communauté d'Uashat Mak Mani--Utenam, a témoigné de la réalité de ses parents, qui ont vécu au pensionnat Notre-Dame de Maliotenam, ouvert de 1952 à 1970. Il a expliqué pourquoi il en est une victime indirecte.

«Les souffrances qu'on vit aujourd'hui dans les communautés, c'est à cause des pensionnats, s'est-il exclamé. Mes parents avaient des blessures, ils nous les ont transmises dans notre éducation. Les Blancs canadiens nous ont dénigrés, maintenant il faut prendre le temps de nous guérir», a-t-il déclaré, très ému lors de cette première journée d'audiences, qui se poursuivent aujourd'hui.

M. Fontaine souhaite que l'histoire soit connue et expliquée aux jeunes générations. «Les Blancs n'imaginent pas les conséquences, les jeunes doivent savoir ce qui s'est passé dans les pensionnats et pourquoi c'est contagieux. Nous devons transmettre notre savoir», a-t-il insisté.

«J'ai été déraciné»

Jean-Guy Pinette, un ancien pensionnaire victime de sévices sexuels, a témoigné en larmes devant la quarantaine de personnes présentes. «Ma vie a été détruite, j'ai 51 ans et je souffre encore de sévices que j'ai reçus. Je vivais au lac John, mes parents étaient pauvres, mais j'étais très heureux avec mes grands-parents, et on m'a emmené à Sept-Îles dans un pensionnat. J'ai été déraciné.»

La commissaire Marie Wilson a indiqué que la Commission «fait un travail sacré, un travail de guérison d'identité. Il faut comprendre ce qui s'est passé, a-t-elle lancé. La maltraitance dans les pensionnats indiens fait partie de l'histoire du Canada, et quand quelqu'un fait un dommage, il doit le réparer.»

La CVR a été constituée en 2008 à la suite des excuses officielles du gouvernement canadien envers les anciens élèves de ces pensionnats. Le premier ministre Stephen Harper avait alors reconnu que la mission de ces établissements était bien de débarrasser les enfants de leur identité d'Indiens. Depuis 1870, il y a eu environ 130 pensionnats indiens dans tout le Canada, le dernier ayant fermé ses portes en 1996. Environ 150 000 enfants autochtones sont passés par ces pensionnats dirigés par les autorités ecclésiastiques. 

Avec la collaboration de Steeve Paradis

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