Enfin parents, six ans après

Guylaine Cossette et Alain Larouche ont dû patienter... (Photo fournie par la famille)

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Guylaine Cossette et Alain Larouche ont dû patienter presque six ans avant de faire la connaissance de celle qui est devenue leur fille, Maya Kim, originaire de Chine.

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(Québec) Le 12 mars 2012, Guylaine Cossette s'est effondrée sur un trottoir, en Chine. Ses jambes ont perdu consistance. Presque six ans après avoir déposé une demande d'adoption internationale, elle venait d'entrevoir pour la première fois en chair et en os la petite Maya Kim, celle qui est devenue sa fille.

Nous avions découvert Mme Cossette et son conjoint, Alain Larouche, il y a un an. Les deux Bleuets de Saguenay s'étaient ouverts, avaient raconté la longue et difficile attente des couples qui rêvent d'accueillir un enfant du monde. Leur témoignage appuyait un dossier, publié dans Le Soleil, relatant le chemin de croix qu'est devenu un tel projet. Et les innombrables écueils que rencontrent les plus persévérants qui s'opiniâtrent encore jusqu'au jour où, dans un pays inconnu, un bambin leur est confié.

Voilà donc plus de neuf mois que le rêve du couple est devenu réalité. «Ça va être notre premier Noël», se réjouit Guylaine Cossette. «Mon plus beau Noël», insiste-t-elle reprenant un titre de Johnny Hallyday, lui-même père de deux enfants adoptés. La chanson a bercé leur attente.

Le printemps dernier, quelque 67 mois après avoir réussi à s'inscrire sur la liste d'attente chinoise, Madame était donc dans l'Empire. Seule. Sociologue de formation, elle s'est recyclée dans la comptabilité avec son compagnon. C'était la saison des impôts, Monsieur a dû garder le fort. «Dieu merci, j'avais Skype!», relate Guylaine Cossette, se félicitant d'avoir apporté un ordinateur équipé du logiciel de vidéocommunication.

Durant deux semaines, c'est via l'écran qu'Alain Larouche a appris à connaître sa nouvelle fille. Car les autorités locales exigent que les adoptants restent dans le pays quelques jours. Le début du séjour se déroule dans la province d'origine de l'enfant, le Guangdong dans son cas. Ensuite, les nouvelles familles prennent la route de Beijing. Au menu : visite d'un zoo, de la Grande Muraille, de musées, etc. On veut que les étrangers goûtent à la culture.

Par chance, souligne Guylaine Cossette, une guide accompagnait le groupe de parents durant tout le périple. Très important parce qu'après des années de bureaucratie, il restait encore beaucoup de formalités. «Je ne m'attendais pas à autant de paperasse.» Rapport de police, visa, visites officielles...

Règles resserrées

Nous l'abordions l'année dernière, les règles encadrant l'adoption internationale ont été resserrées. Le couple de Saguenay n'est ainsi pas au bout de ses peines côté administration. La Chine impose maintenant une série de «rapports de progrès» après le retour au pays. Le dernier sera envoyé dans cinq ans.

Malgré toutes les tracasseries, le couple s'affiche aux anges en cette période des Fêtes. «C'est certain que si on avait su qu'on attendrait six ans, on aurait peut-être trouvé une "alternative" au départ», observe cependant Guylaine Cossette, qui a aujourd'hui 52 ans. «Mais jamais je ne l'ai regretté. C'est certain que le côté "plate", c'est qu'on est plus vieux. Sauf qu'on avait le goût Alain et moi d'être parents, on était en santé tous les deux et ça nous rend heureux. Alors pourquoi on ne l'aurait pas fait?»

Ils ont persisté, ils ont survécu aux années - «Il y a des couples qui se séparent» - et, un lundi de mars 2012, Guylaine Cossette a croisé le regard d'une fillette, à l'entrée d'un bureau gouvernemental chinois.

La petite était un peu plus vieille que prévu. Le couple avait appris deux mois plus tôt que le bébé espéré avait finalement 2 ans et 10 mois. Peu importe, le désir d'enfant était fort. Et dès qu'elle l'a vue, Guylaine Cossette l'a reconnue. Maya Kim aussi l'a reconnue. Les Bleuets avaient réussi à envoyer des clichés et des cadeaux à l'orphelinat. «Ils ont préparé la petite avec les photos de nous.»

Et maintenant? «On s'était préparé au pire.» Les enfants adoptés ont souvent des carences affectives, des troubles de la personnalité, parfois des handicaps. Guylaine Cossette et Alain Larouche en avaient toutefois vu d'autres, eux qui sont famille d'accueil pour la Direction de la protection de la jeunesse. Ils ont aussi eu des enfants de précédentes unions.

«L'attachement se fait bien», célèbre Guylaine Cossette. «Ç'a été au-delà de mes attentes et de mes espérances. On est privilégié.»

Maya Kim maîtriserait plus de 300 mots en français. Depuis peu, la jeune fille fréquente un centre de la petite enfance à temps partiel. Les parents et l'enfant, scotchés depuis l'adoption, apprennent tranquillement à se séparer quelques heures, apprennent à se dire «à tantôt».

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