102 ans, 8 enfants, 80 ans de mariage

Léopoldine Desjardins et Joseph Pelletier, mariés depuis 80... (PHOTO COURTOISIE JOURNAL L'AVANTAGE)

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Léopoldine Desjardins et Joseph Pelletier, mariés depuis 80 ans, ont célébré leurs noces de chêne entourés de leurs huit enfants, Damien, Clovis, Maxellende, Francine, Danielle, Louiselle, Valois et Michel.

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Carl Thériault, collaboration spéciale
Le Soleil

(Rimouski) Ils ont tous les deux 102 ans. Ils ont eu huit enfants, ils sont fiers de leurs 14 petits-enfants et 17 arrière-petits-enfants. Léopoldine Desjardins et Joseph Pelletier vivent des jours heureux, mariés depuis 80 ans. Le couple qui a fêté ses noces de chêne plus tôt cette année s'apprête à célébrer Noël entouré de ses proches.

«Je ne suis pas vieille, je n'ai que 102 ans», dit en souriant Mme Desjardins, rencontrée par Le Soleil à l'occasion des fêtes de Noël et de fin d'année. Puis, les souvenirs surgissent.

«Quand j'étais enfant, j'accrochais mon bas le 24 décembre. On avait des bonbons et de petits cadeaux, mais des cadeaux utiles», raconte la centenaire, affirmant qu'aujourd'hui les enfants sont gâtés aux Fêtes et qu'ils ont tendance à moins apprécier les cadeaux.

Et au jour de l'An, dans la famille de M. Pelletier, la bénédiction paternelle demeure une tradition en ce début de XXIe siècle.

Mme Desjardins se rappelle de ses premiers Noël à Sainte-Rita, dans le haut pays du Bas-Saint-Laurent à 80 kilomètres au sud-est de Rivière-du-Loup alors que les chemins d'hiver étaient ouverts par des grattes en bois tirées par un cheval, que les carrioles à grelots glissaient sur la neige avec leurs occupants emmitouflés dans des peaux avec, aux pieds, des briques chaudes.

«Quand j'étais enfant, le 24 au soir, on allait à la messe de minuit quand on avait un curé dans la paroisse. Sinon, on allait à l'église de Saint-Jean-de-Dieu», dit-elle, faisant appel à sa prodigieuse mémoire.

«La parenté venait au jour de l'An en carriole ou en petite sleigh. Les enfants étaient gardés à la maison. Il n'y avait pas de cadeaux comme aujourd'hui. On n'avait pas les moyens d'acheter des cadeaux», dit Mme Desjardins.

Chez le couple Desjardins-Pelletier, il y avait remise d'un cadeau pour chaque enfant (Damien, Maxellende, Louiselle, Clovis, Francine, Valois, Michel et Danielle) à Noël et un mis en réserve pour le jour de l'An.

«Je n'ai jamais cru au père Noël. Je ne leur mettais pas ça dans la tête, à mes enfants. Moi, quand j'avais des cadeaux, je savais que c'était mes parents qui les avaient achetés», affirme la centenaire.

Son mari, Joseph Pelletier, est originaire de Saint-Jean-de-Dieu, mais c'est lorsqu'il déménagea à Sainte-Rita avec sa famille, vers l'âge de 12 ans, qu'il allait rencontrer celle qui deviendra son épouse pour la vie.

Le couple a quitté Sainte-Rita en 1968 pour s'installer à Rimouski. «De mes parents, on avait une orange, une pomme et du bonbon dans un bas de Noël. C'était de beaux cadeaux...», raconte à son tour Joseph Pelletier qui a déjà fabriqué, pour ses premiers enfants, des couchettes en bois alors que sa conjointe confectionnait la literie. Chaque Noël, M. Pelletier achetait une boîte de bonbons de toutes sortes que les enfants consommaient à compter du 25 décembre.

Joseph Pelletier, qui a fêté ses 102 ans le 6 décembre, a été le premier habitant de Sainte-Rita à posséder un petit moulin à vent pour faire de l'électricité vers la fin des années 30. Sûrement la première éolienne de l'Est-du-Québec... «C'était une petite génératrice avec des batteries qui fonctionnait grâce au vent pour le moulin; il y avait un fil pour éclairer la maison.» De 65 ans à 94 ans, le centenaire a fabriqué des bibelots en bois, des lampes de chevet. De superbes pièces, d'ailleurs.

Leur secret

Le secret de la longévité de ce couple? «Hier, c'était hier. Aujourd'hui, c'est aujourd'hui. Demain, ce sera demain», dit Mme Desjardins. «On disait que ceux qui faisaient neuf vendredis du mois à l'église, ils étaient certains d'être sauvés. J'en ai fait, des neuf vendredis du mois. J'attends ma place en haut. Je n'ai jamais battu un enfant. Je leur parlais et ils écoutaient. Chez nous, on n'a jamais eu une tape de mes parents.»

Le couple s'est marié dans le temps de la grande crise, dans les années 30. «Crise ou pas crise, on vivait avec ce qu'on avait. On en a épluché des patates... On n'a jamais eu de chicane. Il n'y a pas une personne pareille. On se respectait. Pourquoi se choquer? Après ça, il fallait se déchoquer...», confient ces heureux jubilaires.

Joyeux Noël et meilleurs voeux à Mme Léopoldine et à M. Joseph de même qu'à toute leur grande famille!

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