Le véganisme, un refus de l'exploitation des animaux

Élise Desaulniers et Martin Gilbert ont discuté éthique... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Élise Desaulniers et Martin Gilbert ont discuté éthique animale, mardi, à l'Université Laval, devant un groupe composé principalement d'étudiants en philosophie.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Mangeriez-vous du chien? Non? Alors pourquoi acceptez-vous de bouffer du poulet ou du boeuf? Parce qu'ils méritent moins de considération?

Démagogique pour certains, la question est pour d'autres au coeur même de leur refus de manger de la viande, et même, de consommer tout produit d'origine animale dès lors qu'il implique une souffrance quelconque. Petit cours 101 sur le véganisme, ou végétalisme intégral...

Wikipédia définit le mot comme «un mode de vie fondé sur le refus de l'exploitation et de la cruauté envers les animaux». Par définition, ses adeptes sont végétaliens, c'est-à-dire qu'ils ne mangent aucun produit d'origine animale, incluant le lait et les oeufs. Leur engagement va toutefois beaucoup plus loin : un végan (aussi appelé végétalien intégral) refusera ainsi de se vêtir de cuir ou de fourrure, voire de laine ou de soie. De la même façon, il n'utilisera aucun produit testé sur des animaux.

Au Québec, Élise Desaulniers, auteure du livre Je mange avec ma tête et d'un blogue intitulé Penser avant d'ouvrir la bouche (penseravantdouvrirlabouche.com) est l'une des voix les plus connues de ce mouvement qui, il faut bien le dire, est très minoritaire, puisqu'il ne rejoint que de 1 à 2 % de la population canadienne, contre 8 % se déclarant végétarienne.

Dans une conférence organisée par l'Institut d'éthique appliquée de l'Université Laval, elle et son compagnon de vie Martin Gilbert, docteur en philosophie, ont abordé mardi le thème sous l'angle de l'éthique. Éthique animale, surtout, bien que l'éthique environnementale soit aussi une motivation pour certains.

Dans son livre, Élise Desaulniers décrit abondamment les conditions d'élevage, et particulièrement d'élevage industriel, par lequel l'immense majorité d'entre nous obtient notre viande. Des poulets à l'ossature trop frêle pour les porter aux porcelets castrés à froid en passant par les dures conditions de transport et d'abattage d'à peu près toutes les espèces, elle présente un portrait que la plupart des consommateurs ignorent... et préfèrent ignorer.

Imaginons un instant qu'au moment d'acheter notre viande à l'épicerie, on nous montre ces images, écrit-elle...

Approche idéologique

Beaucoup diront de cette approche qu'elle est idéologique. Vrai, disent Desaulniers et Gilbert. Le fait de refuser de traiter un animal comme une chose, de percevoir son utilisation comme une violence envers un être vulnérable, constitue un parti-pris qui relève de la morale. Mais son contraire, le carnisme, l'est tout autant, disent-ils.

Si l'on vous disait que les délicieuses boulettes de viande que vous venez d'apprécier sont en fait du chien, vous seriez dégoûté, illustrent-ils. Et pourtant, les faits sont les mêmes, vous avez aimé cette viande.

«Ce qui a changé, c'est la perception, ce qui indique qu'on est dans un système idéologique particulier, qui a décidé que certaines espèces sont comestibles et d'autres non», une notion qui varie au gré des cultures. C'est ce que les végans nomment le spécisme, c'est-à-dire l'attribution d'une valeur différente selon l'espèce, ce qui inclut l'espèce humaine face aux animaux.

«Manger des animaux est aussi une idéologie parce qu'on n'est pas obligés de le faire pour vivre. Mais la plupart des mangeurs de viande ne sont pas conscients de cette idéologie», soumet Élise Desaulniers, qui dit ne pas faire de différence entre la souffrance humaine et la souffrance animale.

Même des produits comme le lait ou les oeufs sont, à ses yeux, à l'origine d'une souffrance, en raison notamment des conditions d'élevage. L'élevage biologique n'obtient pas vraiment de meilleures notes à ses yeux. Par contre, elle mange des huîtres et des moules qui, en l'absence d'un système nerveux, ne souffrent pas.

Les humains sont des êtres conservateurs, et c'est particulièrement vrai pour l'alimentation, qui revêt une grande connotation symbolique. La pression sociale envers le carnisme est forte, souligne la jeune femme. Et changer demande temps et effort, comme apprendre une nouvelle langue lorsque l'on vit dans un pays étranger.

Loin de vouloir culpabiliser qui que ce soit, elle dit chercher plutôt à informer. «C'est vrai qu'on est weird», admet-elle. Toutefois, elle se dit convaincue qu'à l'image d'autres idées qui ont considérablement évolué avec le temps, celles qu'elle véhicule ne seront plus du tout marginales dans quelques générations.

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