Québec honore les soldats tombés sur le champ de bataille

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À Québec, la cérémonie a eu lieu à la Croix du Sacrifice, à l'entrée des plaines d'Abraham, sur Grande Allée.

Le Soleil, Patrice Laroche

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Ian Bussières et Dominique Hardy
Le Soleil

(Québec) Pour les centaines de personnes qui ont assisté dimanche à la commémoration du jour du Souvenir à la croix du Sacrifice de Québec et à la base militaire de Valcartier, la mémoire des militaires tombés au combat n'était jamais bien loin en cette journée qui est toujours marquée dans le coeur des membres des forces canadiennes et de leurs familles.

 

 

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Régis Labeaume (avant gauche) a assisté à la cérémonie accompagné de l'ex-maire de Québec et ancien combattant, Gilles Lamontagne. On aperçoit derrière le député Gérard Deltell (arrière gauche) et le sénateur Dennis Dawson.

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Une cérémonie s'est aussi tenue à la base de Valcartier.

Le Soleil, Caroline Grégoire

Difficile d'oublier cette journée pour le caporal-chef René Paquet, puisque c'est aussi la date de son anniversaire. «Je suis né le 11 du 11 à 11h, soit l'anniversaire exact de la signature de l'armistice après la Première Guerre mondiale. J'étais presque prédestiné à devenir militaire», explique-t-il.

M. Paquet se souvient aussi de son oncle, le lieutenant-colonel Jean-Charles Forbes, considéré comme le soldat québécois le plus décoré de l'armée canadienne et décédé en 2010. Il n'oublie pas non plus le caporal-chef Patrice Audet et le caporal Martin Joannette, décédés durant l'une de ses cinq missions en Afghanistan. «Leurs décès ont été très difficiles pour moi, surtout que je les ai appris en revenant d'un congé de deux semaines.»

Frères d'armes blessés

Le sergent Patrick Bédard pensait pour sa part à la cavalière Karine Blais, décédée à 21 ans en 2009. «C'est elle qui conduisait le camion dans lequel je prenais place quand il a sauté sur un engin explosif, raconte-t-il. Moi et plusieurs autres frères d'armes avons été blessés physiquement et psychologiquement dans cette explosion et aujourd'hui, je travaille dans une unité où sont mutés les militaires blessés.»

«C'est difficile de dire où j'en suis», confie quant à elle de sa voix douce Nathalie Chapados, veuve de l'adjudant Hani Massouh, mort à l'âge de 41 ans lorsque le véhicule blindé dans lequel il prenait place a capoté lors d'une opération en Afghanistan en janvier 2008.

«Des fois, je me dis : ça avance et j'ai l'impression de faire des pas en avant. D'autres fois, j'en fais une centaine en arrière, surtout lors d'une période difficile comme au mois de novembre. Je ferais sauter ce mois de mon calendrier. C'est son anniversaire le 9 novembre, le jour du Souvenir aujourd'hui [dimanche], Noël qui s'en vient et l'anniversaire de sa mort en janvier. Où j'en suis? C'est sûr que ça va mieux qu'en 2008. Mais je vais toujours penser à lui. Je ne pourrai jamais l'oublier. Lors de moments comme ça, on se replonge dans nos émotions. Tantôt, je voyais défiler le Royal 22e Régiment. Mon conjoint en faisait partie. Je voyais des amis qui défilaient, qui me regardaient, et j'étais contente de les voir en vie», poursuit-elle.

Le caporal-chef Luc Brière, vétéran de l'Afghanistan et de la mission humanitaire en Haïti, dit lui aussi voir le jour du Souvenir de façon différente depuis ses missions. «On s'associe davantage à ça en ayant vécu le combat.»

Parler pour guérir

Quant au capitaine Michel Purnell, dont le père et le grand-père ont servi dans l'armée belge en Corée et durant la Seconde Guerre mondiale, il se réjouissait de constater que les militaires d'aujourd'hui étaient plus enclins à parler de leur vécu au combat.

«Je n'ai su qu'à l'âge de 27 ans que mon père avait fait la Corée! Il avait auparavant toujours gardé le silence là-dessus et ça lui a vraiment fait du bien quand il a commencé à s'ouvrir. Aujourd'hui, les soldats parlent beaucoup plus de ce qu'ils ont vécu et c'est beaucoup mieux comme ça.»

Au nom de la première ministre Pauline Marois, la ministre responsable de la Capitale-Nationale, Agnès Maltais, a aussi tenu à rendre hommage à ceux qui sont morts au champ d'honneur.

«Mme Marois m'a demandé de la remplacer et je le fais avec plaisir. Pendant cinq ans de suite, Mme Marois était présente ici. Ce sont les gouvernements qui envoient les soldats se faire tuer sur les champs de bataille, qui prennent la décision de les envoyer défendre la paix, la liberté. Alors c'est important que les gouvernements rendent hommage à ceux et celles qui sont morts pendant ces combats.»

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