Mark Zuckerberg, le richissime fondateur de 28 ans, s'en est enorgueilli jeudi. «Ce matin, il y a plus d'un milliard de personnes qui utilisent Facebook activement chaque mois. Si vous lisez ceci, merci d'avoir donné à moi et à ma petite équipe l'honneur de vous servir [ndlr : l'entreprise a 4000 employés!]. Aider un milliard de personnes à être en contact est incroyable, rend humble et est, de loin, la chose dont je suis le plus fier dans ma vie. Je m'engage à travailler chaque jour pour améliorer Facebook en espérant qu'un jour nous pourrons mettre en contact le reste du monde également.»
«Le reste du monde», la clef de l'expansion du réseau fondé en 2004 s'y trouve fort probablement. Car les statistiques sur les utilisateurs laissent entrevoir un essoufflement dans les premiers marchés où Facebook a percé, rappelle la spécialiste du marketing Internet, Michelle Blanc.
Aux États-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne, en Australie, non seulement Facebook plafonne, mais il perdrait des adeptes. «La décroissance vient surtout des jeunes. Si tu es un jeune, veux-tu être sur le même média social que ta mère et ta grand-mère?»
N'empêche, les États-Unis trônent toujours au palmarès des cinq nations comptant le plus de fidèles. Ils sont plus de 166 millions à se brancher au site. Mais, l'entreprise révèle qu'environ 81 % de ses utilisateurs sont maintenant hors de l'Amérique du Nord. Beaucoup au Brésil, en Inde, en Indonésie et au Mexique. Et Mark Zuckerberg vient de visiter la Russie, où il compte effectuer une percée.
Prié d'expliquer pourquoi, avec de tels chiffres, le réseau social ne parvenait pas à s'«en mettre plein les poches», Mark Zuckerberg a répondu à l'animateur de Today, sur le réseau de télévision NBC, que cela dépendait de la définition que l'on donne à cette expression : «Nous gagnons des milliards de dollars». Facebook a d'ailleurs publié un chiffre d'affaires en hausse de 32 % à 1,18 milliard $ au deuxième trimestre.
Chute en bourse
Mais les revenus publicitaires ne sont pas à la hauteur du prix de lancement de l'action à 38 $. Depuis l'introduction en Bourse en mai, le cours a chuté rapidement, avant de se stabiliser.
Jeudi, il oscillait autour de 22 $, environ 40 % sous la valeur initiale. «Il y avait une bulle, observe Michelle Blanc, auteure de deux bouquins sur les médias sociaux. Jamais ça ne vaut le prix que ça a été vendu. Ils ne peuvent pas rentabiliser, les revenus ne sont pas là.»
L'entreprise tente néanmoins d'accroître ses gains en proposant de nouveaux outils payants à ses utilisateurs et aux annonceurs. L'amélioration du service pour les cellulaires, peut-être le lancement d'un appareil Facebook, sont aussi dans l'air...
Quelque 600 millions de personnes consultent leur profil sur leur téléphone. «Le future sera vraiment mobile et il y a des opportunités de croissance là. [...] Il y a cinq milliards de personnes dans le monde qui ont des téléphones, nous devrions être capables de servir beaucoup plus de gens et d'augmenter notre base d'utilisateurs là», a justement noté Zuckerberg durant son entretien à NBC.
Avec Le Monde, AFP, NBC et Reuters