Poker dans les bars: Loto-Québec, impuissante

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(Québec) Malgré ses requêtes, Loto-Québec ne peut que constater la tolérance du gouvernement et des corps policiers envers les établissements licenciés qui encouragent les jeux d'argent.

Le porte-parole de la société d'État est catégorique. «Notre interprétation de la loi est que les citoyens n'ont pas le pouvoir de gérer des casinos terrestres ou des loteries privés. C'est bon pour le jeu de poker ou toute autre forme de jeu. C'est illégal. Du moment que quelqu'un devient tenancier ou se garde une marge de profit, à ce moment-là, ça devient à l'encontre de la loi. Si ça coûte de l'argent pour jouer ou si on gagne de l'argent, ce n'est pas dans l'esprit de la loi», soutient Jean-Pierre Roy.

Du même souffle, il dit constater qu'il y a un certain «flou», une certaine «tolérance» des autorités envers les activités de poker dans les bars, sans pour autant connaître la raison de ce désintéressement policier.

«C'est difficile pour nous d'en parler parce que nous n'avons pas de pouvoir législatif ou réglementaire. On passe nous-mêmes par la Régie des alcools pour obtenir des approbations», rappelle-t-il.

Sans connaître l'ampleur exacte du phénomène, M. Roy ne croit pas qu'il cause un tort financier important à Loto-Québec. Dans ses quatre casinos, la société tire 75 % de ses profits des machines à sous. Le reste provient des jeux de table, comme le poker et le black jack.

Octroyer des permis

Certains à qui Le Soleil a parlé croient que le gouvernement pourrait faire avec le poker ce qu'il a fait avec les loteries vidéo au tournant des années 90. Québec avait alors interdit et saisi les machines dites «illégales», avant de s'emparer du marché dans les bars en octroyant des permis aux établissements intéressés.

«À ma connaissance, il n'y a aucun projet de ce genre actuellement. Je peux quand même vous dire que nous faisons des représentations auprès du gouvernement pour mieux contrôler les établissements qui s'adonnent au jeu illégal», conclut-il.

M. Roy a refusé de se prononcer sur la légalité du Circuit poker Québec, chapeauté par la Corporation des bars et son président, Renaud Poulin. «Je ne suis pas assez au fait du fonctionnement de cette organisation.» Au cours des dernières semaines, M. Poulin a rencontré des responsables de Loto-Québec pour qu'elle commandite la ligue. À ce jour, elle n'a pas donné suite à cette demande.

Paradoxe

Bien que Loto-Québec condamne le jeu illégal dans les bars, la société d'État s'affiche sur les sites Internet spécialisés où les promoteurs se servent des forums de discussion pour publiciser leurs tournois et soirées cash game. Sur Pokercollectif et Princepoker, les visiteurs sont invités à se qualifier pour des tournois offerts sur le site Internet d'Espacejeux, le bras virtuel de Loto-Québec.

Le Soleil lui a demandé d'expliquer la présence de publicité sur ces sites. À ce jour, elle n'a pas donné suite à notre demande

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