Drogues injectables: un documentaire pour piquer les consciences

Jean-Laurence et Jonathan Seaborn veulent démontrer qu'il faudrait... (Photo Le Soleil, Andréanne Lemire)

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Jean-Laurence et Jonathan Seaborn veulent démontrer qu'il faudrait doter Québec d'un centre d'injection supervisée.

Photo Le Soleil, Andréanne Lemire

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Matthieu Boivin
Le Soleil

(Québec) Avec la diffusion prochaine de leur documentaire Pas de piquerie dans mon quartier, les frères Jonathan et Jean-Laurence Seaborn présentent un éclairage unique sur la vie des utilisateurs de drogues injectables.

«En prenant des images d'un gars qui allait se shooter, le gars m'a amené dans le parc situé le long de la rivière Saint-Charles où je vais me promener avec ma fille et mon chien, raconte Jean-Laurence. C'est dans ce parc-là qu'il s'est injecté. J'avais été sonné de voir que ça se passait si près de ma réalité.»

«Les citoyens ne réalisent pas que les utilisateurs de drogues injectables sont beaucoup plus près d'eux qu'ils ne le pensent. Ils prennent les mêmes trottoirs que nous, ils vivent dans la même société que nous. Ils sont des pères, des mères, des grands-parents et ils ont des frères et des soeurs.»

Changer la ville de l'intérieur

Les Seaborn ne s'en cachent pas: leur documentaire de 52 minutes veut démontrer qu'il faudrait doter Québec d'un centre d'injection supervisée et il a aussi comme objectif de changer les mentalités.

«J'aime ma ville, mais je veux la changer de l'intérieur», ajoute Jean-Laurence, quelques minutes après avoir présenté le documentaire au journaliste du Soleil, en compagnie de son frère Jonathan.

D'ailleurs, leur père Jean Seaborn est travailleur social et ancien membre du conseil d'administration de Point de repères, l'organisme dirigé par Mario Gagnon, qui pousse pour l'arrivée d'un service d'injection supervisée à Québec. M. Gagnon revient régulièrement dans le documentaire, où on le voit défendre le projet dans des médias et y expliquer sa position.

Les frères ont commencé à prendre des images sur leur sujet dès 2007, mais c'est au cours des deux dernières années que le projet a pris davantage forme, alors que le sujet épineux déchaînait les passions dans les médias. Le documentaire a été produit par l'agence Gaspa et est financé par Téléfilm Canada et Télé-Québec. Il a coûté quelque 300 000 $.

Les deux hommes avouent qu'ils ont dû travailler fort afin de gagner la confiance des toxicomanes, pour leur permettre d'entrer dans leur intimité et de parler ouvertement avec eux de leur dépendance.

Injections en public

Dans les premières minutes du documentaire, un toxicomane s'injecte dans un parc. Quelques instants plus tard, des enfants passent à quelques mètres de lui. C'est de telles scènes d'injection en public que les instigateurs du projet de centre d'injection supervisée veulent éliminer, tout comme les seringues souillées qui traînent dans les cours d'école, dans les lieux publics, dans les stationnements souterrains.

Le document nous présente aussi un couple pour qui la toxicomanie représente un défi quotidien. L'homme est atteint de l'hépatite C et il ne consomme plus, alors que sa conjointe, une ex-prostituée qui est infectée par le VIH, ne parvient pas toujours à contrôler son vice. Elle a attrapé cette terrible maladie en utilisant la seringue souillée qu'une femme atteinte du VIH avait prise auparavant.

«J'ai pas encore trouvé ce qui va remplacer ça» dans ma vie, affirme cette femme, en parlant de la morphine qu'elle continue de s'injecter.

Les deux frères affirment avoir demandé à l'association des commerçants du quartier Saint-Roch, à la Ville de Québec et à la police de Québec de participer au tournage, mais tous ont refusé. Le directeur général de la Société de développement commercial du centre-ville de Québec, Stéphane Sabourin, a refusé que les images prises de lui soient diffusées, car il affirme que les frères Seaborn n'ont pas été transparents avec lui sur l'objectif de leur documentaire. Jean-Laurence nie cette affirmation.

«Je peux facilement comprendre qu'un commerçant, qui en arrache déjà avec son commerce, veut rien savoir d'avoir une piquerie supervisée près de chez lui, lance Jean-Laurence. Il a déjà assez de problèmes et il n'en veut pas un de plus sur le tas.»

Pas de piquerie dans mon quartier sera diffusé le 23 septembre à 14h et à 19h au Studio P, au 280, rue Saint-Joseph Est. L'entrée est gratuite. Le documentaire doit être présenté sur les ondes de Télé-Québec au début de l'année 2013.

Bande annonce du documentaire

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