«M. Bishop est présent pour expliquer les épreuves, faire des démonstrations et y initier les gens. L'an prochain, on aura peut-être trois athlètes des Highland Games et, dans cinq ans, peut-être de vrais Highland Games à Québec comme ça existe déjà à Montréal», déclarait samedi Guy Morissette, président du conseil d'administration du septième Festival celtique de Québec, qui se poursuit jusqu'au16 septembre.
Avec des épreuves spectaculaires comme le lancer de la pierre, le lancer de la botte de foin à la fourche, le marteau écossais et le fameux caber, ou lancer du tronc d'arbre, M. Morissette est convaincu qu'une telle compétition aurait sa place à Québec et susciterait de l'intérêt de la part de gens qui ont déjà vu ces épreuves sur des chaînes télé consacrées aux sports comme RDS, TSN ou ESPN.
«Il y a des Highland Games dans plusieurs villes canadiennes chaque année, et nous aimerions développer quelque chose entre Montréal et les Maritimes. Nous avons le potentiel pour le faire et n'oublions pas que 20 % des Québécois ont du sang écossais et 50%, du sang irlandais, alors, à quelque part, c'est en nous», poursuit-il.
Virage sportif
Le Festival celtique a pris un virage sportif cette année, puisque, en plus de la présence Dirk Bishop, un match de football gaélique était aussi au programme sur le terrain du Québec High School.
«Nous avons invité une équipe de Québec et une équipe d'Ottawa pour démystifier ce sport qui mélange des éléments du soccer, du football, du basketball et du volleyball et nous aimerions éventuellement tenir un tournoi durant le festival», indique M. Morissette, qui estime que le développement d'un volet sportif contribuera à l'essor que connaît son festival depuis sa création.
«Nous avons commencé avec un budget de 1200$, et l'intérêt pour notre festival grandit de 30% à 50% par année. L'an passé, on a atteint entre 10 000 et 12 000 participants et on vise entre 15 000 et 20 000 cette année», conclut-il.
Dirk Bishop, la «force explosive» en action
Pour plusieurs personnes qui ont assisté à la présentation de Dirk Bi-shop au Festival celtique de Québec, la journée de samedi était un premier contact avec les sports des Highland Games, des épreuves que le colosse du Nouveau-Brunswick a découvertes de la même façon il y a 11 ans.
«Je pratiquais le basketball, le baseball, le volleyball et la natation, mais je n'avais jamais vu ces sports. Il y a un gars qui est venu dans mon village et a fait des démonstrations. J'ai essayé de cette façon, ensuite je me suis entraîné par moi-même et j'ai organisé des compétitions», explique l'homme de 48 ans.
Autodidacte, il a rapidement gravi les échelons des Highland Games au Canada pour remporter un premier titre de champion du monde dans la catégorie des maîtres (40 ans et plus) en 2005, un exploit qu'il a répété les trois années suivantes. «J'aime vraiment enseigner aux autres, et peut-être que c'est comme ça qu'on découvrira un futur champion du monde parmi les Québécois!» indique ce douanier résidant de la ville frontalière de Perth-Andover.
Apprentissage sur YouTube
Sa passion pour les Highland Games l'a fait trimbaler son kilt aux quatre coins du Canada ainsi qu'en Écosse, en Norvège, en Belgique et aux Pays-Bas. «J'ai dû apprendre par moi-même, car il n'y a rien qui te prépare à de telles épreuves, notamment celle qui est maintenant ma spécialité, le lancer du tronc d'arbre. Ça nécessite une technique particulière et de l'équilibre. YouTube est très pratique pour apprendre les techniques des meilleurs au monde. J'ai regardé des heures de vidéos», explique-t-il.
Dirk Bishop ajoute que contrairement aux compétitions d'hommes forts typiques, qui nécessitent simplement de soulever le poids le plus lourd possible, les épreuves des Highland Games nécessitent une «force explosive». «Oui, il faut soulever, mais il faut aussi de la vitesse pour propulser l'objet le plus loin ou le plus haut possible.»
Pour celui qui doit concilier son travail avec sa passion pour le sport, impossible toutefois de rivaliser avec la poignée d'athlètes pour qui les Highland Games sont un gagne-pain. «Il y a quelques gars aux États-Unis et en Europe qui ont des commanditaires et font environ 40 compétitions par année. Moi, je dois me limiter à entre 10 et 15», poursuit-il.
Le solide gaillard a aussi commencé à préparer la relève, puisque son fils de 16 ans, Scott, qui l'accompagnait à Québec, se distingue déjà aux Highland Games. «Scott vient de remporter le championnat canadien junior. Il a l'avantage de m'avoir pour l'entraîner, alors il ne fait pas les mêmes erreurs que moi quand j'ai développé ma technique», conclut-il fièrement.