Délices en Nouvelle-France

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David Rémillard
Le Soleil

(Québec) Foie gras de canard, fromages fins, saumon fumé selon la tradition autochtone, crème glacée, fruits frais, boissons aromatisées, les fines bouches en ont plein les papilles cette année aux Fêtes de la Nouvelle-France.

Quelques festivaliers privilégiés ont eu la chance de... (Photo Le Soleil, Steve Deschênes) - image 1.0

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Quelques festivaliers privilégiés ont eu la chance de tremper leurs lèvres dans quatre rhums haut de gamme lors d'un 5 à 7 tenu au Centre d'interprétation de Place Royale.

Photo Le Soleil, Steve Deschênes

L'organisation a mis le paquet cette année pour faire vivre aux festivaliers une expérience gastronomique unique. «Ça prenait un coup de barre», lance le directeur de la programmation, Stéphane Parent.

Deux fois plus de producteurs alimentaires se partagent le marché public, passant de 9 l'an dernier à 17 cette année. «Nous voulions un marché qui soit dynamique et qui puisse offrir des produits diversifiés, poursuit M. Parent. C'est une des raisons d'être des Fêtes de la Nouvelle-France.» Et tous les producteurs présents sont de la grande région de Québec, s'est-il vanté.

À l'instar des agriculteurs de l'époque, plusieurs des marchands sur place doivent quitter leurs terres, en pleine récolte, pour venir présenter leurs produits en ville.

C'est le cas de Jacinthe Bobitt, qui a délaissé son fumoir de Charlesbourg pour venir présenter ses produits du saumon. Son frère, Jonathan, est à l'usine, lui qui est chef des opérations. Tous deux de sang autochtone, ils recréent depuis 2005 une recette ancestrale de leur arrière-grand-père, qui fumait lui-même son saumon.

La plupart des marchands passent 12 heures derrière leur kiosque, se prêtant au jeu des costumes et se permettant parfois des envolées lyriques pour attirer la clientèle.

Une fois bien rassasiés, les festivaliers peuvent se rincer le gosier avec une bonne choppe de bière miraculeuse, qui «rend la femme soumise et l'homme soûl mort», d'affirmer un pirate bien affairé à surveiller son tonneau.

Dégustation de rhums

Les amateurs d'alcool fort trouvent aussi leur compte aux Fêtes de la Nouvelle-France depuis l'an dernier. Après une dégustation de whiskys lors de la dernière présentation, c'est au tour du rhum d'être en vedette.

Quelques festivaliers privilégiés pourront tremper les lèvres dans quatre rhums haut de gamme présentés par la sommelière Émilie Ste-Croix.

Le premier des quatre, un rhum blanc agricole, en a fait grimacer plus d'un, avec un taux d'alcool de 56 %.

La raison d'être de ces 5 à 7 de dégustation n'est pas seulement festive, tient à souligner Stéphane Parent. «Il faut toujours qu'il y ait un lien avec l'histoire de la Nouvelle-France et avec notre thème.» Depuis l'an dernier, les Fêtes invitent une communauté dont l'histoire est reliée à celle de la Nouvelle-France.

Cette année, les Antilles sont représentées par une délégation d'une vingtaine de musiciens, d'artistes et d'artisans de la Guadeloupe, qui ont fait le voyage pour animer les festivités bénévolement, dont les 5 à 7. «C'est une façon de rapprocher les Québécois et les Antilles, qui ont une histoire commune», explique quant à elle Marie-Luce Lafages, coordonnatrice de la délégation.

Pour ceux qui souhaiteraient vivre l'expérience, il faudra faire vite. Tous les billets sont vendus pour aujourd'hui. Il reste encore quelques places pour demain, au coût de 30 $.

Aujourd'hui, une bonne partie de la journée sera consacrée aux Antilles. Conférences historiques, contes funèbres typiquement créoles et animation feront plonger les festivaliers à l'époque du commerce triangulaire.

Pari gagné

Les Fêtes de la Nouvelle-France ont gagné leur pari. Après avoir exploité le parc de l'Artillerie en haute ville l'an passé, l'organisation s'est donnée pour mission de concentrer ses activités sur un territoire plus restreint, dans le Petit-Champlain.

«On est vraiment satisfaits de la première journée», lance d'entrée de jeu Julie Moffet, coordonnatrice aux communications. La fluidité de la circulation était la principale inquiétude pour le réaménagement des sites. Avec 200 000 visiteurs en seulement cinq jours, les rues étroites du Petit-Champlain peuvent parfois créer des bouchons, poursuit Mme Moffet. Ainsi, la disposition des kiosques a été entièrement revue.

«La place de Paris a été complètement refaite. On voulait que les gens aient plus de place pour marcher et que les artistes puissent s'exprimer», explique-t-elle. David Rémillard

Seize en 16

Dolores et Paul Spivack, de New York, n'ont pas manqué une seule des Fêtes de la Nouvelle-France depuis leur création il y a 16 ans. En vacances au Québec en 1997, ils erraient tout bonnement dans les rues du Petit-Champlain sans savoir que des fantômes du passé s'y promenaient. À la vue des premiers costumes d'époque, ce fut le coup de foudre, et ils n'ont jamais décroché depuis.

«Nous n'avons pas ce genre de festival aux États-Unis», expliquent-ils, félicitant Québec d'avoir su conserver son patrimoine historique. Dolorès prend même un malin plaisir à rire quand elle regarde les costumes. «Je ne peux pas [m'en] empêcher», confie-t-elle, un sourire coupable aux lèvres.

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