Squat Basse-Ville: Charest et Labeaume interpellés

Le Squat Basse-Ville a quitté ses anciens locaux... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Le Squat Basse-Ville a quitté ses anciens locaux (photo) au sous-sol de l'église Saint-Roch depuis un mois pour emménager dans un nouvel édificie, mais l'organisme qui vient en aide aux fugueurs peinent à joindre les deux bouts.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

(Québec) Acculée au pied du mur, la directrice générale du Squat Basse-Ville, Louise Fortin, demande au premier ministre Jean Charest et au maire Régis Labeaume de lui débloquer des fonds dans les plus brefs délais, sans quoi l'organisme qui vient en aide aux jeunes fugueurs risque fort de devoir fermer ses portes au cours des prochaines semaines.

«C'est pas compliqué, présentement, je dois parfois payer mes employés à l'aide de la marge de crédit», a confié Mme Fortin, au cours de la journée de mercredi. «Je sais que M. Labeaume est sensible aux causes jeunesse, et le premier ministre est responsable des dossiers jeunesse dans son gouvernement. M. Charest doit se mêler de notre dossier.»

Il y a une semaine, Mme Fortin avait lancé un cri du coeur dans Le Soleil, où elle exhortait le ministère de la Santé et des Services sociaux de majorer la subvention versée à son organisme. Alors que le Ministère lui donnera un montant récurrent de 215 000 $ pour l'année fiscale 2012-2013, Mme Fortin affirme qu'elle devrait pouvoir compter sur un financement public de 350 000 $ pour être en mesure de bien livrer ses services. Le reste de son budget est comblé par des dons privés et des subventions non récurrentes de différents ministères.

Les installations du Squat viennent de déménager dans de nouveaux locaux situés rue Notre-Dame-des-Anges, dans le quartier Saint-Roch, où on trouve 10 chambres et 17 studios. Les chambres permettent d'accueillir des fugueurs. Pour leur part, les studios ont été aménagés afin d'offrir à des anciens pensionnaires des centres jeunesse ou à de jeunes itinérants un endroit pour habiter lors de leurs premières années de vie adulte, à faible coût.

«J'augmente mon offre de services avec les studios, alors c'est clair que j'ai besoin davantage de financement pour travailler», précise Mme Fortin.

«On a atteint le maximum»

L'attaché de presse de la ministre déléguée aux Services sociaux, Dominique Vien, a confirmé que le Squat ne recevra pas davantage que les 215 000$, étant donné que le Ministère vient d'ajouter 75 000$ aux 140 000$ qui étaient initialement prévus aux budgets pour cet organisme.

«La ministre a reconnu que le Squat Basse-Ville avait besoin davantage d'argent en raison du changement de sa mission, a expliqué Florent Tanlet. C'est pour cela qu'on a ajouté les 75 000$. Mais le Squat n'aura pas davantage, car on a atteint le maximum qu'il peut recevoir, compte tenu des critères d'évaluation du Ministère.»

Mme Fortin estime qu'il serait insensé de la part des différents paliers de gouvernement de ne pas appuyer son organisme, alors que la Ville de Québec vient de lui donner le terrain où le Squat Basse-Ville a fait construire ses nouveaux locaux. «Est-ce que M. Labeaume veut se retrouver avec un édifice vide sur un terrain qu'il nous a donné?» s'est demandé Mme Fortin. Celle-ci affirme qu'il est évident que la possibilité de fermer les portes sera étudiée à la prochaine réunion de son conseil d'administration, en septembre.

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