«C'est évident que cette année, il y a eu moins de monde», laisse tomber M. Fortin, lors d'un entretien téléphonique avec Le Soleil. «La baisse a été remarquée par les différents intervenants du milieu», explique-t-il, citant en exemple les commerces.
La neuvaine a débuté le 17 juillet et elle s'est conclue jeudi, avec la fête de sainte Anne, qui représente l'apogée de la saison du pèlerinage. L'an dernier, 116 000 personnes ont participé à l'événement. En fin d'après-midi jeudi, 105 000 pèlerins avaient convergé vers la municipalité de Sainte-Anne-de-Beaupré pour franchir l'autel de son attraction principale, la basilique.
«Mais ce soir, on attend environ 5000 personnes», a souligné le porte-parole du lieu de culte, Sébastien Laplante. Selon lui, le déficit serait donc de quelques milliers de personnes. «Ce n'est pas très significatif», ajoute M. Laplante. La comparaison avec les années précédentes est cependant difficile à faire puisque la basilique ne s'est dotée de compteurs qu'en mai 2011.
Mais le maire jure que la neuvaine n'a plus la même force d'attraction et que la baisse d'achalandage s'observe depuis maintenant un certain temps. «Elle a été constatée il y a plusieurs années, mais cette année, elle est beaucoup plus remarquable», répète-t-il. Selon lui, cela s'explique par l'offre de services de la municipalité, qui n'est plus au goût du jour.
Nécessaire cure de jeunesse
«Il faut améliorer le site. Si on ne se rafraîchit pas, le monde va ailleurs. C'est à nous de se mettre à jour», explique M. Fortin, qui dit que la basilique n'est pas le seul lieu touristique au Québec à être boudé par les visiteurs en raison d'infrastructures vieillottes.
La maire ne compte pas demeurer les bras croisés. Il dit avoir déposé auprès de plusieurs ministères des projets totalisant quelques millions. Au coeur de cette cure de jeunesse? Un marché public qui serait installé sur le quai de la ville. «Ce serait un lieu de rencontre convivial», explique-t-il.
Dans le centre-ville, il est question d'enfouir les fils électriques et de restaurer le pavé. «Nous voulons aussi améliorer le boulevard Sainte-Anne, de l'entrée de la municipalité jusqu'à la basilique pour le rendre plus sécuritaire», explique le maire. Lorsque les automobilistes souhaitent se diriger vers un commerce qui longe cette route, ils sont forcés de ralentir la circulation puisqu'aucun espace n'est prévu à cet effet.
Reconstruire la ville
«Beaucoup de motels qui ont changé de main. Là, on a une opportunité qui s'offre à nous, il faut prendre le temps de décider de ce qu'on va laisser reconstruire», souligne également M. Fortin, qui dit vouloir consulter des firmes spécialistes dans le domaine pour cette remise à neuf. «Il faut reconstruire Sainte-Anne, mais correctement pour les 50 prochaines années», martèle-t-il.
Du côté de la basilique, les raisons de la baisse d'achalandage semblent moins claires. «C'est peut-être à cause du contexte économique? Le taux de change américain?» lance hypothétiquement le porte-parole, Sébastien Laplante. Ce dernier n'exclut pas la possibilité que l'imposition d'un tarif de 2 $ à tous les visiteurs ait pu influer sur le nombre de visiteurs.
Cette politique a été implantée le 9 juillet dernier pour financer les travaux de 25 millions prévus au cours des prochaines années sur le site. Par ailleurs, le sanctuaire a laissé tomber l'idée de faire payer les résidants de Sainte-Anne-de-Beaupré, une idée qui avait déplu à nombre d'entre eux au moment où elle a été annoncée.