Dès le mois prochain, 1,3 million$ sera consacré à des travaux d'urgence nécessaires pour maintenir en état le bâtiment militaire datant de 1750, précieux héritage du régime français.
Mais le ministre de la Santé Yves Bolduc, «propriétaire» des lieux par l'entremise de l'Hôtel-Dieu de Québec, a confirmé en conférence de presse que 17,3 autres millions $ seront investis d'ici cinq ans, soit 8,5 millions$ dès l'an prochain et 8,8 millions$ pour des travaux dans trois à cinq ans.
«L'argent est réservé, personne ne peut revenir en arrière. Le montant est budgété», a assuré le ministre Bolduc en ajoutant que le contexte de l'agrandissement de l'Hôtel-Dieu rend logique une restauration des Nouvelles Casernes, situées à deux pas. «Ça ne nuira pas à la rénovation de l'Hôtel-Dieu», a-t-il promis.
Comme l'annonçait Le Soleil dans son édition de jeudi, la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, a aussi confirmé que les Nouvelles Casernes seront classées bâtiment historique. La ministre a d'ailleurs brandi jeudi les documents prouvant un avis d'intention de classement signé le 12 juillet.
Elle a aussi confirmé qu'un comité a été formé pour trouver une vocation à ce bâtiment à l'abandon depuis 48 ans.
Des représentants des ministères de la Culture et de la Santé, du CHU de Québec, de la Ville de Québec, de la Commission de la capitale nationale et de Parcs Canada siégeront sur ce comité qui devra rendre un rapport en décembre 2013.
Plusieurs avenues possibles
Toutes les avenues seront explorées, a indiqué la ministre St-Pierre qui qualifie la tâche du comité de «délicate». «La reconversion de pareils édifices doit se faire en conformité avec leur valeur patrimoniale de portée nationale», a-t-elle dit.
Des organismes à vocation culturelle ou historique pourraient occuper les lieux.
À la Ville de Québec, la conseillère responsable de la culture, Julie Lemieux, ne cache pas qu'elle aimerait voir le grand public mieux connaître ce bâtiment au coeur du Vieux-Québec.
«On verra ce que le comité va décider. Mais je pense qu'au moins une partie du bâtiment devrait servir au public. J'ai hâte de voir les idées qui vont sortir de ça pour faire renaître ce lieu», a-t-elle indiqué.
Chose certaine, l'idée d'y donner une vocation médicale est écartée, selon Richard Fournier, des communications au CHU de Québec. Le gabarit du bâtiment, très particulier avec ses 160 mètres de long pour seulement dix de profondeur, ainsi que les normes actuelles de ventilation rendent impossible l'idée d'y entrer de l'équipement médical, a-t-il dit.
«Irréversible», dit Labeaume «à la Terre entière»
Le maire de Québec, Régis Labeaume, a pour sa part rappelé que bien des élus avant lui ont souhaité voir le dossier des Nouvelles Casernes aboutir. «Le maire Lamontagne, le maire Pelletier, le maire L'Allier et la mairesse Boucher désiraient régler ce problème», a énuméré M. Labeaume, en poste depuis décembre 2007.
Et pas question de reculer, avertit le maire qui prend même l'humanité à témoin. «Je voudrais dire à la terre entière que le projet que nous mettons en branle aujourd'hui est pour moi irréversible, a-t-il tranché jeudi. Jamais la population de Québec et mon administration n'accepteront de revenir en arrière. Tout recul nous sera collectivement interdit.»
LE VIVIER, UN EXEMPLE À SUIVRE?
Au moment où un comité aura la tâche de dénicher des occupants pour les Nouvelles Casernes, la ministre de la Culture Christine St-Pierre a donné jeudi l'exemple de la bibliothèque Saint-Sulpice de Montréal, qui abrite maintenant 22 organismes de musique contemporaine.
En février 2008, le Ministère a fait l'acquisition de ce bâtiment historique de la rue Saint-Denis, classé en vertu de la Loi sur les biens culturels. Il a par la suite lancé un appel d'intention à ceux qui souhaiteraient occuper l'immeuble de style beaux-arts datant de 1914.
«Des groupes se sont manifestés, et c'est notre ministère qui a eu le devoir de regarder les projets. À la fin, plusieurs groupes de musique contemporaine se sont mis ensemble pour créer le Vivier et aménager dans Saint-Sulpice», a explique Mme St-Pierre. Le Ministère a injecté 5 millions $ dans la mise rénovation de la bibliothèque.
«C'est simplement une avenue, une idée parmi tant d'autres, a précisé la ministre. Mais ça peut être une chose qui pourrait aller dans ce sens.»