«C'est mieux qu'une semaine dans le Sud!» lance Claire Lebel, maman de la petite Isabelle, 11 ans. Il y a deux ans, sa vie a basculé quand un diagnostic de leucémie aiguë lymphoblastique est tombé, avec tout ce que cela implique. «J'étais comme un petit kiwi» se souvient Isabelle, dont la belle chevelure a depuis repoussé.
Elle a passé au-delà de 188 jours à l'hôpital. Des pleurs, des épreuves, mais de l'espoir aussi. «J'ai juste hâte à jeudi parce que ça va être mon dernier traitement», se réjouit celle qui tombera officiellement en rémission à la fin août.
Sa semaine en pleine nature à Lac-Beauport lui permet de recharger ses batteries auprès d'une cinquantaine d'autres enfants malades - mais débordant d'énergie - venus des quatre coins du Québec. Une soixantaine d'animateurs, de moniteurs, de médecins et d'infirmiers veillent à ce que les jeunes se divertissent tout en recevant l'attention et les soins nécessaires. On leur offre même un massage quotidien, si désiré.
Pendant ce temps, papa et maman vont au spa, participent à des ateliers, se pratiquent à chanter... et lâchent leur fou. «Je te dirais que les parents, c'est les pires. Ils retombent vraiment en enfance et c'est eux les plus tannants de la gang», signale un des bénévoles, Philippe Lemire, alors que les adultes venaient de déclencher une guerre d'eau amicale à quelques mètres de lui. Même Le Soleil n'y a pas échappé et en est ressorti un peu détrempé...
«La première fois que j'ai participé au camp, je suis venu un peu à reculons», poursuit celui qui a été foudroyé par le cancer à l'âge de 7 ans. «En fait, ce sont mes parents qui m'ont forcé. Je pensais que c'était un endroit où on allait gratter les bobos. Comme c'était tous des enfants malades, je me disais qu'on n'aurait pas de fun, que ça allait être déprimant...»
Seize ans et autant de camps d'été plus tard, force est de constater qu'il s'était mis le doigt dans l'oeil. Devenu préposé aux bénéficiaires à l'hôpital de L'Enfant-Jésus, il consacre aujourd'hui ses quelques heures libres après le travail à venir s'amuser avec les campeurs.
Source d'espoir
Selon Carina Carola, directrice du camp d'été, la présence de véritables survivants comme Philippe a de quoi redonner espoir à une famille dont l'enfant est nouvellement diagnostiqué. Mais le camp est également l'occasion pour des parents endeuillés de se libérer quelque peu de leur peine. «C'est le lien qui souvent leur permet de rester en contact leur enfant disparu», indique Mme Carola.
Au total, ce sont plus de 500 participants sur deux semaines qui se donnent rendez-vous au Centre de plein air Le Saisonnier de Lac-Beauport pour profiter pleinement des vacances. Leucan offre son soutien à plus de 3300 familles touchées par le cancer.