Des réfugiés birmans sonnent l'alarme

Des réfugiés du peuple rohingya, persécuté en Birmanie,... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

Des réfugiés du peuple rohingya, persécuté en Birmanie, ont marché jusqu'à l'Assemblée nationale.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil

(Québec) Une cinquantaine de réfugiés du peuple rohingya ont manifesté dans les rues de la capitale québécoise, mardi, pour dénoncer l'inaction de la communauté internationale, passive devant les exactions dont sont victimes leurs compatriotes restés dans les camps de l'ouest de la Birmanie.

Quelques minutes avant leur arrivée devant les bureaux du ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles du Québec, chemin Sainte-Foy, le calme plat. Rien ne laissait présager la manifestation. Les sept ou huit policiers motards se demandaient même s'ils s'étaient déplacés pour rien. Puis ils sont arrivés en groupe, les hommes devant, arborant des bandeaux blancs, les femmes aux foulards colorés derrière eux, brandissant des pancartes.

Ils étaient motivés. En quelques secondes, les détails de la marche étaient réglés avec les agents du Service de police de la Ville de Québec. La troupe était postée devant l'édifice gouvernemental, avec banderoles et affiches sur lesquelles leurs slogans étaient inscrits, parfois en français, parfois en anglais : «Arrête tuer des Rohingyas en Birmanie»; «Stop violence against Rohingyas»; «Rendre justice aux Rohingyas en Birmanie»; «Fournissez traitement urgence aux Rohingyas»... Le tout décoré de photos terribles de corps meurtris.

Rapidement, semblant pressé par un sentiment d'urgence, le cortège a pris d'assaut le macadam, les hommes toujours devant, les femmes à leur suite, encadrés par le vrombissement des motos policières. Presque au pas de course, ils se sont élancés en direction de l'Assemblée nationale.

Impossible pour nous de traduire le discours, ni les dénonciations lancées dans le porte-voix durant la marche, puisque les récriminations étaient criées dans leur langue d'origine. «On fait la marche parce qu'il y a la guerre dans notre pays», a expliqué, en français, Shofi Mohammed, un des meneurs de la protestation. «Personne ne le montre, personne n'en parle. Il n'y a aucune nouvelle sur les Rohingyas.»

«En Birmanie, la tuerie continue», a ajouté Rafique Mohammed, tout en essayant de garder le rythme de la marche. «Le gouvernement d'ici ne fait rien.» Les Rohingyas, musulmans minoritaires, sont persécutés par le pouvoir birman. Régulièrement, ils affrontent la majorité bouddhiste.

Depuis le début du mois, les heurts se sont intensifiés. Mardi, le Programme alimentaire mondial (PAM) a estimé à environ 90 000 le nombre de musulmans et de bouddhistes ayant fui les violences ethniques, selon une dépêche de l'Associated Press.

La minorité rohingya, déjà considérée par l'Organisation des Nations Unies comme une des plus persécutées du monde, aurait besoin d'une intervention rapide. Une aide alimentaire a été distribuée, mais la communauté internationale doit prévoir une opération de trois mois, prévient le PAM.

L'État de Rakhine, à la frontière avec le Bangladesh, où sont regroupés les Rohingyas, a été placé en état d'urgence par les militaires birmans, ajoute l'Agence France-Presse. Les réfugiés seraient regroupés dans 37 camps. Des centaines d'entre eux ont tenté depuis lundi de rejoindre le Bangladesh en bateau, mais ont été repoussés par les gardes-côtes.

Tôt ce matin, les Rohingyas de Québec prendront la route vers Ottawa. Ils y rejoindront leurs compatriotes installés en Ontario pour une autre manifestation qui les mènera devant les ambassades de la Birmanie et du Bangladesh, pour se terminer devant la Chambre des communes.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer