Grand Défi Pierre Lavoie: entre l'euphorie et l'inquiétude pour les cyclistes

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Samuel Auger

Samuel Auger
Le Soleil

(Québec) Le convoi cycliste du Grand défi Pierre Lavoie a fait son arrivée dans la capitale un peu après midi - en retard. Un délai bien trop inhabituel. L'accueil a été mémorable et touchant, mais bien des cyclistes s'inquiétaient du sort de trois blessés plus tôt samedi matin dans le parc des Laurentides.

La matinée avait déjà été rude pour même les plus aguerris. Samedi, le mercure a grimpé en journée à plus de 25 °C à Québec. Sachez que c'est 22° de plus que ce qu'ont vécu les irréductibles ayant entamé la traversée du parc des Laurentides au coeur de la nuit. Le froid a été tenace. Mais rien pour empêcher le coéquipier Nicolas Vincent de grimper 1000 m.

D'autres ont eu besoin d'un peu de répit. «Entre Chicoutimi et l'Étape, ça a été l'étape la plus dure», confiait Pierre Lavoie, entre deux coups de pédale. «On a dû pousser beaucoup de gens dans les côtes.»

Pousser? Pas de tricherie ici. Juste de l'entraide. Les encadreurs, des cyclistes à la frontière du réel tellement ils en ont dans le corps, sont experts dans l'art de gravir un sommet pour deux cyclistes à la fois. Une main dans le dos, et hop!, la cime des arbres est soudainement plus proche.

Les encadreurs épargnent bien des abandons dans un peloton. Mais ils ne peuvent tout prévenir. Car tout peut survenir dans un peloton.

Aux aurores, j'ai pris le relais du parc avec Sacha Desfossés. En descente, les vitesses sont parfois vertigineuses - il n'est pas rare d'observer des pointes de plus de 60 km/h entre l'Étape et Québec. Ajoutez-y un peu de Pink Floyd à fond la caisse craché par le véhicule guide et vous aurez une petite idée de notre sourire matinal. Dévaler le parc à vive allure sous les riffs de David Gilmour relevait d'un rêve même pas imaginé.

Mais la ligne est bien mince entre l'euphorie et l'inquiétude. Aux trois quarts du parcours, vers Stoneham, trois cyclistes ont effectué une vilaine chute.

Fait rarissime, le peloton a arrêté et mis le pied à terre. Après avoir transporté en sécurité les blessés, la vague de cyclistes - plus sonnée - a repris le chemin vers la capitale.

Arrivée à Québec

Une route plutôt facile, quoique cahoteuse, encore une fois marquée par des centaines de supporteurs le long du parcours. Après l'arrivée en haute ville à l'école secondaire De Rochebelle, notre équipe Salomon n'a pas tardé à retourner dans la mêlée.

Retard oblige, la pause a été courte. Nous sommes attendus en fin d'après-midi à Montréal, alors on file. Les coéquipiers Jonathan Bernard et Nicolas Vincent ont affronté les collines de la Beauce. Samedi soir, le Défi s'est corsé. Direction Victoriaville pour Stéfan Desfossés et Jonathan Bernard, sur des chemins nettement plus montagneux, avant de rejoindre Richmond tard en soirée. Deux étapes consécutives pour le capitaine Bernard, dites-vous? Pourquoi pas. Le Grand défi nous donne parfois une drôle de tape dans le dos. On se bat presque - amicalement - pour les relais. Ou encore on se met à rêver de braver seul le 1000 km, comme le grand Pierre, tout en avant.

Et dans la nuit de samedi à dimanche, ma pièce de résistance. Les sommets parfois pénibles des Cantons-de-l'Est sur 93 km - sous les étoiles. Pour des raisons de sécurité, le peloton est réduit à 200 cyclistes... et 200 lumières. Nous serons à Granby avant même la livraison de votre quotidien. L'auteur de ces lignes vous en reparle sur le Web dès le lever du soleil - en prenant un café bien mérité après avoir pédalé plus de 200 km en moins de 24 heures.

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