«Je reviens au principe de la cohérence. On fait un effort important avec les forces policières pour ramener la fête dans le sens du monde. On voyait mal ces mêmes policiers se faire insulter par un band», a expliqué Régis Labeaume en point de presse jeudi matin à l'hôtel de ville.
Le maire avait sursauté plus tôt le matin en apprenant dans les pages du Soleil la venue du groupe anarchiste.
Après discussion avec son équipe, vers 9h, M. Labeaume a demandé aux organisateurs du Party clandestin de retirer de la programmation de la fête le groupe musical aux titres provocateurs et lançant des messages hostiles envers les policiers.
Envol et Macadam a accepté de le faire. Finalement, c'est Mise en demeure qui a choisi de prendre les devants et de se désister. «Tout est bien qui finit bien», a commenté le maire, qui ne croit pas qu'il y ait atteinte à la liberté d'expression, mais que c'est plutôt une question de logique.
«On assume nos responsabilités», lance le directeur général d'Envol et Macadam, Simon Gaudry, qui n'en est pas à sa première polémique avec un groupe invité à participer à un événement qu'il organise.
«On leur a exposé la situation, que leur présence créait une polémique. Quand on est au centre d'une polémique en lien avec la politique, ça crée un malaise. On n'est pas là pour faire de la politique. Ça crée un problème pour le Mouvement national des Québécois, pour beaucoup de personnes qui n'ont rien à voir avec ça», raconte celui qui dit aussi ne pas endosser les propos haineux ou racistes.
«Au moment de choisir le groupe pour notre programmation en mai dernier, la prestation du groupe à laquelle nous avions assistée ne reflétait aucunement la description que l'on en fait aujourd'hui», déclare pour sa part, Yannick Cimon-Mattar, assistant à la programmation pour Envol et Macadam.
«Notre but n'a jamais été de censurer un groupe pour ses propos, mais de faire connaître à un large public la relève musicale du Québec. Toutefois, étant donné les circonstances exceptionnelles, nous sommes satisfaits du désistement du groupe», a-t-il conclu.
Le maire s'est, entre autres, dit choqué par les paroles d'une chanson qui promettent à la ministre de l'Éducation Michelle Courchesne de «la g'ler ça s'ra pas ben long/D'un coup d'masse dret à dret du front». «Je ne peux pas accepter ça. Mme Courchesne, c'est ma partenaire. Et honnêtement, ça me dépasse.»
Même s'il respecte le groupe, il estime que leur présence n'était pas acceptable dans les circonstances. D'autant, ajoute-t-il, que spectacle de fin de soirée a été créé pour «décompresser un peu. On avait l'impression que ça aurait eu l'heur de faire pomper le monde».
La conseillère responsable de la Culture, Julie Lemieux, rencontrée tôt hier à l'hôtel de ville, avait indiqué que les élus n'étaient pas au courant du choix des groupes présents. «Nous ne sommes pas responsables de la programmation, dit-elle. Ainsi, les élus ont appris en même temps que tout le monde la présence du groupe.»
Mise en demeure s'est fait connaître cette semaine avec un pastiche du célèbre tableau La liberté guidant le peuple d'Eugène Delacroix. On y voit un insurgé tenant un fusil personnifié par le député Amir Khadir et, à ses pieds, Jean Charest, gisant mort. Il interprète notamment Matraque-moi, L'antiémeute arrive et Mon gun, c'est mon fun.