«On sait que le gouvernement libéral et probablement le gouvernement fédéral vont essayer d'utiliser cet événement-là pour présenter les choses comme si tout va bien. Nous, on veut amener ce qu'on considère être une situation objective, soit que le français est en déclin au Québec et que si la tendance se maintient, ça menace la diversité linguistique en Amérique», a expliqué le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB), Mario Beaulieu.
Avec plusieurs partenaires, dont le Mouvement Québec français, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et Impératif français, la SSJB peaufine un «forum parallèle» qui se tiendra dans un parc du centre-ville de Québec le 2 juillet, soit la date d'ouverture du Forum mondial. Le lieu exact du rassemblement n'a pas été confirmé.
En plus d'un spectacle en plein air où des artistes québécois offriront une prestation musicale, les organismes voués à la défense de la langue française installeront des kiosques pour informer les participants des aspects liés aux enjeux de la langue de Molière au Québec. L'affaiblissement de la loi 101, la place du français dans la métropole ou encore le financement des universités anglophones seront abordés. Des conférences sont aussi prévues à l'École nationale d'administration publique.
Peu avant le coup d'envoi officiel du Forum en après-midi, les membres des organismes et de la société civile se dirigeront à pied jusqu'au Centre des congrès de Québec. «Nous marchons pour lancer un appel à la solidarité de la francophonie internationale, alors que nous dénonçons la faiblesse du gouvernement du Québec et l'ingérence de celui du Canada dans les politiques linguistiques de la province», explique M. Beaulieu.
Mais ce dernier précise que cette marche se veut symbolique plutôt que contestataire à l'endroit de l'Organisation internationale de la Francophone, qui organise le Forum. «Nous ne sommes pas en opposition au forum, nous le complétons», précise-t-il, ajoutant qu'il aurait préféré que la situation du français au Québec y occupe davantage de place puisque l'événement se tient dans la province.
Pas de politique
Le commissaire général du Forum, Michel Audet, a été informé de la tenue de ces activités parallèles. Cependant, il ne croit pas que celles-ci porteront ombrage à l'événement principal, qui se déroulera jusqu'au 6 juillet.
Il souligne par ailleurs que le forum a été organisé pour que les membres de la société civile puissent échanger et que la politique n'y a pas sa place. D'ailleurs, aucun chef d'État n'y est invité, sauf pour l'inauguration, où des représentants du gouvernement du Québec, du Canada et de la Ville de Québec ont été conviés.
«Je n'ai jamais entendu parler qu'un gouvernement voulait s'approprier le Forum pour dire que tout se passait bien chez nous», a indiqué M. Audet. Le commissaire souligne par ailleurs que des représentants d'organismes québécois qui organisent leur «événement parallèle» participeront également au Forum. De plus, il souligne que certains enjeux particuliers au Québec seront abordés dans les différents ateliers. De 1200 à 1500 participants d'une centaine de pays sont attendus à Québec.
Le Forum ne s'inquiète pas du conflit étudiant
Le commissaire général du Forum mondial de la langue française, Michel Audet, ne craint pas que des manifestations étudiantes perturbent son événement, qui se tiendra du 2 au 6 juillet à Québec. «On n'a aucun signal à cet effet-là, et je pense que c'est à l'avantage de tout le monde dans la société que cet événement soit mis sur la planète médiatique en fonction de son contenu», a-t-il souligné.
«C'est une occasion unique de recevoir la planète à ce moment-là pour réfléchir sur un enjeu planétaire par rapport à la langue française, donc j'ai l'impression que le bon sens va triompher et que les gens vont pouvoir travailler en toute quiétude», a dit M. Audet.