Lui, appelons-le Guillaume, s'intéresse surtout à la lutte contre l'Église de scientologie, mais il a plusieurs contacts dans le groupe et dans plusieurs pays. «C'est ce qu'il y a de particulier: il n'y a pas de carte de membre, n'importe qui peut faire partie d'Anonymous. Quand quelqu'un sort une idée, le groupe peut décider de suivre ou non une suggestion», explique-t-il.
Il a invité Le Soleil dans un clavardage avec d'autres membres du collectif. Le morcellement des groupes et des initiatives semble être un principe dominant. «Anonymous n'est pas un groupe, mais une idée. Anonymous est une culture», nous explique-t-on. Et les uns n'appuient pas nécessairement les actions des autres. «Je ne vois vraiment pas le rapport de la F1 avec la loi 78», dit par exemple un clavardeur. Un autre, plus tard, avance: «Ils ont fait une action trash pour une loi trash.»
De son côté, Guillaume souligne qu'il ne comprend pas la motivation derrière le coup contre les Desmarais, mais avance tout de même une explication: «Occupy commence à avoir plus d'influence sur certaines personnes. Les gens d'Occupy se sont intéressés et ont essayé d'entrer dans le groupe. Ce qui caractérise Anonymous à la base, c'est la liberté d'expression sur Internet. Desmarais par contre? Je m'explique mal pourquoi. Pour moi, ç'a plus rapport avec Occupy.»
Sites internet piratés par Des Français
Les membres présents ne sont pas ceux qui piratent les sites Internet, par exemple. Ceux-là, dit-on, ce sont surtout des Français. L'auteur d'un livre sur Anonymous, Frédéric Bardeau, confirme d'ailleurs que la mise hors ligne du site Web de la Ville d'Alma, revendiqué la semaine dernière par Anonymous, est l'initiative d'un groupe français.
Mais, pour le collectif, la nationalité est une question de second ordre, pointe l'auteur. Sur le clavardage de l'Opération Québec d'Anonymous, le groupe responsable des piratages, on explique aussi au Soleil que le pays n'a pas d'importance. «Disons que tout d'abord la francophonie s'est intéressée à la question. On trouve [par ailleurs] des Espagnols s'intéressant au Congo. C'est très Anonymous. Qu'importe d'où l'on vient, qui l'on est, la cause compte.»
Plusieurs membres ont admis qu'il était très facile de rendre un site Web inopérationnel avec un simple logiciel et un groupe restreint d'individus. Mais de s'emparer de documents, dit-on, demande des connaissances beaucoup plus poussées.