«Je suis confiante que ce sera la fête de tout le monde et que tous les Québécois qui ont une conscience sociale ne mélangeront pas les choses. Ça pourrait même être la fête de la trêve», déclarait dimanche Chantale Trottier, présidente du MNQ, en marge d'une conférence de presse sur la campagne d'Éduc'Alcool visant à sensibiliser les fêtards aux excès d'alcool à la Saint-Jean.
Mme Trottier dit également ne pas craindre la présence éventuelle de casseurs lors des festivités. «L'accès aux Plaines sera contrôlé et très sécurisé. Pour le reste, ce sera le rôle de la police. On ne voudrait évidemment pas que des groupes se forment pour causer des dégâts. Ça s'est vu par le passé et il n'y avait pas de conflit étudiant ni de raison précise. Ce serait malheureux que des gens viennent gâcher ainsi la fête nationale», poursuit-elle, bien consciente que les carrés rouges seront fort probablement bien en vue le soir de la Saint-Jean.
Hubert Sacy, directeur général d'Éduc'Alcool, va un peu plus loin. «Pour nous, c'est clair, la fête nationale n'est pas la fête du gouvernement, ce n'est pas la fête des étudiants, des carrés rouges ou des carrés verts, c'est la fête de tous les Québécois. Je pense que le monde est suffisamment fier de la nation québécoise pour décider de ne pas manifester ce soir-là.»
Du côté de la Ville de Québec, le responsable des communications Jacques Perron affirme qu'il est un peu tôt pour se demander si le conflit étudiant perturbera les festivités. «D'ici le 24 juin, le conflit pourrait être réglé. Il est trop tôt pour présumer de quoi que ce soit et n'oublions pas qu'à Québec, les manifs sont relativement calmes», indique-t-il.
Patriotes ou colons
D'autre part, le MNQ, Éduc'Alcool et la Ville de Québec poursuivent cette année leur campagne de sensibilisation afin de faire disparaître l'image de beuverie associée à la fête nationale sur les plaines d'Abraham.
Le thème Patriotes ou colons a été choisi cette année, le premier terme désignant ceux qui souhaitent célébrer la nation québécoise, alors que le second fait référence à ceux pour qui la fête nationale est prétexte à excès d'alcool et autres débordements.
«L'an passé, il n'y a eu aucune agression armée, le nombre d'appels au 9-1-1 a baissé de 13 % et il n'y a eu que 29 arrestations pour désordre, une diminution de 56 %. Cependant, on ne va pas se péter les bretelles, car on sait qu'il a plu le 23 juin l'an passé. On ne sait pas ce qui était le résultat de nos efforts et ce qui a été causé par le mauvais temps», indique M. Sacy, pour qui la fête nationale de 2012 sera donc un autre test.